‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 2)Chapitre 30 sur 46 · LA PURIFICATION DE MARIE · texte numérisé non relu

LA PURIFICATION DE MARIE

pour son enfant un agneau d'un an en holocauste, avec un pigeonneau ou une tourterelle pour sa purification légale. Si, à raison de sa pauvreté, elle ne pouvait offrir un agneau, elle devait offrir seulement deux tourterelles ou deux pigeonneaux, l'un en holocauste et l'autre pour sa purification. — La seconde loi est celle de VExode\ par laquelle Dieu ordonnait qu'on lui offrît tous les premiers nés, tant des hommes que des animaux, comme étant dévoués à son service. Toutefois, il était ordonné, par la même loi, de racheter les enfants premiers-nés pour un certain prix.

On comprend maintenant le récit de l'Évangile. Il se borne à nous faire connaître que Marie se .soumit à la purification^ et que Jésus, par Marie, se soumit à la présentation, comme le commun des femmes et des enfants de la Judée.

L'Évangéliste nous dit même cela transitoirement et comme une chose toute naturelle et ordinaire : .

« Après que les jours de la Purification furent accomplis, etc., etc. »

Qu'y a-t-il donc, en effet, en cela qui ne soit naturel et ordinaire, efqui doive nous arrêter?

En effet, rien de plus ordinaire : mais ordinaire, tout comme il l'est que Marie ait enfanté Jésus, l'ait enveloppé de langes et couché dans une crèche. C'est la continuation, soit dans le fait, soit dans la manièi'e de le raconter, de ce môme cours ordinaire de la vie humaine en Jésus et en Marie.

Mais voulez- vous que ces mômes événements, si ordinaires, deviennent ce qu'il y eut jamais de plus extraor-

1 Exode, xni, 12 el 13.

298 CHAPITRE Xm.

dinaire? vous n'avez qu'à considérer que cet enfant qui se fait présenter et racheter par sa mère est le Fils de Dieu, le Saint des saints, le Rédempteur du monde; et que cette mère, qui se fait purifier, est la Vierge des vierges, la Reine des Anges, la Mère de Dieu.

Après cela, je vous laisse adorer la sublimité de ces mystères, et la simplicité de leur accomplissement et de leur récit.

Quel prodige de discrétion, de soumission et d'humilité, nous y apparaît en Marie! Après tous les honneurs qu'elle avait reçus de l'Ange, d'Elisabeth, des Bergers et des Mages, après l'hymne, chanté par elle, de ses grandeurs, et la vue prophétique de tous les hommages que l'univers lui rend depuis dix-huit siècles, elle, la Bénie entre toutes les femmes, se soumet à la commune humiliation des femmes. Ne pouvait-elle pas redire en ce moment que Dieu lui avait fait de grandes choses, quelle était Bienheureuse, qu'elle était Bénie, et que le Fi^uit de son sein était béni: qu'elle venait, en un mot, apporter au monde la Purification, loin delà chercher, et le Rachat, loin de le demander? Les intérêts de son Fils ne semblaient-ils pas le lui prescrire; puisque son silence et sa conduite dérogeaient à sa divinité, et, en le faisant passer pour fils de l'homme, démentaient tant de prodiges et tant d'oracles qui l'avaient déjà, proclamé Fils de Dieu?

Voilà sans doute comment eût agi toute autre que Marie, ou comment une invention humaine l'eût fait agir. Mais ne vous attendez, delà part de Marie et de l'Évangile, à rien que d'ordinaire et de commun, c'est-à-dire — relativement à ce qu'elle est — à rien que d'extraordinaire et de sublime. Dans une union merveilleuse avec

Page 1