Tableau du musée du Puy
LA MATER OMMCM 157
l'Ordre des Ermites et l'Ordre des Chanoines rég^uliers ; ils sont placés les premiers, parce que la règle de l'évèque d'Hippone ' est la plus ancienne des règ-les monastiques.
La seconde, par ordre chronolog-ique, est celle de saint Benoît, au vu'' siècle ; c'est pourquoi, sur le tableau du Puy, derrière le Chanoine, est un moine noir-vêtu, a hlakfriar^ un Bénédictin.
Le XI'' siècle vit se produire dans le monde monastique trois g-randes réformes: celle de saint Romuald, qui, en 1012, fonda les Camaldules, celle de saint Bruno, qui, en 1086, fonda les Chartreux, celle de saint Robert, qui, en 1098, fonda les Cisterciens. Les trois Ordres sont vêtus de blanc, couleur virginale, chère à Marie. Notre peintre, derrière le Bénédictin, a donc placé trois moines blancs, un Camaldule, un Chartreux, un Cistercien. Devant eux, au premier plan, un moine en robe noire et manteau blanc, représente Prémontré, fondé en 1119 par saint Norbert.
Plus tardifs sont les deux ordres institués par saint François et saint Dominique. Ils figurent à leur place chronologique, le frère Mineur dans sa robe de bure, le frère Prêcheur dans son manteau noir.
Ils ne sont pas tout à fait les derniers. Une moniale, humblement, est agenouillée à la dernière place. A elle seule, elle représente tous les Ordres de femmes. L'Eglise catholique n"a jamais donné dans le féminisme. De même, dans la chapelle des Espagnols, les dernières places, à l'extrême gauche, ont été dévolues aux religieuses, qui ne sont que quatre, tandis que les religieux sont très nombi'eux.
Quant au personnage coilTé de blanc et encapuchonné d'écarlate, au-dessus du Franciscain, c'est, je crois, un prêtre séculier, docteur ou maître es arts. Je le retrouve dans la fresque de l'Eglise militante à la chapelle des Espagnols, où il tient un gros livre (rangée supérieure, dernière ligure, à gauche). Dans une miniature ^, un docteur qui dispute avec sainte Catherine porte le même costume.
On trouvera peut-être cette composition naïve, mais, dans
1. Sur la règle attribuée à saint Augustin, cf. en dernier lieu mon commentaire d'un tableau italien du xiv" siècle, au musée de Besançon, qui représente le Triomphede sainl Aiiguxtin (Perdrizel et René Jean, Lu Galerie Campana el les musées français, p. 58-60 .