REVUE GENERALE DU PLAN DIVIX
'mille hérésies la distinction profonde des deux ordres, des deux mondes, temporel et spirituel, autant que leur union ; a toujours été jalouse de sauvegarder les droits de la nature et de la raison, non moins que ceux de la grâce et de la foi. Il est même reraarcjuable que, pendant les dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis la fondation du Christianisme, l'Église catholique a combattu beaucoup plus pour la raison et la nature que pour la foi et pour la grâce ; que presque toutes les liérésies qu'elle a foudroj^ées, y compris le protestantisme, l'ont été pour avoir, par un faux mysticisme, nié les puissances de la raison, les forces de la nature, les droits de l'homme. C'est un fait. Nous défions tout homme qui a ouvert un livre de le nier'. Ce n'est qu'au dixhuitième siècle que l'erreur, n'ayant pu étoull'er les droits de l'homme, s'en est fait une arme contre les droits de Dieu, et que l'Église, se portant toujours du côté où la vérité est en péril, a combattu pour la foi et pour l'ordre spirituel contre le philosophisme et le naturalisme, qui voulaient les faire disparaître par une extension exclusive de la nature, par une divinisation de la raison. Jusque-là et pendant dLx-sept siècles, je le répète, le catholicisme a soutenu la lutte pour la raison, pour la nature, pour la société, directement attaquées; en un mot, pour la vérité du mot de saint Paul bien entendu : Omnia vestra sunt.
C'est ainsi que les Personnalités de Dieu, du Christ et de l'homme se trouvent admirablement dégagées et distinguées dans le Plan chrétien, en môme temps qu'elles y sont imies, et que, par un art tout divin, c'est
' Voir, dans notre ouvrage sur le Protestantisme, 2* édition, te . is historique sur les hérésies, et les deux chapitres sur la doclîie protestante.
dans leur union même que s'exerce leur distinction, et par leur distinction que s'opère leur union.
Mais, dans tout ce que nous avons dit jusqu'ici du Plan divin, nous avons considéré le mystère de l'Incarnation qui en est le centre, soit du côté de Dieu, soit du côté de l'homme : non en lui-même, dans la manière dont Dieu et l'homme y sont unis, dans la constitution, pour ainsi dire, de l'Homme-Dieu, du Christ. Et cependant, tout le Plan divin n'étant qu'un rayonnement du mystère de l'Incarnation, il importe de savoir si ce mystère, considéré en lui-même, présente les mêmes caractères qui se font admirer dans ses hautes relations. Si cela n'était pas, si dans celte union individuelle de la nature divine et de la nature humaine qui fait le Christ, et qui est le principe de l'miion universelle du monde avec Dieu, la nature divine ou la nature humaine était absorbée, contrainte même; si l'une ou l'autre n'était pas suffisamment représentée : alors tout le Plan divin, s'appuyant sur ce mystère, ne se soutiendrait plus, et n'aurait dominé l'erreur à tous les degrés que pour lui payer plus fatalemeiU tribut à sa base.
Or, tel serait le sort do ce Plan admirable, n'était l'hitervcnlion d'une grande Personnalité nouvelle , que nous n'avons |)as encore nommée, de la plus grande do toutes les Personnalités créées, do la très-sainte Vierge Marie, à qui va revenir tout l'homunir de relier le Plan divhi.