‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 12 sur 87 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

ton de ceux qu'elle doit persuader, et qui leur paraît intempérante.

Il faut môme convenir que, comme il en est d'un brasier une fois bien allumé, qui dévore tous les aliments qu'on lui jette, et purifie même de sa flamme les objets qui devinaient l'étoufTer, la dévotion à la Sainte Vierge, parfaitement juslifiée dans son principe et dans son ardeur, ne l'est pas toujours dans tout ce dont on la nourrit, au grand scandale de Ceux en qui elle est à naître.

Dans beaucoup de livres sur la Sainte Vîerge, on reproduit les formes du sentiment, sans le sentiment lui-môme. Dans plusieurs autres le sentiment respire, mais les motifs, les fondements qui le justifient font défaut : il n'y a ni fond ni rive; et alors, faute d'ôtre appuyé et accompagné, tout flotte au hasard, en deçà ou au delà do la mesure qu'on ignore ; tout paraît excessif, sans Vôtre le plus souvent. Dans lin trop grand nombre fenfm, non-seulement les fondements solides de la dévotion à la Sainte Vierge manquent complètement; mais la dévotion, déliante de son vrdi terrain, dont elle ignore les ressources profondes, se jette comme afîamée sur une multitude d'accessoires oquivoc^ties, quelquefois faux, et dans tous les cas tellement vains et hors de pro]K)rtion avec la grand(!ur du culte de la Sainte Vierge, que ce culte saint n'est plus aux yeux de l'observateur indifférent qu'une dévotion de fantaisie.

PRÉFACB. XXin

En présence de ces abus, un grand esprit, et un des plus pieux serviteurs de la Sainte Vierge, le Père Pétau, terminait une des plus savantes justifications de son culte, en traçant, d'une main judicieuse, les règles suivantes qu'on ne saurai', trop avoir devant les yeux, quand on entreprend de traiter ce grand sujet.

« .^'oserais, en terminant, donner le conseil h ((. tous ceux qui font profession d'honorer et de « louer la Sainte Vierge, d'être circonspects dans « leur piété et leur dévotion envers elle : et, s'en « tenant à ce qu'il y a de vrai et de solide dans 'es « louanges qu'ils lui adressent, de répudier les sup- « positions et les embellissements qui n'ont aucun <( garant, ou qui n'en ont pas de sérieux. C'est là, « en effet, un genre d'idolâtrie secrète auquel, « comme l'a dit saint Augustin ', certaines cordes (( du cœur humain sont disposées à répondre; « mais que repousse la gravité de là théologie, « c'est-à-dire de la Sagesse céleste, d'après la- « quelle nous ne devorls rien embrasser ni ap- < })rûuver qui ne soit conforme à une règle cera taine et autorisée. Et, pour ce qui est du choix « de cette règle qui doit servir de caution en cette tt matière, je ne prononcerai pas d'après moite même, mais d'après un des plus graves et des « plus savants docteurs, i'ean Gerson, qui propose

» Aug., éj). 222.

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