‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 90 sur 158 · NOTRE-DA.ME DE BONSECOURS PKOTEGEANT LA MAISON DE LORRAINE · texte numérisé non relu

NOTRE-DA.ME DE BONSECOURS PKOTEGEANT LA MAISON DE LORRAINE

(Tableau du Musée historique lorrain)

la Vierg-e le duc François, puis ses fils, au premier plan Charles IV, au second Nicolas-François ; à la gauche, deux dames en robe de cour et deux religieuses : la femme du duc François, Christine de Salm n étant plus en vie à cette date, les deux dames seraient les deux fdles de François II. Henriette, femme de Lorraine, prince de Phalsbourg-, et Marguerite, qui, le 3 janvier 1632', devait épouser Gaston d'Orléans; l'une des religieuses doit être l'abbesse de Remiremont, Catherine, la sœur de François II ; l'autre est, je crois, la veuve du duc Henri II, Marguerite de Gonzague, qui mourut le 7 février 1632, et qui, le 29 juin 1629, avait pris l'habit du Tiers-ordre de saint Dominique '.

On objectera peut-être que François II avait 59 ans en 1631, et que, sur le tableau du Musée lorrain, le premier personnage à la droite delà Vierge n"a pas l'air d'avoir cet àgelà ; il semble le frère, non le père, des deux autres. Il est vrai ; et même, on doit dire plus : les trois princes ont non seulement le même costume, mais exactement la même figure ; de même les deux princesses ; d'où il suit que l'artiste n'a point peint ses personnages d'après nature ; il ne faut pas demander à ce morceau de peinture officielle l'exactitude documentaire de la peinture de portraits. Celui-ci se ressent fortement des conventions que 1 influence de Van Dyck impose à cette époque aux portraitistes de l'aristocratie.

Une grande partie de l'Europe fut éprouvée par la « grande peste » de l62o-163o, la plus meurtrière, dit-on, de toutes les épidémies qui ont ravagé l'Europe depuis celle de 1348 3. Venue, dit-on, de Hongrie, elle se répandit dans l'Allemagne et l'Italie à la faveur des guerres. Nancy ne dut pas être la seule ville de la Chrétienté à se tourner, pour échapper au fléau, vers la Mère de Miséricorde. Une gravure d'un des Galle, qui représente la Vierge des Grâces de Milan (le type est celui de nos Vierges au manteau) rappelle les guérisons miraculeuses opérées par Marie, à Milan, pendant la peste de 1630. La grande et belle église de Santa Maria délia Salute,

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