‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 2)Chapitre 8 sur 46 · DE CES NOUVELLES ÉTUDES. XV · texte numérisé non relu

DE CES NOUVELLES ÉTUDES. XV

simplicité et la grandeur de ses traits^ n'est-ce pas se méprendre sur le caractère de cette existence que de la vouloir compléter, que d'y vouloir distribuer les couleurs et les ombres? Telle est la pensée de M. Nicolas, et pour nous faire connaître la sainte Vierge, il a suivi une marche tout opposée à celle des auteurs dont nous venons de parler; il s'en tient aux faits rapportés dans le saint Évangile, il pense que ces faits sont les seuls qui aient marqué dans la vie de la Sainte Vierge, et il trouve dans cette sobriété le vrai caractère de sa grandeur. Nous voudrions donner une idée de sa démonstration.

La lecture de ces Nouvelles Études philosophiques nous a plus d'une fois rappelé l'apologie de la religion chrétienne, écrite au second siècle par Minutius Félix. Peu de temps après sa conversion au Christianisme, il se promenait, un jour d'automne, sur le rivage d'Ostie, avec deux de ses amis, Octavius, chrétien, et à qui Minutius devait de l'être lui-môme devenu, et Cécilius, encore païen. Une statue du dieu Sérapis s'élevait à l'entrée du port. Cécilius la salua, en lui envoyant de la main un baiser. Cet acte d'idolâtrie devient pour les trois amis le signal de ce qu'on appellerait aujourd'hui une discussion religieuse. Provoqué par Octavius, qui déplore l'aveuglement d'un esprit aussi distingué, Cécilius ne reste pas longtemps sur la défensive. Il déclare d'abord que, dans l'incertitude où se trouve l'esprit humain sur les choses divines, le plus sage est d'honorer les dieux, qui ont su

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