‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 69 sur 158 · Durand, Monographie de la cathédrale d'Amiens, p · texte numérisé non relu

Durand, Monographie de la cathédrale d'Amiens, p

6. Par exemple Cahier, Caractéristiques, t. I, pp. 217 et 414.

7. ^lartin. Les miniaturistes français, p. 153. Je citerai quelques exemples : Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 68i (Heures en latin, xv" s.), prière à saint Sébastien: — .\rscnal, ms. 63 « (Heures en latin et en français, xvr- s.), f" 87, prière à saint Sébastien avec miniature: — Arsenal, ms. 635 (Heures en latin et en français, xv^s.), f" 152, prière à saint Sébastien; — Arsenal, ms. 649

Heures en latin et en français, à l'usage d'Orléans, xvs.jjf" 120, antienne latine sur saint Sébastien, la même que Forgeais (Plombs historiés, t. IV, p. 166; a reproduite d'après un Office de saint Sébastien imprimé à Falaise en

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ner. Le moyen âge concevait de même le pouvoir des saints antipesteux : je ne parle pas, bien entendu, des théologiens, mais de la crédulité populaire, telle quelle s'étalait quand se leva le o^rand souffle purifiant de la Renaissance et de la Réforme : « Cependant, Grandgousier interrogeoit les pèlerins... Nous venons de S' Sébastian près de Nantes, et nous en retournons par noz petites journées. — Voyre, mais (dist Grandgousier), qu'alliez vous faire a S^ Sébastian? — Nous allions (dist Lasdaller I luy otTrir nos votes contre la peste. — 0 (dist Grandgousier), povres gens, estimez vous que la peste vienne de S' Sébastian? — Ouy vraiment (respondit Lasdaller), nos prescheurs nous l'afferment. — Ouy (dist Grandgousier), les faulx prophètes vous annoncent ils telz abuz? Blasphèment ilz en ceste façon les justes et sainctz de Dieu, quilz les font semblables aux diables qui ne font que mal entre les humains, comme Homère escript que la peste fut mise en l'oust des Gregoys par Apollo et comme les Poètes faignent un grand tas de Veioves et dieux malfaisants. Ainsi preschoit a Sinaj's un caphart, c{ue S' Antoine metoit le feu es jambes. S' Eutrope faisoit les hydropiques, S' Gildes les folz. S' Genne les gouttes ',..». « Chacun de ces saincts, dit Henry Estienne dans VApolof/ie pour Hérodote ( ch. 38 ). peut envoyer la mesme maladie de laquelle il peut guarir. Et qu'ainsi soit, quand on dit le mal S' Main, le mal S' Jan, c'est aussi bien a dire le mal qu'ils envoyent que le mal duquel ils guarissent. »

Un mystique du xv*' siècle, Jean Raulin, approuvé au xvr par Molanus - et au xix'' par Grimoùard de Saint-Laurent, expliquait que les images qui représentent saint Sébastien percé de traits signifient qu'il intercède pour nous auprès de Dieu, en lui montrant, pour le fléchir en notre faveur, les blessures dont il fut couvert . Cette explication , certainement inspirée par un thème mystique, sur lequel nous reviendrons — celui de Jésus montrant ses blessures au Père pour apaiser son

1. Hfibclais, Gar(fantua. 1. I. ch. 15. Voir les noies des éditions Burgaud des Marcls-Rathery et Marty-Lavcaux. Sur le calembour comme explication du rôle de patrona^'e attribué à beaucoup de saints, cf. H. Estienne. Apolorfie pour Hérodote, ch. xx.wiii, t. II. p. 312 de l'éd. Ristelhuber : Raynaud, Opéra, t. VIII, p. 515 (quibusdam Caelitibus specialis cultus defertur injecta exorandi spe ex nominis cortice); Cahier, Carac<eri.s<tV/ue.s, t. II. p. 605 ; Gaidoz dans Mélnsinc, t. IV. p. 505 sq. ; t. V, p. 152; Delehayc, Légendes hnyiogra,- ])hiqiies, 2" éd., p. 51.

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