‹ La vierge immaculée [microforme]Chapitre 18 sur 79 · ANCIENS · texte numérisé non relu

ANCIENS

La Bulle Ineffabilis proclamant le Dogme de l’Immaculée Conception continue ainsi: « Cette innocence

par l'Esprit-Saint, est Ja col la vérité, n'a Jamais cessé d lopper, de la féconder toujou:

qu'elle fût entrée profondément dans le cœur des Fidèles, merveilleusement Propagée dans le monde catholique par le soin et le zèle des pontifes, c'est ce que l'Eglise elle-même mit dans un grand jour lorsqu'elle n'hésita pas à Proposer Ja Conception de Ja sainte Vierge au culte publie et à la vénération des fidèles.

Par ce fait éclatant, elle présenta la Conception de la sainte Vierge comme une conception spéciale, merveilleuse, bien différente de l'origine des autres hommes et tout à fait sainte et vénérable: car l'Eglise ne célèbre de fêtes que pour les Saints. Aussi at-elle coutume de se servir des paroles mêmes que les divines Ecritures emploient pour parler de la Sagesse incréée, et pour représenter son origine éternelle, en les appliquant, dans les offices ecclésiastiques et la sacrée liturgie, à l'origine de cette même Vierge, qui avait été, dans les conseils de Dieu, l'objet du même décret que l'Incarnation de la Sagesse divine,

«Toutes ces croyances, toutes ces pratiques reçues Presque partout parmi les fidèles, prouvent déjà quelle sollicitude l'Eglise romaine, mère et maîtresse de toutes les Eglises, a montrée pour la doctrine de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge; toutefois les actes éclatants de cette Eglise méritent assurément d'être mentionnés en détail, en raison de la haute dignité et de la grande autorité qui doivent lui être incontestablement reconnues, puisqu'elle est le centre de la vérité et de l'unité catholique; que chez elle seule la religion a été inviolablement gardée, et que c’est d'elle que toutes les autres doivent recevoir la tradition de la Foi. Or, cette même Eglise romaine n'eut rien de plus à cœur

que d'employer les moyens les plus persuasifs pour établir, pour prouver, pour propager, pour défendre le

culte et la doctrine de l'Immaculée Conception. Nous en voyons un témoignage évident et manifeste dans les actes si nombreux et si remarquables des Pontifes romains, nos prédécesseu

du Prince des A

Jésus-Christ lui-

universelle,

« En effet, nos Prédécesseurs se sont fait gloire d'instituer dans l'Eglise romaine, en vertu de leur autorité apostolique, la fête de la Conception, et d'augmenter le culte déjà établi Par un office spécial et une messe propre, où la prérogative de l'exemption. de la souillure Griginelle était aflirmée de la manïère la plus manifeste ; de le rendre plus éclatant,

. de le développer, de l'enrichir, soit en accordant des indulgences, soit en Permettant aux villes, aux provinces et aux royaumes de choisir Pour patronne la Mère de Dieu, invoquée sous le titre de sa Conception Immaculée ; soit el les congrégations, l'honneur de l’Imm

inême Immaculée Où qui s’engageraient éfendre énergiquement,

la Conception Immaculée de la bienheureuse Mère de Dieu. De plus, ils se sont grandement réjouis de décréter qu'une fête de la Conception serait établie dans toute l'Eglise, du même rite et du méme degré que la fête de la Nativité; que la même fête de la Conception serait célébrée par l'Eglise universelle avec octave, puisqu'elle serait mise au rang des fêtes de précepte et saintement observée partout ; et que, chaque année, dans notre basilique patriarcale Libérienne, il y aurait chapelle pontificale le jour consacré à la Conception de la Vierge; et, désirant faire pénétrer de plus en plus dans le cœur des fidèles cette doctrine de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu et stimuler leur piété à honorer et vénérer la Vierge elle-même, conçue sans la tache originelle, ils se sont empressés d'accorder la faculté de proclamer dans les Litanies de Lorette et à la préface de la Messe, la Conception Immaculée de cette même Vierge, en sorte ‘que la loi de la croyance fût établie par la loi même de la prière. Nous attachant donc à suivre les traces de nos illustres Prédécesseurs, non seulement nous avons approuvé et reçu ce qu'ils ont si pieusement et si sagement établi, mais encore, nous souvenant de l'institution faite par Sixte IV, nous avons revêtu de notre autorité l'Office propre de l’Immaculée Conception, et nous en avons, avec une très grande joie, accordé l'usage à toute l'Eglise.

« Mais comme toutes les choses qui appartiennent au

culte sont unies par un lien intime avec leur objet, et comme elles ne Peuvent demeurer fixes et stables si cet objet est lui-même incertain et donteux, pour cette raison, nos Prédécesseurs, les Pontifes romans, appliqués à développer le culte de la Conception, ont employé tous leurs efforts à expliquer et à inculquer son objet et sa doctrine. En effet, ils ont clairement et manifestement enseigné que c'est de la Conception de la Vierge qu'on célèbre la fête, et ils ont proscrit comme fausse et absolument contraire à l'esprit de l'Eglise, l'opinion de ceux qui soutenaient et affirmaient que ce n'était! pas la Conception même, mais la sanctification de la Vierge que l'Eglise honorait. Il ont jugé ne pas devoir être moins sévères envers @eux qui, pour ébranler la doctrine de l’Immaculée Conception de la Vierge, imaginant un intervalle entre un Premier et un second instant de la Conception, prétendaient qu'en effet on Célébrait la Conception, mais non pas dans son premier instant et son premier moment. En effet, nos Prédécesseurs on cru devoir soutenir et défendre avec tout le zèle possible, et la fête de la Conception de la bienheureuse Vierge, et ‘la Conception dans son premier instant, comme étant le véritable objet du culte. De là ces paroles décisives de notre Prédécesseur Alexandre VIL, par lesquelles il à fait connaître le véritable

sentiment de l'Eglise, quand il dit: «Elle est certainement ancienne, la piété des fidèles de Jésus-Christ <nvers sa bienheureuse Mère la Vierge Marie, qui croient que son âme, dès le premier instant de sa création et de son infusion dans le corps, fut, par un privilège et une grâce spéciale de Dieu, en vue des mérites de Jésus-Christ son Fils, Rédempteur du genre humain, conservée pure de la tache du péché originel, et qui célèbrent en ce sens, d'une manière solennelle, la Fête de sa Conceptian, »

«Nos Prédécesseurs eurent surtout à cœur d’emploj c: tous leurs soins, toute leur attention et tous leurs efforts po Conserver dans toute son intégrité la doctrine de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Car, non seulement ils n'ont jamais souffert que cette doctrine fût censurée et méprisée par qui que ce fût et d'aucune manière, mais ils ont été bien plus loin, en déclarant, très nettement et à plusieurs reprises, que la doctrine que nous professons relativement à l'Immaculée Conception était entièrement d'accord avec le culte de l'Eglise, qu’elle devait être considérée avec raison comme telle, et comme l'ancienne <t presque universelle doctrine que l'Eglise romaine s'est chargée de maintenir et de défendre, et qui est tout à fait digne d'être employée dans lu sacrée liturgie elle-même et dans les prières solennelles, Ce n'est pas tout; pour que la doctrine de l'Immaculée

Conception de la sainte Vierge demeurât intacte et. inviolable, ils défendirent très sévèrement de soutenir, soit en public, soit en Particulier, l'opinion contraire, et en lui faisant, Peur ainsi dire, des blessures multipliées, ils voulurent la détruire entièrement. Pour que ces déclarations réitérées et si claires eussent leur plein effet, ils ajoutèrent une sanction que nous retrouvons avec tout ce qui précède, dans ces paroles de notre glorieux Prédécesseur, Alexandre VII.

« Considérant que la sainte Eglise romaine célèbre solennellement la fête de la Conception Immaculée de Marie toujours Vicrge, et. qu'elle à composé autrefois en son honneur un office! Propre et spécial dû à la pieuse et louable institution de notre Prédécesseur Sixte IV; et voulant, à l'exemple de nos Prédécesseurs, les Pontifes romains, favoriser cette pieuse dévotion, cette fête et ce culte ainsi réglés et auxquels depuis leur institution aucun changement n'a été apporté dans l'Egtise romaine ; vouisnt, en outre, protéger cette piété et cette manière spéciale d'honorer et de gloritier la très sainte Vierge Marie, préservée du péché originel par la grâce prévenante du Saint-Esprit, et désirant conserver dans le troupeau de Jésus-Christ l'unité de l'esprit dan le lien de la paix, en apaisant les disputes et les querelles et en éloignant les scandales; à l'instance et aux prières des évêques susnomiués et de leurs chapitres, du roi Philippe et de ses

Culièrement par Grégoire XV, en faveur de la doctrine qui soutient

la bienheureuse Vi

dans son infusion

Porte sous quel autre pré- Occasion, par écrit ou de vive

voix, oseraient parler, prêcher, exposer, discuter, en précisant, ou en affirmant quelque chose de contraire, soit en opposant des arguments qui seraient laissés sans solution, ou en traitant d'une manière quelconque, que nous ne pouvons pas imaginer en ce moment; pour tous ceux-là, outre les peies et censures contenues dans les constitutions de Sixte IV, auxquelles nous voulons qu’ils soient soumis et nous les soumettons par les présentes, nous voulons encore que, par le in£me fait et sans autre déclaration, ils soient privés de la faculté de prêcher, de faire des leçons publiques ou d'enseigner at d'interpréter, ainsi que de de toute voix active et passive dans les élections quelconques, et, en outre, que sans autre déclaration, ils encourent par le fait même les peines perpétuelles d'inhabileté à prêcher, à faire des leçons publiques, à enseigner et interpréter, desquelles peines ils ne pourront être absous ou dispensés que par Nous-même ou nos successeurs, los Pontifes romains, et nous voulons anssi qu'ils soient pareillement soumis aux autres peines qui doivent être ifligées par nous et les mémes Pontifes romains, nos successeurs, comme nous les sourrettons par, les présentes, renouvelant les constitutions rt les décrets sus-mentionnés de Paul V et de Grégoire XV.

«Et quant aux livres dans lesquels le sentiment en question, ainsi que la fête ou le culte qui l'ont pour

fondement, est révoqué en doute, ou dans lesquels on aurait écrit où on lirait quoi que ce fût, ainsi qu'il est dit plus haut, contre lui, ou qui renferment des propo-itions, des discours, des traités et des discussions qui le combattent ; s'ils ont été publiés après le décret de Paul V ou s'ils venaient à être publiés à l'avenir d'une inanière quelconque, nous les défendons sous les peines et les censures contenues dans l'Index des li-

vres prohibés, et nous voulons et ordonnons que, par le fait même et sans nouvelle déclaration, ils soient considérés comme expressément défendue, »

«De plus, tout le monde sait avec quel zèle cette doctrine de la Conception Immaculée de la Vierge

Mère de Dieu a été enseignée, affirmée et défendue par les Ordres religieux les plus illustres, par les académies théologiques les plus célèbres et par les doeteurs les plus versés dans la science des choses divines, Tout le monde sait également jusqu'à quel point les évêques ont montré de sollicitude à professer ouvertement et en public même, dans les assemblées ecclésiastiques, que la très sainte Vierge, Mère de Dieu, en vue des mérites du Rédempteur, Jésus-Christ Notre-Seigneur, n'a jamais été soumise au péché originel, mais qu'elle en a été entièrement préservée et ainsi rachetée d’une manière plus spéciale. A ceci vient s'ajouter cette considération très grave et qui l'emporte sur toutes les autres, que le Concile de Trente

lui-même, lorsqu'il a rendu sur le péché originel son décret dogmatique par lequel, d'après le témoignage des Ecritures sacrées, des saints Pères et des Conciles les plus accrédités, il établit et définit que tous les hommes naissent infectés de la faute originelle, a toujours déclaré solennellement qu'il n'était pas dans son intention de comprendre dans son décret et dans la si grande étendue de ga définition la bienheureuse et Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu. En effet, par cette déclaration, les Pères du Concile de Trente ont insinué suffisamment, eu égard aux circonstances des temps et des lieux, que la très sainte Vierge est affranchie de la tache originelle, et ils ont fait comprendre clairement qu'on ne saurait rien tirer légitimement, soit de l'Ecriture sainte, soit de la tradition et de l'autorité des saints Pères, qui s'oppose, en quelqne façon que ce soit, à cètte éminente prérogative de la Vierge.

«Et, en réalité, que cette doctrine de l’Immaculée Conception de la très sainte Vierge, développée chaque jour avec plus de puissance et d'éclat par le sentiment le plus profond de l'Eglise, par l'enseignement, par l'étude, par la science et la sagesse, déclarée, confirmée et merveilleusement Propagée chez tous les peuples et toutes les nations de l'univers catholique, ait toujours

éme Eglise, comme reçue des ancêtres et revêtue du caractèrc de doctrine révélée,

c'est ce qu'attestent avec la plus grande force les plus illustres monuments de l'antiquité de l'Eglise orientale <t occidentale. En effet, l'Eglise, de Jésus-Christ, vigilante gardienne et vengeresse des dogmes déposés dans son sein, n’y change jamais rien, n’en diminue rien, n'y ajoute rien; mais traitant les ancicns dogmes avec attention, fidélité et sagesse, elle s’applique à limer et à polir ce qui a été indiqué anciennement et <e que la foi des Pères a semé, de manière que les anciens dogmes acquièrent de l'évidence, de la clarté, de la précision, mais qu'en même temps ils retiennent leur plénitude, leur intégrité, leur propriété, et qu'ils croissent seulement dans leur genre, c'est-à-dire dans le même dogme, dans le même sens, dans le même sentiment, »

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