REVUE GÉNÉRALE VV PLAN DIVIN. — TRANSITION A MARIE
Tel est le Plan divin.
En contemplant cette œuvre, nous voyons Dieu comme sortant de lui-même et comme rentrant en lui-même. Il sort de lui-même par son Verbe incréé, et il y rentre par le même Verbe incarné. Ce Verbe, production éternelle du Père, fait au dehors le monde pour être glorifié dans son union personnelle avec son ouvrage, pour y glorifier cet ouvrage par cette union ; pour le rendre digne de glorifier avec lui son Père.
Toutes choses sont sorties de l'Unité divine, où elles étaient non en essence, mais en puissance », puissance qui a son expression éternelle dans le Verbe, lequel, d'un mot, les a évoqués à l'existence : Dixit, et facta sunt.
• Sorties ainsi de l'unité, elles aspirent à l'unité comme au principe de leur existence ; et comme c'est pour y vivre, elles y aspirent, non par la confusion qui les y anéantirait, mais par l'union qui les y fait participer. Tout est union dans les choses créées, et tout tend par l'union à l'unité, et par l'unité à la plénitude de l'être, qui est Dieu, seule Unité simple.
Cette tendance universelle des êtres est la loi de leur nature.
Mais comment l'accomplir !
' Non comme dans leur principe essentiel , mais comme dans leur principe causal, dit très-judicieusement saint Bernard : distinction qui ruine le panthéisme.
On conçoit l'union des créatures entre elles, et tout l'univers en offre un admirable speclai-le, comme le nom même à' Univers l'exprime. Cette multitude de familles, de genres, d'espèces, de règnes, de sphères, nous montre toutes choses en travail d'union universelle et comme en marche vers l'unité. Cette marche se poursuit, se simplifie et va se rapprochant de l'unité, tant que dure la nature et la communauté dos ôtres dont elle est l'essence. Mais elle ne peut aller au delà. Et c'est au delà cependant que se trouve VUnité parfaite, principe de l'existence créée et terme unique de son repos. Il y a là un abîme à franchir pour le retour, comme il y a eu un abîme à franchir pour le départ de l'existence. Il y a là une création surnaturelle, comme il y a eu une création naturelle. Par celle-ci, l'univers a été appelé du néant au fini ; par celle-là, il est appelé du fini à l'infini. Et cette création à opérer, et cet abîme à francliir, réclame le secours de la môme Puissance, du même Verbe qui a opéré la première création et qui lui a fait franchir le néant.
Pour opérer ce prodige, le Verbe descend, il vient au-devaut do toutes les aspirations de sa créature, il la revôt , et par cette union personnelle, il l'élève du fini à l'infini, et il la rapporte divinisée au sein du Père, pour l'y consommer avec lui dans une même unité.
11 crée au sein du fini im principe surnaturel d'union avec l'infini : la Grâce sarrivnentellc, (jui étend à chaque créature fidèle à ce prin(;ii)0 lu vie môme du Christ, ot qui fait de lui le Chef d'un monde nouveau , où toutes choses, célestes et terrestres, se trouvent incorporées eu lui par la ki'"''*'*'< '^I (•(>n^<unnH''Os;ivoc lui dans lu gloire.
Et comme cotlo incarnation du Vorbo, celte incor])o-