‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 2)Chapitre 10 sur 46 · DE CES NOUVELLES ÉTUDES. XVII · texte numérisé non relu

DE CES NOUVELLES ÉTUDES. XVII

causé avant que d'écrire, parce qu'en écrivant il se sentait au milieu d'un auditoire connu et dans lequel il pouvait suivre l'efTet produit par ses paroles. C'est là un des avantages que possède sur le prêtre l'écrivain laïque dans la communication de la vérité chrétienne : le prêtre ne connaît, à proprement parler, que les âmes chrétiennes qui vivent selon l'esprit chrétien et qui composent son propre troupeau. Entre lui et les autres hommes il y a une distance que sa voix, comme les leurs, ne peuvent franchir; il n'entend point et n'est point entendu ; il ne peut que malaisément discerner quelle est l'erreur première qui les entretient dans leur aversion pour notre sainte foi, quelle est la forme qu'une influence éphémère adonnée à l'erreur dans leurs esprits; — et si parfois il parvient à les attirer pour un moment parmi les vrais fidèles et à leur faire écouter sa parole, cette parole n'est pas comprise : ils ignorent l'esprit de sa doctrine et les données fondamentales dont le prédicateur expose les conséquences; ils repoussent ses conclusions, parce qu'ils n'ont jamais entendu ses prémisses. Ce sont ces avantages de position qui créent pour les chrétiens capables de rendre raison de leur foi une sorte de ministère et leur confèrent une mission. S'ils savent parler, agir, écrire selon l'esprit chrétien, leur attitude et leur langage étonnent et arrêtent leurs parents, leurs amis, leurs lecteurs; ils inspirent le désir de pénétrer dans le secret de leur conduite et de leurs sentiments ; — ils répondent à un désir en découvrant quelqu'une des pensées qui ravissent leur intelligence, quelqu'une des émotions qui font la joie de leur cœur; et, comme Octavius et Minutius, ils conduisent enfin au prêtre l'ami qui veut devenir leur frère.

XVIir APPRÉCIATION

Bien que la vérité, depuis sa manifestation dans le monde, ait toujours été suivie par le même ensemble d'erreurs et de mensonges, il est cependant vrai de dire qu'une erreur entre toutes les autres affecte presque toujours un siècle ou une génération. Le sujet du scandale et des réclamations des païens, c'était la croix et la vénération dont l'entouraient les chrétiens : le sujet de l'étonnement de beaucoup d'hommes de notre temps, c'est le culte rendu par l'Église à la Mère de Dieu.

Voici, en effet, une dizaine d'années que la vénération singulière et l'amour si tendre des enfants de l'Église pour la Vierge Marie sont devenus des faits publics et attirent l'attention de tous les esprits cultivés. L'annonce de la définition dogmatique touchant l'Immaculée Conception a tenu longtemps le monde en suspens ; ce grand acte, au moment qu'il a été accompli, a remué dans toutes les âmes la joie ou la colère; le retentissement qu'il a eu chez tous les peuples va se prolongeant sans s'affaiblir, et le jour où l'on couronne dans une ville un monument destiné à perpétuer le souvenir de ce triomphe et des acclamations de toute l'Église, on ouvre le sol d'une autre ville pour y sceller la première pierre d'un nouveau mémorial. Toutes les préoccupations se sont donc dirigées de ce côté, et c'est le point de notre foi qui fait le plus souvent le sujet des objections et des controverses. Tous les hommes qui, méconnaissant l'es- . prit de la grandeur de Marie, accusent l'Église d'excès dans le culte qu'elle se plaît à lui rendre, peuvent se diviser en trois classes : les uns appartiennent aux diverses fractions du protestantisme; — les autres, chrétiens par le baptême, sont en réalité étrangers à la foi chrétienne; — les troisièmes tiennent à honneur de .

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