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Bouchot. La peinture en France sous les Valois, pi

3. Perdrizet. La peinture reliffieuseen Italie jusqu'à la fin du XIV' s. Nancy, 1905), p. 51.

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mais ces différences n'ont aucun intérêt. Au contraire, il existe une Mater omnium qui, par la façon dont sont rangés les représentants du monde ecclésiastique, mérite une attention particulière : c'est la peinture française archaïque du musée du Pur. On nous permettra de nous arrêter un instant devant cette composition singulière.

Les chefs de l'Eglise, le pape, le cardinal, l'évêque, y occupent, selon l'usage, les premières places à la droite de la Vierge. Derrière eux sont les Ordres monastiques, représentés chacun par un délégué. A Florence, dans la salle capitulaire des Dominicains, la fresque dite de l'Eglise Militante montre une assemblée analogue ; mais il s'en faut qu'elle soit ordonnée avec la même rigueur que celle du Puy, où les représentants des familles monastiques sont placés strictement suivant la hiérarchie et la chronologie.

Que fait au premier rang ce religieux qu'à sa robe brune, à sa longue barbe, à sa chevelure hirsute on reconnaît pour un ermite? Et derrière lui ce chanoine, coiffé d'une aumusse si haute ^, qu'on la peut soupçonner du péché d'orgueil ? Ils représentent les deux Ordres rivaux '", fils de saint Augustin,

1. M. l'abbé Mercier, du Puy, ma fait savoir qu'on retrouve cette grande aumusse dans un autre monument conservé au Puy et dontil a bien voulu me faire tenir la photographie, le tombeau d'un chanoine anonyme, sous le clocher de la cathédrale. Ce tombeau paraît du .\iv« siècle. Une tradition erronée en fait le tombeau d'une duchesse de (niise. Le chanoine est figuré deux fois, gisant sur le couvercle, et, sur la face verticale, agenouillé devant la \'ierge. Dans l'une et l'autre repi-ésentation, il est coillé d'une très grande aumusse. Vital Bernard, qui fut chanoine de la cathédrale du Puy, parle à plusieurs reprises dans son livre Le c/ia;iome, ou traité du nom, dignité, office... d'un chanoine {}.e Puy. 1617; Bibl.Nat. K i373), des grandes aumusses dontlcschanoines du Puy avaient le privilège (p. 80. 631, 636, 680). Cf. laumusse du chanoine napolitain (■fl36S) dont la pierre tombale est figurée dans Bonnard, Costume.i, I, ])1. 83. Ces grandes aumusses expli(jucnt l'étymologie fantaisiste rapportée par Ilélyol {Hist. des Ordres monastiques. Paris, 1714, t. II, p. 23) : aumusse = hautement mise.

2. « Il y a ti'op long lems que le différent des Chanoines réguliers et des Ermites de Saint-Aiigustin touchant le droit d'aînesse dure, pour estre si tost terminé. .lean XXII, pour les mettre d'accord, leur donna en commun l'Eglise de Saint-Pierre-au-Ciel-d'Or de Pavie, où repose le corps de leur Père, et on leur assigna à chacun un costé pour en estre le maistre. Mais au lieu que cela auroit deu conserver l'union et la charité entr'eux, cela ne servit au contraire qu'à augmenter leurs divisions par rapport aux offrandes et aux donations des Fidelles, de sorte que l'on fut contraint depuis ce tems là de leui- donner à desservir ceste église à l'alternative pendant un mois, ce (jui a esté observé pendant un long tems sans que les divisions aient cessé» (Hélyot, I, p. xviii). Les Chanoines réguliers prétendaient avoir été fondés par les apôtres (/d., t. II, p. 11). On trouvera de curieuses indications sur ces polémiques dans ime note de Paquot sur Molanus, De Ifist. SS. imayinum, p. 3 53.

Perdrizet, La Vierge de Miséricorde

D'aprèa Buurhot

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