‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 10 sur 87 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

losophie, semble n'être faite que pour des intelligences angéliques. Aussi compte-t-elle un beaucoup plus grand nombre de docteurs illustres, que la philosophie ne compte de philosophes, sans ajouter que c'est à ceux-là que la plupart de ceuxci sont empruntés. Mais ce n'est là que le naturel en quelque sorte du Christianisme. Le surnaturel en lui c'est, en dominant à jamais les hautes intelligences par la sublimité de ses mystères, de ramener ces mêmes mystères, sans leur rien faire perdre de leur profondeur, à la portée des esprits les plus humbles et les plus communs ; de faire de la même vérité le ravissement d'un Bossuet et la première connaissance d'un petit enfant, le charme d'un Augustin et la pieuse pratique d'une servante ; en un mot, à' Evangéliser les pauvres. Voilà qui est proprement divin ; voilà ce que le Christianisme accomplit jusqu'à faire disparaître le prodige sous la vulgarité du fait, et ce que la philosophie n'a jamais pu faire pour ses propres vérités, moins hautes ce])cndant que celles de la Théologie.

Caractère admirable ilu Christianisme, où les plus hautes doctrines se révèlent dans des dogmes et dans des faits positifs, concrets, distincts, que les plus simples peuvent saisir, et dont les ])lus fortes intelligences no peuvent épuiser les ubsti'actions ! C'est le Crucifix, c'est la lionne Viert/e, ce qui I y a de plus accessible et de plus parlant aux humbles eluux misérables : mais ce Crucifixu versé des

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