MIRACULEUSE — LA PREMIERE GUÉRISON
Lrsque, par hasard, Bernadette sortait dans la rue, la foule s'empressait autour d'elle: on l'arrétait À tout pas; chacun voulait entendre de sa bouche le détail des Apparition, Plusieurs, au nombre desquels M. Dufo, avocat, un des hommes éminents de ce pays, la firent venir et l'interrogèrent. Ils ne résistèrent pas à la secrète puissance que la Vérité vivante mettait en ses paroles.
Beaucoup de personnes se rendirent dans la journée chez las Soubirous Pour entendre les récits de Bernadette. Elle se prétait en toute candeur et complaisance à ces incessantes interrogations : on voyait que rendre témoignage de ce qu'elle avait vu et entendu constituait désormais pour elle sa fonction particulière et son devoir.
Dans un coin de Ja pièce où l'on pénétrait, une petite chapelle, ornée de fleurs, de médailles, d'images pieuses, et surmontée d'une statue de la Vierge, présentait une apparence de luxe et attestait la piété de
cette famille. Tout le reste de la chambre offrait le plus douloureux dénûment : un grabat, quelques mauvaises chaises, une table boiteuse, formaient tout l'ameublement de ce logis, où l'on venait s'informer des splendides secrets du ciel. La plupart des visiteurs étaient frappés et émus par la vue de cette extrême indigence écrite sur toutes choses, et ne résistaient pas à la douce tentation de laisser quelque souvenir, quelque aumône, à ces pauvres gens. Mais l'enfant et les parents refusaient toujours et de telle façon qu'on ne pouvait insister.
Cependant la nuit avait mis fin aux agitations de tant d’esprits si divers, les uns croyant à la réalité de l'Apparition, les autres restant dans le doute, un certain nombre niant résolument.
L'aurore s'était levée, et Bernadette, arrivée devant les Roches Massabielle, venait de s'agenouiller.
Une multitude innombrable l'avait précédée À la Grotte et se pressait autour d'elle. Bien qu'il y eût là bon nombre de sceptiques, de négateurs et de simples curieux, un religieux silence s'était fait tout à coup dès qu'on avait aperçu l'enfant, Un frisson, une commotion étrange avait Passé sur cette foule. Tous, Par un instinct unanime, les incrédules comme les croyants, s'étaient découvert le front. Plusieurs s'étaient
agenouillés en même temps que la fille du meunier. En ce moment, l'Apparition divine se manifestait à
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