‹ La vierge du LibanChapitre 22 sur 41 · Les Français · texte numérisé non relu

Les Français

renforts, et la montagne n’a pas bougé.... On a peur! Plus près d'ici, entre Éden et Mar-Antoun, on a entendu des coups de fusil. J’ai su chez l’émir que les Druses ont brûlé les oliviers des Maronites et que les Maronites ont coupé les mûriers des Druses. On a rasé deux maisons et tué trois femmes.,., c’est tout!

— Et voilà, s’écria Bender en se levant 'avec impétuosité, voilà comment on perd les meilleures causes!... Au moment oji il faudrait s’unir davantage, se diviser encore! Le fils de la femme est un être stupide !

— Et ici, dit Mirane, qu a-t-on fait?

— Ici, reprit le cheikh, tout est bien : on' est prêt. Ma tribu et deux autres encore n’attendent qu’un signal; on s’est compté et l’on s’est trouvé lidèle. Si chacun fait son devoir comme nous, il n’y aura bientôt plus qu’un drapeau sur le Liban.

— Dieu t’écoute ! dit Mirane. Et le Renard ’?

— Les lions n’eu ont pas peur, dit le cheikh.

— Il peut être dangereux !

— On lui demandera des gages !

— Eh! c’est lui qui a les nôtres....

— Tu as raison! dit Bender en mordant sa moustache; mais, quand il nous aura vus à l’œuvre, il n’osera plus nous trahir. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est le combat.... et bientôt.... Je voudrais rencontrer demain le drapeau rouge et le croissant à l’étoile d’argent 1 ! »

Benderparlait encore, quand Ismaïl, dont les sens avaient la finesse aiguë d’un sauvage, se leva tout à coup.... <r Écouteï! dit-il, j’entends du bruit au dehors.... On dirait un galop lointain. » Tous se baissèrent pour mieux prêter l’oreille... .'Ce fut d’abord comme une sourde cadence sur le sol, où bientôt l’on distingua le rhythme accentué d’un galop de cheval.

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