‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 2)Chapitre 14 sur 46 · DE CES NOUVELLES ÉTUDES. SXIII · texte numérisé non relu

DE CES NOUVELLES ÉTUDES. SXIII

prouve, c'est son adoption par un si grand nombre d'esprits distingués et d'àmes généreuses. Mais si elle a pu être la meilleure, ou si l'on veut, la seule possible, il est aujourd'hui permis de la considérer comme insuffisante. Le besoin qu'éprouvent les âmes, c'est d'être arrachées à elles-mêmes, à l'habitude de vivre, de juger et de jouir parles impressions sensibles. Ce qu'elles demandent, ce ne sont pas des émotions nouvelles provoquées par d'autres objets, mais bien leur dégagement de cette vie des sens qui domine toutes leurs facultés et qui produit tous leurs actes. Le bon moyen de guérir les âmes du sensualisme ne saurait être l'adoption de ses procéilés et de son propre langage. L'art chrétien et la poéyie chrétienne sont les ileurs et non les racines de la vie chrétienne; ils sont des conséquences et non des prémices de l'esprit chrétien. Pour ramener les âmes de l'indifférence à la foi, il faut aujourd'hui un langage plus ferme et plus vrai, et nous sommes convaincu que beaucoup d'hommes attendent cette parole, la sollicitent et s'étonnent de ne la point entendre. Il faut, pour les sauver, produire au grand jour une vérité dogmatique qui a pour conséquence immédiate l'obligation des plus grands sacrifices; il faut donner aux âmes ce heurt vigoureux qui étonna, souleva, mais convertit enfin le premier monde païen, celui d'il y a dix-huit cents ans; il faut dire au nuire : l'esprit chrétien, c'est l'humilité, la pauvreté, la chasteté, c'est la réparation par la pénitence. Cet esprit de l'Evangile est le patrimoine de l'Église; elle seule a le droit et la volonté de faire entendre aux hommes une telle parole. D'autres travaillent à se persuader qu'ils "iont chrétiens, en citant à tout moment la lettre de l'Évangile, lorsque leur doctrine n'est qu'une protestation ouverte contre

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l'esprit de l'Evangile. Mais l'Église seule comprend, estime, possède cet esprit d'humilité, de pénitence, de renoncement qui constitue l'idée chrétienne. Cet esprit qu'elle seule possède, elle l'a répandu dans toutes ses institutions, et les plus importantes d'entre elles, les ordres religieux, ont pour mission de le conserver, de le développer, de l'élever à sa plus haute puissance. Cet esprit fait le caractère inimitable de ses Saints, et en les couronnant, ce sont les vertus d'humilité, de pauvreté, de chasteté, qu'elle couronne et qu'elle exalte.

C'est cette réapparition du véritable esprit chrétien qui nous a fait trouver un grand charme dans la lecture du dernier livre de M. Nicolas, et qui achève de lui donner à nos yeux une singulière valeur. L'effet qu'il produit est d'autant plus sur qu'il a été moins calculé. Son auteur marchait devant soi sans une conclusion préconçue, sans le désir de faire triompher un système, et c'a été pour lui-même une surprise, comme la plus douce des récompenses, de pouvoir s'écrier en achevant son œuvre : Par Marie, Dieu a donné Jésus au monde; par Marie, Dieu manifeste au monde l'esprit de Jésus. Aussi l'a-t-il écrit avec un accent de conviction, avec un amour de son sujet et un bonheur de sa foi qui console et fortifie le lecteur.

On pourra lui reprocher, nous le savons, d'avoir laissé parfois échapper l'expression exacte pour rendre une vérité théologique; on dira peut-être que, dans son désir de montrer comment les auteurs de la prétendue réforme, Luther et Calvin, saluaient eux-mêmes en Marie des prérogatives éminentes et une gloire sans rivale, il a trop souvent écrit leur triste nom auprès du nom à jamais glorieux des Pères de l'Éghsc; on dira encore que ce

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