‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 2)Chapitre 11 sur 46 · DE CES NOUVELLES ÉTUDES. XIX · texte numérisé non relu

DE CES NOUVELLES ÉTUDES. XIX

passer pour catholiques, mais soit ignorance, soit calcul, distinguent dans les dogmes ce qu'il faut croire et ce qu'on peut exclure, comme ils distinguent dans les préceptes de la morale ceux qu'on peut enfreindre sans péril d'âme d'avec ceux qu'on ne peut s'exposer à violer. C'est à ces trois groupes d'hommes que s'adresse aujourd'hui M. Nicolas. Il fait à tous une môme réponse, parce qu'il les a entendus tenir à peu près le même langage.

L'Évangile, disent-ils, ne donne pas à Marie la place que vous lui donnez dans l'œuvre de la Réparation de l'homme. Le Sauveur ne se l'associe point, il l'écarté, au contraire; il n'a donc pas voulu le rôle que vous créez pour sa mère. Marie est pour les catholiques un idéal de la vierge, de la mère, de la femme, dans ce qu'elle a de plus pur et de plus noble; Marie est une création du mysticisme, création si récente qu'une définition nouvelle vient à peine de l'achever.

Vous connaissez les faits rapportés par l'Évangile, répond M. Nicolas, mais vous ne connaissez pas l'esprit de l'Lvangile ; vous donnez donc à ces faits une signification et une valeur égale à celle qu'ils pourraient avoir s'ils se passaient dans le monde où vous vivez, et c'est en cela qu'est votre erreur. L'esprit de l'Évangile n'est pas le nôtre ; les appréciations de l'Évangile sont précisément à l'inverse des nôtres; de telle sorte que la doctrine de l'Évangile nous apprend à mépriser ce que vous estimez, et nous fait trouver estimable, grand, sublime, ce que vous dédaignez. Cette distinction entre les deux esprits, les deux valeurs des choses, les deux mondes, une fois établie, — il va de soi que la vie et le caractère de la Vierge Marie doivent être jugés selon l'esprit du monde évangélique dans lequel elle a vécu et pour lequel elle a

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