‹ La vierge du LibanChapitre 8 sur 41 · Sorte de manteau oriental · texte numérisé non relu

Sorte de manteau oriental

quoi ne ferions-nous pas aujourd’hui ce que les Grecs ont ftit il y a vingt ans ?

— Ibrahim est mçûns désintéressé que le sultan des

Frandgés 1 , fit le chreikh en secouant la' tête; vous aurez vaincu pour lui. \

— Gu il aura vaincu pour nous.

— Dieu est grand! dit le cheikh, et dl alluma un troisième chibouque.

— En tout cas, poursuivit la jeune femme, tü sais que, pour le 25 du mois de séfer, chaque cheikh est tenu d’envoyer dix hommes à la source d’Aïn-Kéri ; c’est le lieu du Tendez-vous.

— Mirane, dit Amin, je serai un de ces hommes.

— • C’est bien, dit Mirane ; j’y compte.

— Depuis quand, s’écria le cheikh d'une voix tremblante de colère, depuis quand les fils se permettent-ils de parler devant leur père?

— Depuis que les pères ne veulent plus parler pour leurs fils, » répondit le jeune homme en se plaçant en face du cheikh.

Mirane le regarda ; il rougit et se tut.

Yôusouf et Zebdani avaient assisté à l’entretien dans un recueillement profond, œil sans regard, bouche sans parole, et comme perdus dans leurs pensées.

Tout à coup ils se levèrent, et s’approchant de la jeune fille:

« Celui-ci est Maronite, dit Zebdani en montrant Yousouf, et moi je suis Druse. C’est la première fois que nous te voyons, et tu viens de lire dans notre âme à tous deux. Ce que tu dis, c’est ce que pensent, c’est ce que veulent nos tribus. Tu ne nous connais pas, mais depuis longtemps nous te connaissons : ton nom est dans le cçeur de tous ceux qui aiment le Liban, et sur les lèvres de tous ceux qui veulent son indépendance. Tes paroles ne sont

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