Chasse d'Albi
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(comptes du receveur général de Lorraine pour IdOo-I.'jOô : texte publié pour la pi-emière fois par Lepage, dans le Bull, de la soc. d'archéol. lori'., 18"tl, p. 33). La seconde femme de René, la pieuse Philippe de Gueldres, qui était affiliée à l'Ordre franciscain, fit les frais de lenluniinui'e : « Payé à Marlin Denisel, chappellain de X.-D. de Bonsecours, que la Royne [^Philippe de Gueldres s'intitulait reine, à cause des prétentions de son mari à la couronne de Sicile; lui a ordonné bailler ceste fois pour faire paindre une y mage de X.-D. à plusieurs personnages adjacens à icelle... vi florins d'or, ix livres aij sols » (comptes du receveur général de Lorraine pour loOo-1506 ; texte publié pour la première fois par Lepage, op. laud., p. 54). Dans la somme payée à Deniset, était compris, selon l'usage, le prix des fournitui-es; il l'emportait sans doute de beaucoup sur le salaii'e de l'enlumineur. La polychromie dont l'œuvi-e de Gauvain avait été revêtue en loOo n'existe plus depuis longtemps ; comme les autres sculptures du même temps que possède encore la Lorraine (tombeau de René II dans l'église des Cordeliers, à Nancy; tombeau de Hugues des Hazards, à Blénod-lez-Toul), la statue de Bonsecours a été cruellement repeinte au xix*^ siècle. C'est une des raisons, je pense, d'une légende singulière, qui m'a été racontée à Nancy par des ecclésiastiques : la statue de Bonsecours ne serait pas l'œuvre originale de Mansuy Gauvain, mais une copie exécutée lors des travaux de restauration qui précédèrent la fête du couronnement de la Vierge de Bonsecours le 3 septembre 1865 : la copie aurait été frauduleusement substituée à l'original, celui-ci aurait disparu. Noël {Mémoires pour servir à l'histoire de Lorraine, n° 5, t. 1, p. 226 ; Catalogue raisonné de ses collections lorraines, t. II, p. ()98, 876 et 1051) croyait lui aussi que l'église de Bonsecours n'a plus qu'une copie de la statue de Gauvain : il se fondait sur les différences qu'il y a enti-e la statue et les nombreuses gravures de dévotion qui ont été exécutées d'après elle au xvii^ et au xviii'' siècle, depuis le frontispice du livre de Nicolas Julet par Callot (reproduction dans Pfister, Histoire de Nancy, t. I, p. 575) jusqu'à la grande image in-folio « geni'e Epinal », sortie vers 1850 des presses de Deckherr, à Montbéliard (un exemplaire de cette image dans la collection Wiener, à Nancy). Mais, comme l'a dit Rouyer [Mémoires de la Société d'arch. lorr., 1886, p. 393), « l'inexactitude, dans la représentation des monuments, aux siècles passés, était un défaut quasi-général ». J'ai pu examiner de près, à l'aide d un échafaudage dressé tout exprès, la statue de Bonsecours, et je me suis rendu compte que c'est une absurdité d'y voir une copie subrepticement exécutée au milieu du XIX"" siècle. Des repeints épais empâtent les figures expressives des priants, alourdissent et vulgarisent l'ensemble; le visage de la Vierge a les fades couleurs des images pieuses confectionnées à l'ombre de Saint-Sulpice.
La statue est taillée dans un seul bloc de pierre de Sorcy. Avec ses joues pleines, ses formes rebondies, cette Vierge est bien l'œuvre d'un artiste habitué à travailler le bois. Par ordre chronologique, c'est la première œuvre connue de Gauvain ; dans l'un des comptes où il en est question, le maitre est quaHfié de « menuisier». Notons encore, si l'on veut, la forte santé de la Vierge, cette vigueur solide de paysanne
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lorraine : les Vierges de France ou d'Italie sont plus fines, plus mystiques. Et remarquons aussi la simplicité de la composition pyramidale ; la statue a conservé quelque chose de la forme massive que devait avoir le bloc d'où l'artiste la tirée.
Au surplus, gardons-nous de surfaire le mérite artistique de cette respectable image, et d"y découvrir, par esprit de clocher, par amourpropre << régionaliste », des significations qui n'y sont pas : « Cette race, écrit M. Barrés à propos des Lorrains du xv'' siècle {Un homme libre, coll. Minerva, p. 110), hésitait à affirmer sa personnalité. A son réveil, elle craint de se confesser; peu de pièces, à Nancy, qui puissent nous conter les origines de nos âmes. Pourtant une Vierge de Mansuy Gauvain, dans l'église de Bonsecours, est tout à fait significative. Voilà nos primitifs ! Nous nous agenouillons devant une mère, et sous son manteau ouvert tout un peuple se précipite. Ces enfants me touchent, si intrépides contre le Bourguignon, et qui expriment leur rêve par cette image sincère : je vois qu'ils ont beaucoup soutTert. Ils conçoivent la divinité non sous la forme de beauté, mais dans l'idée de protection. » — Mais, si la Vierge de Gauvain n'est qu'un des exemplaires, et non l'un des plus anciens, d'une série fort riche, qu'une variante, et non l'une des plus curieuses, d'un type universel de l'art médiéval, comment peut-elle nous révéler F « âme lorraine » du temps de René II ?
84. La Vierge de Bonsecours-lez-Nancya suscité un certain nombre de gravures dont nous ne croyons pas devoir donner la liste (voir les collections du Musée historique lorrain et de la Bibliothèque municipale de Nancy : Favier, Bibliographie du fonds lorrain de la Bibl. deXancy, n" 2756), et une quantité de statues et de statuettes. Nous ne signalerons que celles qui servent en Lorraine au culte public. Je n'ai pas vu la peinture qu'Alexandre Joly a signalée à Raville, près Lunéville [Mém. de la Soc. d'archéol. lorr., 1870, p. 86) : « Raville, église du XV"" siècle. Dans la chapelle de N.-D. de Bonne-Nouvelle, au retable de l'autel, tableau à l'huile du commencement du xvii" siècle : N.-D. abrite sous son manteau un pontife, un duc et quehjues princesses. »
85. Les Minimes, ou fils de saint François de Paule. avaient reçu du duc Henri 11 de Lorraine, par lettres patentes du 18 octobre 1609 Jérôme, op. cit., p. 23), la concession de l'église N.-D. de Bonsecours-lez-Nancy. Ainsi s'explique qu'ils aient répandu en Lorraine le type de la Vierge au manteau. Une réplique de la statue de Gauvain, en marbre blanc, fut placée ])ar eux au xvii* siècle dans l'église du prieuré de Saint-Thiébaut à Saint-Mihiel, qui leur avait été donnée en l.o98. Elle ornait une chapelle vouée à N.-D. de Bonsecours, où ion venait en pèlerinage le 4« dimanche après Pâques. Une bulle papale, du 17 avril 1728, avait autorisé l'érection d'une confrérie dans cette chapelle. Après- la Révolution, la statue fut transportée dans l'église Saiut-Etienne, où elle existe encore, l'*^ chapelle à gauche en entrant. Cf. Dumout, Histniro de Saint-Mihiel (Nancy, 1861), t. III, copié par l'abbé Giliant, Poiiillé <lu diocèse de Verdun Verdun, 1904 , t. 111, p. 274 et .'130.
86. Ei,'lise paroissiale de Villers-lès-Nancy. Dans l'absidiole du collatéral, côté del'épitre, un autel surmonté d'une statue de la Vierge de
Miséricorde ; haut., 0™ 86; bois doré, chairs peintes; fin du xyii* siècle. La Vierge est debout et abrite sous son manteau six personnages, trois à droite, trois à gauche. A droite : le Pape, l'Evêque, un clerc. A gauche : le Roi, un seigneur, une dame.
87. Tableauvotif du duc FrançoisII, léguéen 1877 au musée historique lorrain par feuM. Boulenger, curédeBonsecours.Cf. [Wiener], Catalogue (lu musée hislorique lorrain, p. 102, n" 34;), et Lorraine artiste, 1905, p. 63. Il n'en faut pas exagérer la valeur d'art : si la toile du musée lorrain est digne d'intérêt, ce n'est point pour son mérite artistique, qui est médiocre, ni pour les portraits qu'elle contient, car ces portraits sont des plus conventionnels, c'est pour les motifs qui ont commandé cet ex-voto. Sur ces motifs, cf. su]>ra, p. 146. — PI. XX.
88. Rouyer, Médaille d'origine allemande à limage de N.-D. de Bonsecours, rappelant la prise de la ville de Bude, en Hongrie, conquise sur les Turcs, le 12 sept. 1686, par les forces réunies sous le commandement du duc de Lorraine, Charles V, généralissime des armées impériales, dans les Mémoires de la Soc. cVarchéol. lorraine, 1886, p. 391.
A droite, le pape et Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière ; à gauche, l'empereur et le duc Charles V de Lorraine. La Vierge est debout sur le croissant, comme dans le groupe de Grégoire Erhart [supra, p. 52) : cf. Apocal. xii, 1 : mulier àmictâ sole, et lunà sub pedibusejus. La légende auxilium christianorum est empruntée aux litanies de la Vierge, telles qu'on les répète depuis Lépante. C'est la seule des médailles frappées à l'occasion delà prise de Bude, qui soit au type delà Vierge de Bonsecours, protectrice de la Lorraine, et spécialement de la famille ducale de Lorraine : « Charles V, malgré son mérite, ou à cause de son mérite, n'était pas aimé à la cour de Vienne » (Rouyer).
89. Ainsi, le vieux type de la Vierge au manteau protecteur est resté populaire en Lorraine aux xvii" et xviii" siècles. Cette popularité persiste toujours : « Les bannières, surtout, foisonnaient... Beaucoup étaient célèbres,... celle de N.-D. de Fourvières, aux armes de Lyon, celle de l'Alsace, en velours noir, brodé d'or, celle de la Lorraine, où Ton remaiHjuait une Vierge couvrant deux enfants (s/c)de son manteau » (Zola, Lourdes, p. 426). Elle s'explique par la vénération que les Lorrains ont témoignée depuis le xvi'' siècle à l'image miraculeuse de Bonsecours-lez-Nancy, et par leur esprit conservateur et obstinément catholique.
90. Charmante statue, en bois de tilleul, haute de 1°» 50, conservée à Mouterhouse (sur la rivière quae Mothra vocatur : cf. Miïndel, Les Vosges, 1904, p. 207), près Bitche, aux confins de la Lorraine et de l'Alsace. La coiffure, la ceinture, le vêtement de la Vierge, la composition pyramidale du groupe ra[)pellent la statue nancéienne. Les Schutzmantelhilder allemands n'ont pas cette grâce simple, cette soi)riété. .le ne crois pas me tromper en reconnaissant dans ces qualités inen françaises une marque d'origine. M. llausmann (Monuments d'art de la Lorraine, notice de la pi. 50) pense ([ue les priants représentent les divers états de la société, noblesse, clergé, roture. Peut-être i-epré-
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sentent-ils une famille : n'ayant pas vu l'original, je ne puis donner d'avis personnel. On ne sait rien de l'origine de cette jolie sculpture. D'après feu Bouchot, dont j'avais pris l'avis, les costumes paraissent indiquer comme date les environs de 1670. Publiée, d'après Hausmann, dans la Lorraine artiste, 190'i, p. 116. Cf. encore Bull, de la Soc. d'archéol. etdliist. de la Moselle, 1860, p. 1 19; L'art sacré, avril 1905, p. 8 ; L'Austrasie, t. I, p. 247. — PI. XXV.
Flandres, Pays-Bas.
91. Miniature du missel de dona Juana Enriquez, seconde femme de Juan II d'Aragon, et mère de Ferdinand le Catholique. Musée de Madrid. Phot. Laurent, 810. La Vierge, debout, couronnée et nimbée, tient l'Enfant qui bénit. Sous le manteau, qui est soutenu par deux anges, sont agenouillés, à droite les clercs, à gauche les la'iques. A droite de la Vierge, en avant du groupe des clercs, est agenouillée la reine Juana, son missel dans les mains. Devant lareine, un petit chien. La Viei'ge et l'Enfant sont tournés de trois-quarts à droite, du côté des clercs et delà reine. Cette miniature occupe le verso d'un feuillet ; sur le recto suivant, on lit ceci : Bonifacius papa ortavus concessif oninihiis dicentihus istani orationem cotidie, dévote confessis et contrilis, genibus flexis coram ymagine gloriose virginis marie, indulgentiam a pena et culpa de oinnihiis peccatis suis : Oratio. Stahat virgo iuxta cruceni, videns pati reram lucem. Begis omnium vidit càput coronalum, vidit latus perforatum, vidit mori fUium, vidit caput inclinatum, totum corpus cruentatum. Pastoris pro ovibus vidit potum felle mijctum. . . (Pour cette hymne, cf. Chevalier, Bep. hym., t. II, p. 600, n" 19423'. D'après Durrieu, le missel de la reine Jeanne aurait été enluminé vers 1480, par le peintre brugeois Guillaume Vrelant [Bibl. de V Ecole des Chartes, 1893, p. 276).
92. Bruxelles. — Mater omnium, statuette en chêne polychromée, de la fin du xv^ siècle (jui a passé de la collection Steinmetz à Bruges, dans la collection Mohl à Paris. Elle a figuré aux expositions rétrospectives de Matines, 1864, et de Bruxelles, 1888. Cf. W. H. James Weale, Cat. des objets d'art religieux . .. exposés à l'hôlel de Liedekerke à Malines, sept. 486i ; N. H. J. Westlake, A souvenir of Ihe exhibition of Christian art held at Mechelin. avec croquis; Instrumenta ecclesiastica, choix d'objets religieux du M. A. et de la Benaissance exposés à Malines en sept. I86i, avec une planche ; Bévue de Tari chrétien, 1885, p. 277. M. Destrée a montré quelle était d'origine bruxelloise, car elle est marquée au poinçon de la corporation des tailleurs d'images bruxellois [Mém. de la Soc. des antiquaires de France, t. LU, 1891, p. 61 ; Étude sur la sculpture brabançonne au M. A., Bruxelles, 1894, p. 132, extrait des Annales de la Soc. d'archéol. de Bruxelles, t. IX, 1893, avec photographie). La Vierge a perdu sa couronne. Sur la bordure du manteau, Gloria Patri en lettres d'or; sous le manteau, six personnes de condition bourgeoise, quatre femmes et deux hommes.
92 bis. .^later omnium, peViie statuettede la lin du xv"" siècle, en bois, d'assez belle facture, ap[)artenant à M. Stolzenberg, à Ruremonde (IIol-
Perdrizkt, Lu Vierge de Miséricorde
LA VIEKCK DK MdUTERHAUSEN
lande), marquée au poinçon de la corporation des tailleurs d'images de Bruxelles (Destrée, Étude sur la ftculpture hrabançonne, p. 138).
93. Petit retable en cliène sculpté et polychrome. Les volets sont peints, et représentent sainte Barbe et sainte Catherine. Dans la partie centrale, la Vierge de Miséricorde abritant sous son manteau à droite un pape, un évèque et un abbé, à gauche trois femmes qui ne sont pas des religieuses. Travail bruxellois, de la première moitié du xvi*" siècle, appartenant à M. Paul van Zuylen, de Liège, et qui a figuré en 190"), à l'exposition d'art ancien bruxellois organisée par le Cercle artistique de Bruxelles (n° 7 du Catalogue imprimé .
94. Broderie dans le trésor de la catédrale d'Aix-la-Chapelle. Travail hollandais du xv*^ siècle. Cf. Die Rheinlande, Dùsseldorfer Monatschrift fiir deutsche Arf und Kunsl, février 1904, p. 221 et suivantes; Beissel, Kunstschalze des Aachener Kaiserdomes (M. Gladbach, 1904, pi. XXXV). La Vierge, couronnée et nimbée, tient l'Enfant sur le bras gauche; deux anges soutiennent les pans du manteau. Les priants, hommes et femmes de toute condition, ont tous le bâton des pèlerins. Au premier rang, un seigneur et sa femme (les donateurs? .
95. Planche 23 etdernière du Tfiesaurus precumetexercitafionuin spiritualium in usum praesertim sodalitatis Partheniae, auciore R. P. Thoma Saillio S. J. presbytero. Anlverpiae. Ex officino Planliniano MDCIX. Les cuivres de cet ouvrage sont conservés au Musée Plantin, où l'on peut en faii'e tirer des épreuves. Ils sont d'A. van Xoort, le maître de Rubens. La planche qui nous intéresse représente, à l'arrière-plan, la Vierge debout sur un lapis, couronnée, nimbée, distribuant des indulgences à l'humanité agenouillée sous son manteau (à droite les clercs, à gauche les laïques). Le manteau est soutenu à droite par deux anges audessus desquels est écrit Virlutum fortitudo, à gauche, par deux anges portant des lis; au-dessus Anrjeloruni purilas ; d'autres lis, plus grands, sont derrière la Vierge. Au premier plan d'autres anges, assis, font de la musique; au-dessus, Ançjelorum laetilia. Entre la Vierge et les anges musiciens, deux anges, dont l'un porte un lis, et l'autre un parchemin scellé de trois sceaux.
Allemagne.
96. Cologne. — Wallraf-Richartz Muséum, n» 117 (Ferceic/injs, p. 26). Triptyque de la fin du xv« siècle ; école de Cologne. A droite, le Christ avec Marie-Madeleine; à gauche Marie Égyptienne avec le donateur agenouillé. Au milieu, la Vierge tenant l'Enfant sur un bras, un lis dans l'autre main. Deux soutiennent le manteau, sous lequel sont les donateurs, douze bourgeois et bourgeoises.
97. Aix-la-Chapelle. — Statue de bois, au musée Suermondt, reproduite dans la Gaz. des Beaux-Arts, 1908, I, p. 173. Fin du xv"" siècle. Mater omnium, avec l'Enfant. Les priants, très petits, sont échelonnés sur deux lignes verticales. Cette composition en hauteur est fréquente en Allemagne (cf. n°^ 101, 103. 113'. Elle convenait pour les statues destinées à des niches, à des pinacles.
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98. Schreiber, Manuel, n» 2514 (gravure incunable, au Cabinet des estampes de Berlin). La \ lerge debout, couronnée, tenant TEnfant. Deux anges soutiennent le manteau, sous lequel est réfugiée la chrétienté, d"un côté le pape avec le clergé, de Faulre l'empereur avec les laïques. Au-dessous, on lit Sub tua protectione confugimus. D'après Schreiber, travail rhénan, vers 14(30-1475.
QS bis. Schreiber, n° 1010. Gravure incunable, enluminée, autrefois chez le libraii'e L. Rosenthal de Munich. La ,Vierge, couronnée, couvre de son manteau un grand nombre dhommes à genoux. De chaque côté delà tète de la Vierge un ange planant. Médiocre travail, attribué par Schreiber à un atelier de la Basse-Allemagne, vers 1470-1*80.
98 /cr. Marhourg. Vitrail dans l'église Sainte-Elisabeth. Cf. Haseloff, Die Glaxgemàlde (1er Elisabelhkirche in .l/arZ»;/-^ ; Berlin, Spielmeyer, 1907 . : je n'ai pas vu cette monographie.
Oberrhein, Bade, Suisse.
99. Au château princier d'Erbach (Hesse-Darmstadt). Relief en bois, représentant la Mater omnium, sans la couronne et [sans TEnfant. Hauteur : i™ 86. Cf. Kunstdenkmàler im Grossherzngthum Ilessen, Kreis Erbach, Darmstadt, 1891, p. 84.
100. Wimpfen-am-Berg, dans l'église évangélique, fresque représentant le Jugement Dernier {Kunstdenkmàler im Grossherzogthum Ilessen, Kreis W impfen, Darmstadt, 1898, pi. à la p. 36 ; cf. la Zeitschrift fi'ir bildende Kunsf, VI [1871], p. 272). En haut, dans le ciel, le Juge du monde, auprès duquel intercèdent la Vierge et saint Jean. En bas, la terre d'où sortent les morts ; à gauche, la gueule de l'Orcus : à [droite, la Vierge de Miséricorde, recevant les élus sous son manteau. Auprès d'elle, saint Pierre. Cette grande fresque a été cruellement restaurée en 1870 par un barbouilleur patenté, « professer A. Xoack, Ilistorienund Hofmaler zu Darmstadt ». L'original devait dater du xvi*" siècle; dans la restauration, le caractère général a disparu, et plus d'un détail parait suspect.
101. Frihourg. — Statue de pierre, du xiv*" siècle, dans le pinacle qui surmonte le contrefort Nord de la façade du clocher de la cathédrale. La Vierge, couronnée, sans l'Enfant, abrite sous son manteau une vingtaine de priants debout, échelonnés deux par deux, les hommes à droite, les femmes à gauche; pas de grands personnages, tels que pape, empereur, roi, cardinal ou évêque ; au premier rang des hommes sont des chevaliers ; derrière eux, des moines et des gens du commun ; les femmes des premiers rangs, habillées toutes de la même façon, sont peut-être des moniales; mais celles des dei'nières rangées, sans voile ni coiffure, ne sont certainement pas des religieuses. Reproductions dans Kempf, Maria mil dem Schutzmantel article publié par la revue fribourgeoise Schau-ins-Land, t. XVIII), p. 2.'); Moritz-Eichborn, Die Skulpturencgclus in der Vorhalle des Freiburger Mùnaters (Strasbourg, 1899;, p. 412, pi. XIX; Lehmann, Das Bildnis bei den altdeutschen Meislern fLeipzig, 1900\ p. 210; Krebs, dans les Freibur-
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ger MunsterbUiller, Heft l, p. 29. Les archéologues allemands ont accoutumé de citer cette statue comme la plus ancienne représentation de la Vierge de Miséricorde : cf. Thode, Franz von Assisi-, p. 516. Je la crois de la deuxième moitié du xiv^ siècle, comme les deux suivantes. Elle n"a peut-être pas toujours été à la place quelle occupe aujourd'hui, car elle est sensiblement plus petite que celles cjui garnissent les autres pinacles de la cathédrale de Fribourg. On a rattrapé ce défaut de hauteur eu la plaçant sur un petit piédestal dont sont dépourvues les statues de la même série. — PI. XXVI, i.
102. Statue petite nature, analogue à la précédente. La Vierge tient TEnfanl sur le bras gauche, et les priants qu'elle abrite sont moins nombreux. Cette statue, aujourd'hui au musée archéologique, provient de l'ancien hôpital, et porte les armes des Richeim : un Paul de Richeim fut administrateur de l'hôpital en 1383. Reproduction dans Kempf, p. 27. — PI. XXVI, 3.
103. Statue analogue aux précédentes, dans le pinacle du deuxième contrefort du bas-côté sud de la cathédrale. La tète de la Vierge est moderne. Reproduction dans Krebs, p. 33.
104. Sous le porche du clocher de la cathédrale, fresque du xV siècle, détruite aujourd'hui. La Vierge, nimbée, sans la couronne, soulevait son manteau pour abriter à droite les hommes, à gauche les femmes. Le relevé qui fut pris de cette fresque avant sa destruction, est reproduit par Kempf, p. 28, et par Krebs, p. 35.
105. Vitrail à la fenêtre du portail du bas-côté S. de la cathédrale, xv"^ s. La Vierge, debout, couronnée, sans l'Enfant, étend son manteau sur les membres de la famille Tullenhaupt, à dr. les hommes, à g. les femmes. Reproduction dans Krebs, p. 34.
106. Retable en bois, voué vers 1520 par la famille Locherer, dans une chapelle du chœur de la cathédrale. A droite de la Vierge, un saint moine, à gauche, saint Antoine abbé. La Vierge, sans la couronne, tient l'Enfant. Six angelots soulèvent le manteau sous lequel est agenouillée la chrétienté, à droite les clercs, à gauche les laïques. Cf. Schau-ins-Land, XV (1890), p. 17 ; Krebs, p. 31 ; Reber et Bayersdorfer, Klass.Skulplurenschalz, t. II, n" 244.
107. Kraus {Geschichle, II, p. 433) mentionne une Vierge au manteau sculptée à Waghausen (entre Carlsruhe et Mannheim ; l'église est un but de pèlerinage).
108. Fresque de Waltalingen, près Zurich, publiée par Robert Durer dunsles Mil th. der antiquar. Gesellschafl in Zurich, Bd XXIV, Heft 5 (Der mitlelall. Bilderschmuck der Kapelle in Wallalingen, pi. III), avec des explications erronées : Durer croit à tort que le >< Schutzmantelbid » (pi. IIl) représente sainte Catherine patronne des écoliers.
109. La Vierge de Miséricorde abritant sous son manteau le bourgmestre bàlois Jacques Meyer et sa famille : tableau d'Holbein le Jeune, peint en 1325 ou 1526. L'original à Darmstadt. Le musée de Dresde en
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possède une copie excellente, due, croit-on, à un artiste des Pays-Bas, du xvii« siècle, qui a passé pour l'ori^nnal jusqu'à l'Exposition de Dresde, en 1871. Cf. v. Liitzow, Erf/phnisse der Dresdener Holhein-Aiifstellunfj, dans la Zeitschrifl fur bild. Kunsf, 1871, p. 349-."io5 ; Woltmann, //. Holhein und seine Zeit (Leipzig, 1874), t. I, p. 294-314 ; Jameson, Madonna, p. 101 ; Mantz, Hans llnlbein, p. 55 et 192 ; Knackfuss, Holhein der J (ingère, p. 85-94 ; Revue de Varl chrétien, 1892, p. 26 ; Kunfgeschichie in Bildern, t. IV, n° 45 ; etc.
Souahe
110. Schreilîer, Manuel, n° 1215. Gravure incunable, enluminée. La Vierge couronnée, nimbée, debout, tenant l'Enfant à qui elle donne un fruit. Deux anges soulèvent le manteau, sous lequel sont agenouillés huit priants, quatre clercs et quatre laïques (dont un roi). Grossier travail, attribué par Schreiber à un atelier souabe, vers 1480.
111. Mater omnium, à la galerie de Schleissheim (Katalog, 1905, p. 24, n° 82) ; panneau du commencement du xvi« s., attribué soit à l'école souabe, soit à l'école de Nuremberg.
112. Gravure sur bois de V llinerarium beatae Mariae virginis, édité par Reger à Ulm vers 1490. Pour Vltinerariuin, cf. le Supplément de Brunet, I, 686. La Mater omnium, abritant sous son manteau à dr. les clercs, à g. les laïques (noter derrière le roi, un chevalier en armure), regarde au ciel où le Juge du monde apparaît dans les nuages ; il bénit de la dextre, dans l'autre il tient le globe ; à sa droite. Moïse, cornu, avec les tables de la Loi ; à sa gauche, saint Pierre avec le livre et la clef; derrière eux, des anges et d'autres personnes de la cour céleste. Repi'oduction dans le Katalog der Bûcher-Sammlung Franz Trau (Vienne, Gilhofer et Rauschburg-, 1905). Cette gravure me semble identique au n^ 1008 du Manuel de Schreiber.
113. Statue petite nature en bois de tilleul, repeinte, provenant de la Pfarrkirche de Ravensbourg. OEuvre souabe, des environs de lan 1500, attribuée par tjuelques érudits à un maître Schramm, de Ravensbourg, d'ailleurs tout à fait inconnu. Depuis 1850 au musée de Berlin. Cf. Bode-Tschudi, n° 330, pi. XXII ; Jan Veth, dans A'uais/ und Kiinstler, 11(1904), p. 352, avec gravure. Dix priants échelonnés sous le manteau de la Vierge, alternativement des hommes et des femmes. — PI. XXVI, 2.
Franconie.
114. Schreiber, Manuel, n" 1007. Gravure incunaljlc, enluminée. La Vierge, couronnée, debout. Le manteau, qui est soutenu par deux anges, abrite des clercs et des laïques. D'après Schreiber, travail de la Haute-.\llemagne, peut-être de Nqremberg, vers 1460.
CATALOGUK
115. Retable de la chapelle de l'Ordre du Cygne, dans Téglise Saint-Gom])Oi't, à Anspach, en Franconie (peint par Wohlgemut en 1484). Cf. Stillfried-Alcantara, Altertumer und Kimsldenkmale des erlaucJilen Hanses Hohenzollern, tome I (Berlin, 1898), et Lehmann,o/). cit., p. 172. Le retable est surmonté d'une statuette de saint Georges, à cheval, tuant le dragon. Sur la face antérieure, au milieu, la Vierge sur le croissant, sans le nimbe, portant l'Enfant: à droite, l'Annonciation; à gauche, l'Adoration des Mages; sur la prédelle, à droite, l'électeur Albert III de Brandebourg -[ 148G), à genoux devant saint Chris-
FiG. 3.
tophe portant l'Enfant; à gauche, la deuxième femme d'Albert, Anne, duchesse de Saxe, à genoux devant le Christ de pitié. Sur la face postérieure, à droite, la Naissance de la Vierge; à gauche, la mort de la Vierge; au milieu, la Mère de Miséricorde sous le manteau de laquelle sont agenouillés les enfants de l'électeur : d'un côté, sa belle-fille et ses quatre filles; de l'autre, son gendre, ses deux fils et deux pages. — Fiff. 3.
116. //e(7si/-o«/), dans l'église. Retable du xvi<= siècle, où sont peintes: 1" la Naissance de Marie; 2" la Présentation de la Vierge au Temple; 3° les Fiançailles de la Vierge (ces trois représentations inspirées de la Vie de Marte par Durer, qui date de i:\ii) ; 4° la Mère de Miséricorde, qui éten<l son manteau sur l'humanité représentée par les personnages habituels : en haut, à gauche. Dieu le Père l)randit l'épée contre les hommes; le Christ retient le coup, en prenant l'épée par le bout ; sur l'épée est posée la colombe, qui représente la troisième personne de la Trinité. Cf. Thode, Die Malerschule von Nûrabenj, p. 22.5; Lehmann, op. cit., p. 213.
192 CATALOOUE
117. Xurembei-fj. — Très grand relief funéraire, en bois, delà famille Pergenslorfer, aujourd'hui dans l'ég^lise Notre-Dame; œuvre d'Adam Kraft (7 lîiOiV, des dernières années de l'artiste et des premières du XVI'" s. Dans un encadrement gothique, la Vierge, debout, tenant lEnl'anl : deux anges la couronnent, deux autres soulèvent les plis du manteau, sous lequel sont agenouillés, à droite, les l'eprésentants de l'humanité entière, pape, empereur, roi, soldat, bourgeois, I)ourgeoises, etc. ; à gauche, huit personnes de la famille Pergenstorfer. Cf. F. Wanderer, Adam Kraffl und neiiie Schule (Nuremberg-, 1869;, pi. .38; Bode, Gesrhir/ifr (1er deulschen Plastik, p. 1;j6-8 (avec gravure ; Daun, Adam Ki-a/fl und die Kiinsiler seiner Zeit Berlin, 1807), p. '.')'.}, pi. VIII, 1.
Bavière.
118. Feldmochincj, près Munich. — Dans l'église, fresque de la fin du xv" siècle; manque la partie gauche, qui devait représenter, à en juger par analogie avec le retable de Gy [supra, p. 181), l'Annonciation à Marie. Au milieu, la Mater omnium. A droite, la Visitation. Cf. Die Kunsldenkmale des KiJnigreiches Iiaiern,l. I, p. 775, pi. 112, et Hager dans Monatschrift des hisf. Vereins von Oherhayern, t. III (1*'94), p. ij8. — Le peintre de Feldmoching a représenté sur le ventre de la Vierge le petit Jésus, et sur le ventre de sainte Elisabeth le petit saint Jean ; les deux petites figures sont nues et entourées d'une « gloire » amandiforme; saint Jean s'agenouille devant Jésus, ([ui le bénit. Des représentations analogues sont fréquentes dans l'art français, flamand, allemand, aux XV* et xvi'^ siècles : cf. par exem[)le une tapisserie du musée de Fribourg-en-Brisgau, un dessin de livre d'esquisses publié par L. Rosenthal [Catalogue de livres rares, n" 100, p. .328), un vitrail de Jouy, près Reims, un tableau du musée de Lyon cité par Didron [Manuel d'iconocjr. chrét., p. 157), etc. « Dès qu'Elisabetli, dit saint Luc, s'entendit saluer par Marie, l'enfant quelle portail dans son sein tressaillit, exullavit in utero ejus. » Les naïfs artistes du Nord ont voulu montrer ce tressaillement ; je ne crois pas que les Italiens l'aient osé. A partir du xvi*" siècle, dit Hager, on se contente en Allemagne de peindre sur le ventre d'Elisabeth et de Marie, les noms de Jean et de Jésus entourés d'une gloire : liber derartiye Stiche Klauhers in Auçjshoury macht sich noch der Verfasser der Reise durcli den bayerischen Kreis 1784 (s. 103) lusli;/.
119. Sciireiber, n° iOli. Gravure incunable, de la collection Schreibcr. Marie, debout, couionnée et nimbée, couvre de son manteau onze petits personnages, cinq d'un côté, six de l'autre. D'après Schreiber, cette gravure aurait été faite à Ulm, vers 1475.
120. Galerie de Schleissheim [Kalaluy, l'JOo, p. 42, n<* I.'IO . Muter omnium ; panneau. « Obei'deutsch um 1480. » Cette peinture proviendrait tlun couvent de Passau.
121. A la cathédrale, dansla chapelle Sainte-Apollonie, grand tableau, (' Ilauptbild (ier Mihichener Scliule um l'ilO ». Deux anges couronnent
CATALOGLE 193
la Vierge; deux autres soutiennent son manteau, sous lequel sont agenouillés à droite, les clercs, à gauche, les laïques. Devant la Vierge sont agenouillés à di'oite, un chanoine (le donateur), à gauche, la famille de ce chanoine. Au-dessous ce distique :
Tu quae sola potes aeteriii niiniinis irain Fleclere, virgineo nos teye, Diva, sinii.
Cf. Die Kunsldenkinale lies Kônifjreichs Bai/ern, 1, p. 986, pi. 142.
122. Tableau de l'école de Munich, sur bois, daté de 1")04, autrefois dans l'église des Franciscains, aujourd'hui au Musée national bavarois, salle XVI, n" 331.'^. Sous le manteau sont agenouillés un chevalier en armure et sa femme. Les armoiries sont celles de la famille bavaroise des Haslang (renseignements dus à M. J. A. Mayer, conservateur du Musée bavarois).
123. Burghaufien. — Fresque dans la chapelle bàlievei's 1480 par George le Riche, dans le château de Burghausen (dans la Haute-Bavière, sur la rive gauche de la Salzach). M. Lehmann [op. cit., p. 213), auquel j'emprunte cette indication, dit que la fresque a été restaurée et que les personnages agenouillés sous le manteau de la Vierge portent des perruques.
124. Ingolstudt . — Eglise Notre-Dame, peinture-retable du grand autel, dédié en 1572, œuvre du peintre Hans Mielich et du menuisier Hans Wiszreiter (décrit et reproduit dans Die Kunstdenkmale des Kônigreichs Baiern, I, p. 30, pi. 7 . Dans le ciel, la Vierge, qui est, comme on sait, la patronne de la Bavière, avec l'Enfant ; le manteau de la Vierge s'étend sur ([uatre saintes et sur la famille de l'électeur de Bavière, Albert.
125. Saint- Jodock. — Fresque représentant la Vierge de Miséricorde, signalée par Lehmann, op. cit., p. "211.
MOUAVIE
126. Olniutz. — Relief en pierre, du commencement du xvi'" siècle. Il se trouvait autrefois (jusqu'en 1802) sur la porte du clocher de la Liebfraukirche, église aujourd'hui détruite. Dans le courant du xix" siècle, il a été à deux reprises restauré et repeint. Mater omnium, dont le manteau est porté par deux anges; le pape et l'empereur de profd, les autres priants de face. La Viei'ge de grandeur naturelle. Cf. Reber et Bayersdorfer, Skulplurenschatz, IV, n° 486; mieux dans Nowak, Kirchliche Kunst-Denkmale aus Olmiitz (Olmutz, 1890), t. I, pi. IV.
PiîiiuuiziiT. — Lu Vierge de Miséricorde. 13