‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 85 sur 158 · I Paralip . , \yi, 12; cf. II Rois, xxiv · texte numérisé non relu

I Paralip . , \yi, 12; cf. II Rois, xxiv

2. Henry Martin, Les miniaturistes français, p. 152. Cf. les Heures d'Anne de Bretagne, pi. XXIX de l'édition Berthaud.

3. Schreiber-Heitz, Pestblàtter, pi. V et VIII. 1. Anderson, 156(53.

5. A Gand, dans une des chapelles du chœur de l'éj^lise Saint-Michel, un tableau de K. Van Mander représente saint Charles Burromée suppliant le Christ de faire cesser la peste de Milan : à côté de saint Charles, un archange

Le frontispice de la version manuscrite duSpeculum humanae salvationis, par Jean Miélot, à la Bibliothèque nationale, est, pour le thème des trois flèches, particulièrement intéressant. C'est une « histoire pleine » , comme on disait au xv® siècle, c'està-dire une miniature occupant la page entière, où l'on voit, à g-auche, l'auteur présumé du Spéculum, frère Vincent de Beauvais, le grand savant Dominicain, assis dans son cabinet, occupé à écrire son livre ; sur la table sont ses lunettes et des livres ; le bon moine compile en paix. Cependant, hors de ce calme asile, se passe quelque chose de terrible, un dialogue formidable, digne de VApocah/jise : dans le ciel apparaît l'Ancien des jours, couronné du triregno ; sur la terre est debout la Mort, sous la forme d'une larve nue, aux chairs pourries. Dieu lui tend d'une main trois javelots, delautre, un parchemin scellé d'vm triple sceau. Ce parchemin contient l'acte en bonne et due forme par lequel Dieu donne permission à la Mort de détruire les hommes au moyen des trois flèches ou des trois fléaux ' : il y a un paragraphe et un sceau par flèche, un notaire n'y trouverait rien à redire.

tient trois flèches dans la main fiauche : clans le ciel, le Christ tient aussi trois flèches, ou ])lutùt un foudre à triple carreau. Le Christ de Rubens, dans les tableaux de Bruxelles et de Gand (cf. infra, appendice; brandit de même le foudre à triple carreau.

1. La Mort, dans les représentations macabres du xv" et du xvi^ siècle, est plus souvent armée d'un javelot que d'une faux. La faux de la Mort est. Je crois, d'orijrine humaniste et italienne. La Mort en est armée dans les bannières de Bonfîg:li. .\u contraire, dans l'art français et dans l'art flamand, elle est armée dun jrrand javelot : cf. par exemple la Danse macabre historiée, 1192 Claudin, Hist. de l'imprimerie en France, t. II, p. 17";, la j^ravure qui termine le Compost et calendrier des hergères. Paris. 1499 (Claudin. t. I, j). .392^, le frontispice du Triomplie et exaltation des Dames. Paris, dernières années du xv' s. Claudin. t. II. p. 91 . et les bordures des Heures de Simon Vostre reproduites dans Montai};lon. L'alphabet de la Mort de H. Holbein, Paris. 1S56). La fresque de la chapelle d'Orléans, dans l'église des Célestins à Paris, représentait, d'après ime vision de Louis d'Orléans ( y 1407). la Mort brandissant un javelot iLenoir, Statistique moninnentale de Paris., t. 11, pi. 15, j). iS6: Le Clerc et Renan. Hist. litt. de la Fr. au XIV^ s., t. II. p. 2.iO'. Pour l'art fiamand. cf. le bréviaire Grimani. Une jjeinture siennoise de 1 i26 donne jjour armes à la Mort l'arc et les flèches ; Lisini, Tavolelte dipinte di bicchierna, pi. X.'^CIX.

Les pestes du moyen âge. — Leurs conséquences morales et religieuses. — Le pathétique et le macabre à partir du milieu du xiv" siècle. — De la Vierge de Miséricorde comme recours contre la peste. — De quelques-unes de ses images ([ui furent vouées en temps de peste.

Trois c/rans danc/iers especiaulx Ont miz a mort avant droit aage Cent mitions dnmain liç/nage :

Le premier mal est pestillence Dair corrompu par influence ^ ; Le second est, en vérité, Grand default et stérilité Des fruiz et des biens de la terre, Et le tiers est criiele guerre.

Ainsi s'exprime Fauteur dvin Poème sur la peste noire '-. II aurait pu ajouter que, de ces trois fléaux qui, g-énéralement, s'abattaient ensemble sur le pauvre monde, le plus terrible et le plus redouté était la peste : « rien n'épouvante plus les hommes que les grandes épidémies •^. »

Les témoignages populaires sont suspects d'exagération, quand il s'agit de calamités publiques. Mais pour la peste noire '*, qui ravagea l'Europe de 1317 à 1350, il ne semble pas

1. Par rinfluence dune comète qui parut alors, ou par la conjonction de Jupiter et de Saturne dans le A'erseau. Tous les textes contemporains relatifs à la peste noire, mentionnent ces explications astrologiques.

2. Olivier de la Haye, Poème sur la. grande peste de IS-iS, éd. Guisjue (Lyon, 1888), p. 10.

3. Littré, Des (fraudes épidémies, dans la Revue des Deux Mondes, lôjanv. 1836, p. 221 (réimprimé dans Médecine et Médecins .

i. Sur la peste noire, cf. J. Fr. G. Hecker, Der schwarze Tod in XIV. Jahrliunderl (Berlin, 1832), d'après lequel Littré a écrit son bel article Des grandes épidémies, et auquel la brochure médiocre de Philippe, Histoire de la peste noire (Paris, 1853^, doit tout ce qu'elle contient dinté-

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que les témoins aient exag'éré. Le fléau s'attaqua d'abord à ritalie. Elle était à cette époque riche et peuplée, ^'enise (y compris la terre- fer me) perdit, assure-t-on, 100.000 âmes; Florence, 60.000, et 90.000 en comptant son territoire ; Sienne, 70.000; Gènes, iO.OOO '. En 1348. la peste gagne d'un côté la France, de l'autre le sud de l'Autriche et de la Bavière. En 13o0, elle atteint le nord de l'Allemaorne. Elle fut particulièrement terrible en France '. Plus de 100.000 personnes seraient mortes à Rouen ■'■. A Paris, où la maladie fit rage un an et demi, les victimes furent quelquefois presque 800 par jour» ; le nombre des Filles-Dieu tombe dans l'été 1349, de Pâques à la Saint-Rémy, de 102 à 40 ; le cimetière des Innocents regorge de cadavres : on doit le fermer et ouvrir hors des murs une autre nécropole, l'ne foule de villes françaises sont obligées de demander au roi l'autorisation d'agrandir leurs cimetières ou d'en ouvrir de nouveaux, les anciens ne pouvant plus suffire ■'.

En l'an mil trois cent quarante neuf.

De cent ne clemeuroient que neuf

ressant. Je cite le travail de Hecker d'après la réimpression de Hirsch {Die grossen Voltiskranfitieiten des Mitlelallers, historiacti-pathologisctie Untersucliiingen von J. f"r. C. Hecker. heraus^cf^eben von A. Hirsch. Berlin, 1865). Cf. encore Littré. Opuscule relatif h la peste de l.'i-iS poème de Simon de Co\ ino^dans Bihl. de l'Ecole des Chartes, H. p. 201; Michon, Documents inédits sur la grande peste de IS4S (Paris, 1860 : Dechambre. Dut. encyclopédique des sciences médicales, s. v. peste ; Haescr, Lelirhacfi der Gescfiicfite der Medizin, 3" éd.. t. HI, p. 175: Rebouis, Etude tiistorique et critique sur la peste Paris, 1888 ; Gasquet, The greal pestilence (Londres, 1893 ; Guigne, préface de son édition du Poème sur la grande peste par Olivier de la Haye ; Viard, dans Bihl. de VEcole de Chartes, t. LXI, p. 334-338 messe contre la peste, rédigée par ordre de Clément VI) : Denifle, La désolation des églises, monastèreset hôpitaux en France pendant la guerre de Cent Ans (Paris, ISQ"?- 1S99), l. II, p. 57 : Pestblatter des XV. Jahrhunderts. hciausgegeben von P. Heitz mit einlcitendem Tcxt von W. L. Schreiber Strasbourg. 1901, f"). Sur la peste en Languedoc, cf. une note à dom Vaissete. Hist. du Languedoc, éd. Privât, t. IX, p. 609; — en Auvergne, Boudet et Grand, Documents inédits sur les grandes épidémies extrait de la Revue de la Haute-Auvergne, 1902 ; — en Normandie, L. Delisle, Etudes sur la condition de la classe agricole en Normandie au mogen âge. p. 650.

j. Pour les chifTi'cs. cf. Ilccker-Hirsch, p. 46.

2. Froissart, Chroniques, éd. Luce, t. IV. p. 330 ; .lean Le Bel, Chronique, éd. Viard et Déprez, t. I, p. 222.

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