LA PURIFICATION DE MARIE. 29S
LA PURIFICATION DE MARIE, LA PRÉSENTATION DE JÉSCS ET LA PROPHÉTIE DE SIUÉON.
Quand on lit et qu'on pénètre rÉvangile, comme nous essayons de le faire, on est de plus en plus étonné que les grandeurs de Marie et le culte qui lui est dû soient systématiquement méconnus par ceux-là même qui se piquent d'un zèle exclusif pour ce Livre de notre foi, et on admire comment la lumière même aveugle ceux qui veulent se la faire à eux-mêmes, au lieu de la recevoir.
Chacun des mystères de l'Annonciation, de la Visitation, de FEnfantement de Jésus, que nous venons d'étudier, suffirait seul pour fonder le culte de louange et d'intercession que nous professons pour la Mère de Dieu. Qu'est-ce donc de leur réunion, de leur. suite, de cette divine persistance de TEsprit-Saint à manifester Marie avec Jésus, et à associer leurs destinées?
Pour que nous ne puissions pas nous méprendre à cet égard, Dieu a voulu forcer en quelque sorte notre attention aux mystères de l'Enfance de Jésus et de la Maternité divine de Marie, en les multipliant et en les illustrant par des témoignages célestes et prophétiques qui en fissent ressortir toute l'intention et toute la grandeur.
C'est ce qui nous apparaît dans les trois nouveaux mystères de la Purification de Marie, de la Présentation de Jésus, et de la prophétie de Simôon. « Mystères véné- « râbles, dit Bourdaloue, où nous découvrons ce qu'il y
« a dans notre religion, non-seulement de plus sublime « et de plus divin, mais de plus édifiant et de plus tou- « chant: un Homme-Dieu offert à Dieu; le Saint des « saints consacré au Seigneur; le Souverain Prêtre de la « nouvelle Alliance dans un état de victime; le Rédemp- « teur du monde racheté lui-même; une Vierge purifiée; « et une Mère enfin immolant son Fils : quels prodiges « dans l'ordre de la grâce ! »
Rien n'est plus simple en apparence et plus sublime en réalité que le récit que TÉvatigile nous fait de ces mystères. Il commence ainsi :
;< Le temps de la purification de Marie étant accompli, « selon la loi de Moïse, ils portèrent l'enfant à Jérusa- « lem pour être présenté au Seigneur, selon qu'il est « écrit en la Loi, que tout enfant mule premier-né sera « consacré au Seigneur; et pour offrir en sacrifice, comme « il est ordonné par la même Loi, deux tourterelles ou « deux pigeonneaux. »
Pour rintelligence de ce récit, il faut rappeler ici deux lois que Dieu donna autrefois à son peuple par Moïse, et dont saint Luc n'a pas oublié de faire mention. La première est celle du Lévitique^, d'après laquelle une femme, qui avait mis un enfant au monde, devait être séparée, pendant un certain temps, des choses saintes; c'est-à-dire qu'il lui était défendu, comme à une personne impure, d'entrer dans le temple et de toucher rien de saint, jusqu'au jour de sa purification, qui était le quarante-unième après la naissance d'un fils, et le quatrevingt-unième après la naissance d'une fille. Ce temps expiré, la mère devait se présenter au temple, et offrir
* Lévit., XII.