‹ La vierge du LibanChapitre 25 sur 41 · C’est ce que les Druses appellent Mula-Durassin · texte numérisé non relu

C’est ce que les Druses appellent Mula-Durassin

2. Littéralement ignorant ; c’est le nom que les initiés donnent à

ceux qui ne- le sont pas. <

* As-tu le hors.e‘? continua le prêtre.

— Vois plutôt! »

Le néophyte entr 'ouvrit sa tunique , et l’on put apercevoir L'image d’un jeune veau , sculptée dans une pierre noire qu’il portait sur sa poitrine. »

Le cheikh il N’goum s’approcha, examina la pierre attentivement, et se retournant vers le prêtre : « C’est bien le horse des jrufficks , lui dit-il. . .

— Je vois, dit le prêtre, que tu as une partie des con? ditions requises pour l’initiation : tes intentions sont droites, et tu t’es soumis aux formes; c’est quelque chose, mais ce n’est pas tout. Tu as la foi : as-tu la .science ?

— L’homme n’a pas la science, Hackem seul la possède.

— As-tu travaillé pour l’acquérir ?

— Toute ma vie est un travail !

— Récite-moi le symbole des Druses. »

Amin se recueillit un instant, et, en quelques mots, prononcés d’une voix ferme, il résuma toute" cette antique et secrète doctrine des Druses, mélange bizarre de* vérités et d’erreurs, encore inconnue à l’Europe.

« Dieu , grand et unique , a créé le monde de rien. Sa première création fut celle des esprits; il fit l’esprit libre, et l’esprit enfanta le Verbe ; puis l’esprit commit le péché, et alors Eblis (le diable) naquit de l’esprit et du péché. Mais ce fut le Verbe qui fit le ciel et la terre. Après une lutte contre Dieu, Éblis, fils du péché, fut précipité du ciel, et en tombant creusa de son poids, dans les entraiHes du globe, l’abime de l’enfer. Quand le monde fut créé , Dieu lui-même l’appela le monde des esprits; toutes les âmes du genre humain furent créées au commencement, et immortelles ; il n’est pas possible d’en diminuer ou d’em augmenter le nombre ; il restera le même dans toute l’éternité, et montant et descendant, elles viennent dans les

1. Sorte d’idole, qui semble 'être un souvenir du veau d’or des Hébreux , conservé, tout en s’altérant, dans les traditions mystérieuses de l’Orient, avec bien d’autres débris du passé

corps, tabernacles périssables des âmes, qui ne sauraient périr. L’homme fut le cachet de la création et la dernière - œuvre de Dieu ; après lui , Dieu se feposa et ne créa plus rien; mais il ordonna à l’étoile, œil du ciel, de le suivre d’un doux regard et de veiller sur sa destinée. Plusieurs fois Dieu se manifesta aux hommes en leur disant : « Ne suis-je pas votre Dieu? » Et les hommes crurent à l’unité du Très-Haut, et ils n’eurent plus d’excuse quand ils péchèrent; mais Dieu, pour l’expiation du péché, créa le repentir et le châtiment, (leux que Dieu assistale plus particulièrement furent appelés prêtres et prophètes, et Dieu leur indiqua le sentier de la vérité , a lin qu’ils pussént y conduire les autres. Mais tomme il y eut de vrais prophètes, il y en eut aussi de faux. Les vrais prophètes apparurent h certaines époques marquées d’avance.

a Le premier de ces prophètes, ce fut Neé, qui naquit après les mille ans pendant lesquels la loi d’Adam fut valable, et qui trouva dans Wahé, le livre saint, la différence du bien et du mal. Le déluge ayant rassemblé les hommes, il fut possible h Moïse de leur imposer sa foi en un seul Dieu. . •

« Le second des prophètes fut Abrahanï, père des Arabes, et ensuite des Juifs.

« Le troisième fut Moïse, qui, « son tour, fut suivi d’Ézahiah, d’Hezékiah, de Nathaniel et de Daniel.

« Parmi les docteurs, il faut citer Pythagore, qui entendait les nombres se mouvoir harmonieusement ; Platon et Aristote.

« Après eux vint Iça 1 , fils de Joseph, accompagné de ses quatre apôtres : Jean, Mathieu, Marc et Luc. Il s’établit comme seigneur et Messie.

« Plus tard apparut Mohammed , portant le cimeterre d’une main, et de l’autre le livre de l’Islam, dont les feuillets, rassemblés par lui, furent écrits par les auges.

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