Cahier. Id.. II. p
1. 0 Matière de bréviaire », dirait Rabelais : cette légende, en elTet, se trouve dans le Bréviaire romain, à la date du s mai. Elle est aussi dans la Légendedorée. ch.cxi.v (de S. .Michaelcarchangelo). p. 013. Grasse, où il semble c|u'on aurait pu la laisser. Cf. encore Petrus de Xatalibus, Catal., I. IV, ch. CXI., et Palustre, De Paris à Sgbaris. pp. 293-296. L'apparition de saint Michel sur le mont Garganus aurait eu lieu en 493. Le sanctuaire du Garganus fut au moyen âge en Occident « la métropole du culte des anges » (Grcgorovius, Geschichte der Stadl Rom. III, 434).
homme : il n'y a pas, dans toute l'histoire de l'art, un second exemple de cette traduction de l'invisible. »
La plupart des représentations qui montrent la Mère de Miséricorde protégeant les pécheurs contre les flèches de la colère divine proviennent de l'Italie centrale,' plus précisément encore de l'Ombrie, c'est-à-dire du pays qui a été le plus pénétré de l'influence franciscaine '. Sur les bannières omljriennes dont on vient de lire la description, au premier rang des saints qui intercèdent auprès de la Vierge, qui lui transmettent les prières des hommes, sont les Saints franciscains : sur la bannière de Montone, les trois premières places, après saint Sébastien, qui a le pas sur tous les autres saints comme protecteur contre la peste, sont dévolues à trois Franciscains, François d Assise, Antoine de Padoue, Bernardin de Sienne; sur la bannière de S. Francesco, les deux premières places sont occupées par saint Bernardin et par saint François.
On remarquera que, sur ces deux bannières, saint Bernardin est avant saint François, et fait pendant à saint Sébastien. Sur la bannière de Corciano, le premier personnage agenouillé à la droite de la ^ ierge est un prédicateur franciscain, sans dovite celui qui décida les gens de Corciano à vouer cette bannière ; sur sa poitrine resplendit le trigranmie sacré inventé par saint Bernardin ".
1. Le retable de Gottingue. que nous décrivons plus loin p. 127 , pi'c)vient d'une église de Franciscains.
2. Pour la dévotion du trigranime et pour son iconographie, cf. Acta SS., mai IV. t. 723; Molanus, De Hist. SS. imaginum. IIL 1 et 18: Cahier, Caractéristiques, t. I, p. 96: Delaborde. La gravure, pp. 4i et 4S : Siniéon Luce, Jeanne d'Arc à Domrémy. p. ccxxxix : Rouver, Le nom de Jésus employé comme type sur les monuments numismatiques du XV' siècle, dans la Revu^ belge de numismatique, ^^96 et 1897; Thureau-Dangin, Sain< Bernardin de Sienne. Paris, l.s96 ; Reinach, Répertoire, t. I, p. 541-b42, 552. et larticle sur Bernardin de Sienne dans le Dicl. de théol. catholique de Vacant et Mangenot. Le texte capital sur le fétiche inventé par Bernardin est aujourd'hui celui de la Vie anonyme l'écemnient éditée par le Bullandiste Van Ortroy {Anal. BolL. 1906, p. 317) : cernens gloriosum nomen quod est super omne nomen Pliilipp. II, 9) e mentibus hominum fere oblitteratum. studuit habere parvulam telam. in qua depictum seu descriptum litteris aureis nomen illud haherelur : quam populis cunctis ad ejus sernionem singulis diebus ostendehat venientihus. Quihus clara voce dicehat : « Haec sunt insiynia veslra et arma populi Dei. Hoc est nomen. et non est aliud in quo vos fieri salvos oporteal. Hoc nometi salutiferum est et suave, quod et in cordihus vestris indelehiliter depictum portare vos convenil et ibidem quotidie meditari et in plateis et saper liminaribus doinorum vestrarum palam ac dignissime depictum singuli veslrum debetis et in omnibus eliam prosperis proponere et in adversis invocare debetis. » Et coeperunt omnes hoc nnmen sanclum et gloriosum magna
122 CHAPITRE vil
Il n est pas surprenant que saint Bernardin tienne une telle place sur ces bannières. Le peuple italien n'avait pas oublié le dévouement de Bernardin pendant la peste de 1400; c'était la peste de 1400 qui avait déterminé Bernardin à prendre l'habit de saint François '. Et l'on sait de reste que le prédicateur à la parole brûlante, le fondateur des Mineurs de l'extrême Observance, a insufflé au franciscanisme, pendant la première moitié du xv*^ siècle, une nouvelle vie.
Je croirais même volontiers, avec M.Thode', que le thème de Marie s'interposant entre Dieu et les hommes, arrêtant avec son manteau les flèches de la colère, a son origine dans les prédications de saint Bernardin. La messe -^ composée par Clément W, pendant la g^rande peste de 1348, ne parle ni des flèches de la colère, ni des traits de la peste : iraciindiae tiiHc flagella amoveas, dit-elle simplement ; la Merge n'y apparaît que comme intercesseur ; c'est a Dieu seul, non à la Yierg-e, que s'adresse l'oraison prononcée après la communion : cxaucli nos, Deus salutaris nohis, et intercedente beata Dei génitrice semperque virgine Maria '*, populum tuum ah iraciindiae tuae terrorihus libéra et misericordiae tiiae fac lar- (jitate securum. Le thème des flèches de la colère arrêtées par le manteau protecteur apparaît dans l'art italien à l'époque où l'Italie centrale résonne encore des prédications de saint Bernardin. Somme toute, ce thème inspirait des idées rassurantes, il exprimait cette croyance qu'il y a un recours contre la colère du Juge : or, la prédication de saint Bernardin et la dévotion du trigramme qu'il imagina avaient précisément pour but de rassurer l'Italie, que les sermons terribles des Frères Prêcheurs avaient atfolée : « Comme Vincent Ferrer avait dit que l'Antéchrist était né en 1 403. les années qui se succédaient ne faisaient qu'accroître la terreur des populations. Cette terreur était arrivée à son comble en 1423, principalement dans l'Italie septentrionale, qui avait retenti des prédications sinistres de Mainfroi de Verceil. Ce fut alors
ciim devotione et reverentia nominare et pinc/ere, et pictiim, siciil vir Dei docuerat eos, publiée déferre.