‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 36 sur 87 · REVUE GÉNÉRALE DU PLAN UIVIN · texte numérisé non relu

REVUE GÉNÉRALE DU PLAN UIVIN

ration des créatures en lui, se fait au sein de la nature humaine, dans l'homme, dernier des ouvrages de Dieu en qui se termine la création, le Verbe, principe, et l'homme, terme de la création, se rejoignent ainsi dans le Christ, qui, de la hauteur des cieux d'où il est descendu pour contracter cette union, où il est remonté pour la couronner dans ses membres, et d'où il Rendra pour la consommer par le jugement final de l'univers, la proclame par cette sublime définition de sa personne adorable : « Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le « dernier, le commencement et la fin, qui est, qui était, « et qui doit venir, le Tout-Puissant ^ »

« Ainsi, dit excellemment saint Thomas, par ce mer- « veilleux ouvrage. Dieu a manifesté, avec une conve- « nance toute divine, sa puissance, sa sagesse et sa bonté. (( Sa puisssance : en quoi peut-elle paraître davantage u qu'à joindre ce qui est souverainement distant ? Ce « fut déjà un grand acte de puissance que d'associer des (( éléments aussi dissemblalDlos que ceux qui font l'har- « monie de l'univers ; c'en fut un plus grand encore que a d'unir à ces éléments matériels un esprit créé, mais « le plus souverain a été dans leur union à l'Intelligence (( incréée. — Sa sagesse : quoi de plus accompli que de « compléter la formation de l'imivers par la jonction du <( commencement avec la fin, c'est-à-dire du Verbe de « Dieu, principe de toutes choses, et de la nature hu- « maine qui, de toute chose, a été la fin. — Sa bonté : « quoi de plus digne d'elle, quoi de plus touchant que « le souverain Créateur des choses ait daigné se commu- (( niquer à son ouvrage ! Ce fut un acte signalé de cette (c divine bonté que de s'unir d'abord à la création par sa {( présence ; plus grande a-t-elle été de resserrer cette

• Apocal., I, 8; xii, ix

« union par sa grâce dans les âmes des bons ; mais elle « est portée à son comble dans cette union de Dieu à (( l'humanité du Verbe en unité de personne, et par suite « à chacun de nous * . »

Le cardinal de Bérulle, un des esprits les plus philosophiques et un des plus éloquents, avant Descartes, a écrit aussi sur ce sujet des pages admirables qui lui ont valu d'être appelé par Urbain VII l'Apôtre des mysûres du Verbe incarné.

« Dieu, dit-il, en la circonférence de ses œuvres et au « mouvement de ses conseils, est comme un cercle ad- « mirable qui se forme, en finissant au même point « duquel il est parti en commençant. Car Dieu produit € toutes choses par son Verbe, et le Verbe est le pre- « mier par lequel se fait la création du monde qui se « termine en la production de l'homme, comme au der- « nier des œuvres de Dieu : Dieu donc, unissant la nature « humaine à son Verbe, unit et conjoint par ce moyen le (( dernier de ses œuvres au principe de ses œuvres. Et (( d'ailleurs , cette nature humaine étant l'abrégé de l'u-

• Congniebat hoc opus Deo qnom docobat potontiam snam ostcn- (lerc, sapienliam et bonitatom. Qiiid autom polontius, quam oonjungere exlrema summe distautia? Magna enim potonlia fuit in conjunctiono disparium elomontnnini, major in coiijimctiouo illorum ad spiritiim ercrlnm, maxima voro in unione ad siùrilum increatum. Quid voro sapi(>ntins quam quod ad ooniploniontnni tolius universi florot conjunctio primi Pt idlimi, hoc est Vcrbi Doi, quod est omnium principium, et h\imana^ natnr.'tt, quie in operibus sex dienim fuit idtima omnium croaturarum? Quid benignius et melius, quam quod Creator renun communicare se vohiit rébus rreatis? (pia- ix-nignilas magna fuit in conjuiicliono sui cum omnibus rei)us per pnesontiam, major (piia conimunicavit se bonis per graliam, maxima quia se commuiiicavit Cliristo iiomini et |)er «•onsi'qnens gencribus singuUiruni in uiiilale pcrsona'? (D. Thoni., Oputc. 00.)

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« Hivers, et le sujet auquel par les divers degrés et condi- « tions de son être, toutes les créatures sont récapitu- « lées, il est évident que, lorsqu'elle est unie à Dieu « l'univers même qui est sorti de Dieu retourne à Dieu...' « Le Verbe, qui est le principe de cette création, est le «terme auquel se consomme ce retour.... En lui se « trouvent, non-seulement comme en leur principe et « origine, mais aussi comme en leur repos et consom- « mation , toutes les créatures nouvelles d'un monde « nouveau.

« Élevant plus haut nos esprits , nous verrons que la « première opération de Dieu, c'est la production de son « Verbe, et la dernière opération de Dieu est l'incorpo- « ration de ce même Verbe en la nature humaine.... La « première donc des opérations de Dieu est jointe à sa « dernière opération en la personne du môme Verbe.... « Et partant, nous adorons un Dieu [qui, produisant soii (c Verbe de toute éternité, et par son Verbe le monde « dans le temps, ramène, réduit, et rapporte tout à « soi-même, en faisant que la créature soit jointe au « Créateur en unité de personne; et que, dans cette « œuvre incomparable de notre créateur et recréa- « teur, tout retourne au même point d'où il est parti « a Dieu. '

« En la contemplation donc de nos mystères, regar- « dons Dieu comme une sphère admirable, non pas seu- « leraent au sens que la lumière même de la philosophie « païenne l'a reconnu, mais encore en un sens bien plus « haut et plus élevé que la lumière de la foi nous ensei- « gne et nous révèle.... Secrète et puissante conduite de « la sagesse qui ramène tout à l'imité, comme tout est « ISSU de l'unité. Car, selon saint Denis , toutes cho- « ses sont sorties de l'unité par nature , et recher- « chent cette unité par un secret instinct de la nature-

« elles y rentrent par la grâce ; elles s'y abîment par la « gloire ' . »

Dans ces admirables pages se trouvent quelques expressions dont la hardiesse, comme celle à'abîmer, qu'on voit à la fin, nous semble dépasser la mesure, et nous donne lieu de faire ressortir la merveilleuse pondération du Plan divin.

Ces expressions rendent admirablement le mouvement général de ce plan, mais elles y emportent trop le particulier qX\q personnel, auquel le Christianisme a tant d'égard dans toute son économie. C'est même dans la conciliation de ces deux conditions du problème religieux, que la solution du Christianisme emporte le prix sur tous les systèmes humains, et fait preuve de Divinité.

Ce problème consiste dans le rapport à trouver entre le fini et l'infini, le monde et son auteur, l'homme et Dieu. Les deiLx conditions de ce problème, ce sont ces deux termes à relier et à maintenir, à unir sans les confondre, à distinguer sans les séparer.

Si vous ne distinguez pas le fini de l'infîni, ce n'est plus im rapport que vous établissez, lequel suppose nécessuiremeiil deux termes, c'est une confusion où la personnalité disparaît.

Si vous les sô[)arcz, alors imicoiu il n'y a plus do rapport, kïquel suppose un lion, c'est une disjonction, où CunM disparaît à son tour.

Ur, c'est un fait incontostable do l'histoire de la pliilosopliio et des religions humaines (pio, dans celte rc' cherche unanime du rapport entre le fini et l'infini, dont hi riatnro des choses, dont le cuour humahi surtout leur

' \)c I c^iaf cl de» ^''^l'^ours de Jésus. Discours iv,

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a toujours posé l'impérieux problème, tous les nrélendants sans exception ont été donner, à travers la diversité innombrable de leurs systèmes, dans la confusion ou dans la séparation du fini et de ri„(i„i ; dans le Pa",theisnie ou dans le Naturalisme: c'est un fait dis-ie in contestable (à la constatation duquel nous avons cosacre notre dernier ouvrage '),dont la découverte grandit avec 1 observation, et comme tout ce qui est radica dont la conséquence se fait sentir en toutes cl.oses eh gieuses philosophiques, politiques et sociales

Le Christianisme seul a résolu le problème : et chose remarquable, qui prouve lu divinité de sa solût on eHo

nsmuuon qui la conserve, toutes les sectes, tZe les hérésies, sans exception , quelque portion du Chlistia

1 instant de leur rupture avec l'autorité de l'É-hso Comme l'objet de cette autorité est la garde de cette doc' trino, pour faire acte d'indépendance^'vis a-vi^d L dé" positaire, les hérétiques et les philosophes on dû p it

nte. Il s en est suivi qu'ils ont tous acheté rindénendance au prix de la vérité, et que, pour se donne la „ré endue liberté de sa recherche, ils se sont condamnést sa privation, ils se sont voués a l'erreur

uiiede Id Religion, ne se trouve en effet oiie dnn» i. Chrjstianisnie. Lui seul pourvoi, à leur u ioT an col fusion, a leur distinction sans séparation lui sêulT

vers Dieu, a s y unir; et, dans ce niouvemenr ,l-, „:,.„ a-speetor la Personnalité divine et Trréserïr^

propre personnalité. Lui seul dégage et concilie danj un admirable concert le vrai du Panthéisme, et le vra du Naturalisme. Car le Panthéisme et le Naturahsme comme toutes les grandes erreurs, ont du vrai. Ces l'exagération de ce vrai de l'un poussé jusqu'à l'exclusion du vrai de l'autre qui fait l'erreur de tous les deux

Il est vrai que toute existence vient de Dieu et tend f retourner à Dieu, que l'univers est un flux et reflux def êtres de Dieu vers Dieu. Il est vrai môme que Dieu n'es pas seulement le principe et le terme de cet universe mouvement, mais qu'il en est le médiateur : qu'ainsi i s'y fait voir en tout, dans la vie que nous en recevons dans le mouvement qui nous y reporte, et ^dans l'être qu nous y consomme. « En lui, en efi"et, nous avons la vie « le mouvement et l'ôtre. In ipso enim vivimus, movemw « et sumus, » comme le disait saint Paul à l'Aréopage avec une philosophie d'expression remarquable.

Mais, qui répond mieux à cette vérité que le Christianisme, qui nous montre le Verbe, Fils de Dieu, sor tant éternellement du sein du Père, produisant, des tré sors de sa sagesse et de sa puissance, tout ce qui existe récapitulant ensuite en lui-môme, par son incarnation toutes les existences dont il est le principe créateur, e les faisant rentrer avec lui dans l'unité de la vie mônK de Dieu pour les y consommer à jamais. Pe?' quem omnia, prnpter quem omnia, in rjun omnia, etc.? — Ce nio omnia, qui revient à chaque instant dans les Épîtres d( saint Paul, comme se rapportant h. Jésus-Christ, et er Lui à Dieu, montre la large part, la part complète que le Christianisme fait à la vérité contenue dans le Pantlréismo. Et la grande figure du Christ, disant qu'il ne fait (pi'UN avec son Père, demandant (pie tous ne soiem qu'UN comme lui et son Père ne sont (prUN, et se prn clamant lui-môme ù la fin l'Alpha et l'Oméga, lo i)rc-

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