‹ La vierge immaculée [microforme]Chapitre 56 sur 79 · PR RER RE P · texte numérisé non relu

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On peut assurément dire d’une paralysie, qu'elle est. fonctionnelle et sans lésion matérielle, d'un mutisme, qu'il est hystérique. Mais, lorsque pendant des années. une suppuration profonde et répétée a profondément. désorganisé les organes si délicats de l'ouïe, détruit de plus les deux tympans et supprimé l'audition, on ne peut parler de troubles nerveux ; la maladie porte sa signature et la lésion se touche du doigt.

Lorsque Céleste Mériel s'est présentée devant nous, absolument sourde, nous avions avec nous le D° Henri Martin, d'Orléans, ancien chef de clinique des Sourds- Muets de Paris, bien familiarisé avec l'étude des maladies de l'oreille. 11 & examiné longtemps les deux conduits auditifs de cette femme, il a constaté la perforation des tympans, les altérations, les boursoufflures des bords. Du reste; Céleste Mériel, bien habituée à toutes les expériences, à tous les examens de ce genre, s'est empressée d'elle-même de fermer la bouche et le nez et do souffler fortement; l'air expiré passait avec bruït par les oreilles.

Le lendemain, elle entendait parfaitement le mouvement d'une montre à 30 centimètres de distance et au milieu de tout le bruit de la clinique. Elle répondait sans effort, sans difficulté, à toutes les questions qui se croisaient autour d'elle. L'état anatomique de .ses oreilles n'était pourtant pas modifié. Les tympans étaient toujours porforés, mais la fonction était.

rétablie. Une vie nouvelle semblait animer la physionomie de cette femme jusque-là si morne, si terne. Elle répondait à toutes les questions avec une vivacité, une intelligence, une netteté dans l'expression et la pensée, qui surprenaient également, Cependant, que n'avait-elle pas souffert depuis huit ans? Au lendemain de son mariage, abandonnée par son mari, sé- Parée de son enfant, jetée sur un lit de l'hôpital, elle avait vu, alors qu'elle n'avait pas encore trente ans, les portes de la Salpêtrière se refermer sur elle,

Depuis six ans dans cet hospice, elle avait été ballottée de service en service, soumise sans résultat aux médications les plus diverses. A plusieurs reprises, on avait essayé de l'hypnotiser, mais toujours sans résultat, car elle était étrangère au monde extérieur. Elle était là sans mouvement, sans voix, sans oreille. Son intelligence survivait seule en elle, et ne pouvait lui servir qu’à comprendre l'étendue de son malheur.

Cette pauvre femme, dont le cœur était fermé à toute espérance humaine, venue à Lourdes sans une amie, sans une parole d'encouragement, déposée sur un lit, comme un être privé de raison, venait de ressaisir santé, force, jeunesse, espérance, de renouer le fl rompu de son existence. Son histoire est bien intéressante, non seulement pour le médecin, mais Pour tous ceux qui, s'élevant au-dessus des conditions matérielles de la vie, cherchent dans le secret des

cœurs le secret des grâces et des faveurs dévolues à chacun.

On le voit, la guérison de Céleste Mériel laisse bien loin toutes les guérisons de nos hôpitaux, Le résultat est autrement net, saisissant. Si, pendant son séjour à la Salpétrière, on avait obtenu sur cette malade une modification aussi profonde, une semblable résurrection, cette observation eût été consignée dans tous nos recueils, dans tous nos journaux de médecine, A Lourdes, nous la laissons dans le groupe des maladies nerveuses, Elle nous paraît insuffisante pour établir la preuve d'une action surnaturelle (1). —(D' Boissarie...)

{1} Nous voyons par là avec quelle rigoureuse sévérité sont examinés et jugées, au Bureau des Médecins à Lourdes, les guérisons même les plus merveilleuses.

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