XXIV PRÉFACE
a dans une lettre, certaines règles qu'il appelle « des Vérités^ dont je lui emprunterai celle-ci : que ft le Christ a posé des limites à notre itwestiyation, de a telle sorte quil n'est pas permis d'affirmer l'ien qui a soit autre ou • autrement que ce qui est autoi^isé par « les Saintes Écritures^ et qui y est visiblement con- « tenu, ou ce que l'Eglise, réijie par le Sai?it-Esprit, « a fait arriver à notice croijance par la tradition; « et cette autre qu'il adresse à celui qui s'ingère (( de savoir si Dieu a accordé à sa sainte Mère telle « ou telle grûce surnaturelle qu'il n'a pas daigné « nous faire connaître : Qui es-tu 6 homme, pour « scruter le secret de Dieu? Qui es-tu, pour te faire son « conseiller? Que l humaine loquacité pose un doigt « sur sa bouche, et qu'elle se contente de ses limites. — « Ces préceptes par lesquels Gerson tempère la litt cence immodérée des éloges décernes à la Sainte * Vierge, et les contient dans les bornes d'une « sobre et robuste piété, sont vraiment des pré- « ceptosd'or'... »
Ils seraient bien désavoués par ce grand homme, et bien ignorants de ses écrits, ceux qui verraient dans ces paroles citées de Gerson une censure indirocto du culte de la Sainte Vierge, lui qui avait une urne si dévouée à la Mère do Dieu, et dont la piété s'est élevée, dans son Traité sur le Maynificat^ à des éloges qui dépassent peut-être tout ce qu'oii
• Dion. Pctavii Thtolorjieorum dayumlum lib. XIV, caii, viii.
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a jamais dit de plus digne à la gloire de Marie. Et en cela il ne faisait que recueillir le fruit de ses propres préceptes qui, contenant la piété dans ses limites, la rendent plus robuste^ et lui font retrouver en profondeur et en élévation tout ce qu'ils lui refusent en divagations superficielles.
Mais ces conditions mêmes ne suffisent plus aujourd'hui, et de nouvelles doivent s'y joindre.
Qu'on nous permette de dire comment nous les comprenons.
L'apologiste de la Sainte Vierge doit être plus antique que jamais dans les éléments de son travail, et plus nouveau qu'on ne l'a été jusqu'à ce jour dans la manière de les produire, de les rattacher à toutes les autres parties du Christianisme, de montrer la solidarité profonde qui unit le culte de Marie aux fondements do la Religion, et la rigueur logique qui en constitue l'économie, auttint que l'esprit suave et puissant qui en vivifie l'application.
Une apologie de la Sainte Vierge ne doit plus
être aujourd'hui une œuvre détachée du fond chré-
j tien. Elle doit emporter avec elle la démonstration
i de la Religion tout entière. C'est une fleur qui veut
I être montrée en pleine terre. Contrairement au
préjugé qui ne veut voir dans ce grand sujet qu'un
. rapetissement du Christianisme, ce doit être une
nouvelle et lumineuse manière de manifester
.Jésus-Christ et de gluriiitjr Dieu; de montrer, si