‹ La vierge du LibanChapitre 5 sur 41 · La Cœlésyrie · texte numérisé non relu

La Cœlésyrie

tion, pauvres l>rebis errantes sous la conduite d'un solitaire, plus grand devant Dieu que devant les hommes, le bienheureux Maro, qui pour étendard portait une croix, nous ne primes qu’une faible portion du Liban, au pied cfes cèdres, à peine ce qu’il nous fallait pour vivre. Nous ne cherchions point la conquête; nous ne demandions point la domination. Notre royaume n’est pas de ce monde. Nous ne souhaitions que l'indépendance et la paix.

— Et vous ne l’avez jamais eue, dit Achmet, et vous ne l’aurez jamais.

— Il est vrai, repartit le chrétien, que vous autres, ado-

rateurs de Hackem et ennemis de Jésus , vous nous avez plus d’une fois pillés. Mais nous avoirs toujours su nous défendre. Quant aux Turks, sans raison, sans motif, sans prétexte, parce que nous sommes chrétiens, ils nous rançonnent à merci. A chaque saison nouvelle c’est une nouvelle exaction. N’est-ce pas pour nous qu’ils ont créé ce mot d’avanie 1 par lequel ils expriment le traitemept qu'ils nous infligent ? ..

— La vérité parle avec toi, dit Zebdani. Mais la persécution ne vous a point porté malheur. Vous avez grandi sous le bâton, et, comme les fils d’Yacoub* et d’ibrahim*, vous avez multiplié à l’égal, des grains de sable de la mer. Aujourd’hui vous occupez tout le nord de la-montagne, et vous gardez la mer entre Djébeil et Tripoli.... Si une fois vous osiez. . , . si vous vouliez. . . . *

— Vous ne pouvez rien, dit Achmet, ni les uns ni les autres. Les montagnes qui font votre force font aussi votre faiblesse.... Votre nation est petite et votre terre est grande. L’ennemi est entre vous.... et il écrase celui qui bouge.*., tout yous sépare; rien ne vous réunit I *

Achmet parlait encore, lorsque tout à coup nous enten-

t. Ce mot est en effet d'origine turque.

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