‹ La vierge immaculée [microforme]Chapitre 26 sur 79 · Ÿ 2 QE ER ERDE NAS PRIOR · texte numérisé non relu

Ÿ 2 QE ER ERDE NAS PRIOR

nous avons défini, que ceux-là apprennent et sachent bien qu'ils sont condamnés par leur propre jugement, qu'ils ont fait naufrage dans la foi et qu'ils n’appartiennent plus à l'unité de l'Eglise, et de plus, qu'ils attirent, par le fait, sur eux les peines portées par le droit, s'ils osent manifester leur sentiment intérieur, par paroles, écrit, ou tel autre signe extérieur que ce soit.

« Notre bouche est remplie de joie et notre langue, d'allégresse : nous rendons et nous rendrons toujours de très humbles et de très grandes actions de grâce à Jésus-Christ Notre-Seigneur, de ce que, par un bienfait insigne, sans mérite de notre part, il nous a accordé d'offrir et'de décerner cet honneur, cette gloire et cette louange à sa très sainte Mère. Nous avons la plus ferme espérance, la confiance la plus entière, que la bienheureuse Vierge, elle qui, toute belle et immaculée, a écrasé la tête venimeuse du cruel serpent, et apporté le salut au monde, elle qui est la louange des

* prophètes et des apôtres, l'honneur des martyrs, la

joie et la couronne de tous les saints, le refuge le plus assuré et le secours le plus fidèle 'e tous ceux qui sont dans le danger, la médiatrice et l'avocate la

plus puissante de l'univers entier auprès de son Fils unique, elle qui, ornement et honneur le plus éclatant et rempart le plus solide de l'Eglise, a toujours anéanti toutes les hérésies, a arraché les nations aux

calamités les plus grandes et les plus diverses, et nous a délivré nous-même de tant de perils menaçants, voudra bien procurer, par son très puissant patronage, que toutes les difficu és étant aplanies, toutes les erreurs vaincues, notre sainte mère l'Eglise catholique prospère et fleurisse de plus en plus chaque jour, chez tous les peuples et dans tous les lieux ; qu'elle règne d’un océan à l'autre jusqu'aux dernières limites du monde et jouisse d'une paix entière, d’une tranquillité et d’une liberté parfaites ; que les coupables obtiennent pardon; les malades, guérison ; les faibles,

courage ; les affligés, consolation ; ceux qui sont en danger, secours ; et que tous ceux qui sont dans l’er. reur, après avoir dissipé les ténèbres de leur esprit,

reprenrent le sentier de la vérité et de la justice, et quil n'y ait plus qu'un troupeau et qu'un pasteur.

« Que les paroles que nous prononçons soient entendues de tous nos très chers fils de l'Eglise catholique, et qu'avec un zèle de piété, de religion, et d'amour toujours plus ardent, ils continuent à honorer, à invoquer, à supplier la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, conçue sans la tache originelle, et que dans tous les périls, angoisses et nécessités, dans toutes Lurs incertitudes et leurs craintes, ils aient recours, avec une entière contiance, à cette très douce Mère de miséricorde et de grâce. Car, il n'y a rien à

PALAU |

craindre, il n’y a pas à désespérer sous la conduite, sous les auspices, sous la protection, sous le patronage de Celle qui, ayant pour ‘nous un cœur de mère et prenaut en main l'affaire de notre salut, étend sa sollicitude sur tout le genre humain, et qui, établie par le Seigneur Reine du Ciel et de la terre, élevée audessus de tous les chœurs des Anges, de tous les rangs des Saints, assise à la droite de Notre-Seigneur Jésus- Christ, obtient infailliblement ce qu’elle demande par ses prières maternelles, trouve ce qu'elle cherche et dont l'attente ne peut être frustrée. .. »

« Le Cardinal-Doyen, prosterné aux pieds du Souverain Pontife, le remercia, autnom de l'Eglise universelle, du décret qu'il venait de rendre et le supplia de le publier par Bulle authentique. Le promoteur de la foi, accompagné des Protonotaires Apostoliques, s’approcha du trône pontifical et pria le Souverain Pontife d'ordonner qu'il fût dressé un procès-verbal de cette définition. Le Saint-Père accéda à cette demande. Cependant le canon du fort Saint-Ange et les cloches de la Ville éternelle annonçaient à la Ville et au monde, le triomphe de Marie. Après l'Zte Missa est, on chanta le Te Drum et la Bénédiction Pontificale vint clore cette incomparable cérémonie ().»

« Mais si la publication de la Bulle Ineffabilis

(1) Histoire de l'E lise,

fut accueillie partout avec une explosion de joie universelle, cependant nulle pert dans l'Eglise, cette joie pe se fit plus vivement sentir que dans l'Ordre Séraphique; aussi, le jour même du triomphe de Marie, pendant que le Souverain Pontife se dépouillait des ornements sacrés, on vit venir vers lui deux Religieux, deux chefs de la grande Famille de saint François, le Ministre Général des Frères Mineurs et celui des Conventuels. Ils se prosternèrent à ses pieds, l'un tenant une branche de lis d'argent, l’autre, une branche de lis d'or; ils les présentèrent au Saint-Père, comme un faible hommage de la reconnaissance de la Famille franciscaine, pour la gloire nouvelle qu'il venait de donner à la Patronne spéciale de leur Institut, par la consécration définitive imprimée à une croyance qui fut toujours le plus cher patrimoine de ses Docteurs, de ses Ecoles, et de ses Saints (1).

« Le surlendemain, 10 décembre, avait lieu, en présence des Evêques et des Cardinaux, la nouvelle consécration .de Saint-Paul-hors-des-murs. Cette Basilique, consacrée à l’Apôtre des nations, avait été élevée d'abord par Constantin, puis restaurée et agrandie par Valentinien, par Théodose, par Arcadius et Honorius. Les Souverains Pontifes l'avaient magnifiquement. ornée et enrichie; elle pouvait être considérée comme

(1) Aur. Sér., Tom, IV.

une œuvre admirable de grandeur et de beauté artistique. En 1821, un incendie l'avait presque totalement anéantie, Léon XII, Pie VIII et Grégoire XVI, poussés par leur amour pour le grand Apôtre, n'avaient rien de plus à cœur que de réparer de « grandes ruines. Dans ce sentiment, ils n'avaient épargné ni soins, ni conseils, ni dépenses. Grégoire XVI avait vu s'élever les murs et les colonnes du tempie; il avait été assez heureux pour en consacrer le maître-autel. C'est à Pie IX que la divine Providence avait réservé de donner à cet édifice grandiose, par des rites solennels, la consécration définitive.

«Ainsi se terminait à Rome, la solennité de la Définition dogmatique de l’Immaculée Conception. Mais au moment où elle s'achevait dans la Ville éternelle, elle sc renouvelait dans toutes les églises de la chrétienté. Cette définition fut accueillie partout avec un élan de joie; partout se célébrèrent de pieuses fêtes que couronnaient de splendides illuminations, symbole expressif de la pure lumière que cette définition répandait sur le monde. Les plus humbles des plus humbles hameaux imitèrent, proportion gardée, l'empressement religieux des grandes villes. Des collèges, des congrégations, des diocèces furent spécialement consacrés à la Vierge Immaculée. Les âmes saintes sentirent redoubler leur amour pour la Vierge et s'accroître en elles le désir d’imiter ses vertus. Par là comumeuçaient

à s'accomplir les vœux ardents de l'illustre Pontife qui attachait À la définition de la Conception Imma-

<culée de Marie, Mère de Dleu, les plus grandes <spérances.

Page 1