CHAPITRE PREMIER
CHUTE ET RÉDEMPTION. — VUE d'enSEMBLE.
De kl vue générale du Plan divin, embrassant l'universalité de la création, où le Christ nous a apparu comme Médiateur cfe Ridigion, ramenons maintenant notre attention sur la partie de ce plan qui concerne notre espèce, et où le Christ va nous apparaître comme Médiateur de Rédemption.
Dans cette partie humaine du plan universel, nous retrouvons tout ce plan concentré ; car l'homme n'est tombé que par l'ettet d'une fragilité qui est commune à toutes les créatures, et il n'a été relevé que par l'effet d'une grâce dont toutes les créatures ont aussi ressenti le bienfait. Seulement, dans l'homme, cette fragiUté de la créature a été jusqu'à la Ciuite, et cette grâce a été jusqu'à la Rédemption. La créature et le Créateur nous y apparaissent donc dans leur expression la plus avancée et comme dans leur déploiement le plus extrême, l'une de misère, l'autre de bonté, et par conséquent dans leur union la plus prodigieuse et la plus éprouvée, qui pour cela a dû ttre le fondement de l'union générale de toute la création avec Dieu. C'est en effet du Christ, homme de douleur, de Notrfi Sauveur qu'il est
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question toutes les fois qu'il est parlé du Christ, nonseulement comme Rédempteur, mais comme Chef des élus de toutes les sphères; et les Anges comme les hommes chantent, dans les transports d'une môme reconnaissance : A l'Agneau immolé, bénédiction, honneur, gloire et puissance à jamais!
C'est donc toujours le plan divin que nous considérerons. Seulement nous l'avons vu jusqu'à présent à sa circonférence, et c'est dans son centre maintenant que nous allons l'étudier; et la circonférence n'étant que l'épanouissement du centre, tout ce que nous avons dit devra nous ôtre présent, comme portée universelle et comme cadre de ce que nous avons à dire.
Ceux qui se scandalisent de nos mystères n'ont pas assez fait attention à une chose considérable, décisive en faveur de leur admission : c'est que tout ce qui reste de mystérieux après toutes les explications qu'on en donne, après toutes les lumières qu'on en tire, leur substratum et leur résidu divin, si j'ose ainsi dire, repose, outre l'autorité du Christ et de son œuvre, sur le témoignage et la créance de tout le genre humain.
Le Christianisme ne nous a pas apporté des mystères, mais des lumières. Les mystères existaient déjà. Ainsi la Chute, — V Incarnation, — la Rédemption, — la Jyinité, — V Enfer, — le J*nrgatoire, tous ces articles de la théologie chrétienne se trouvent dans la théogonie et la mythologie de tous les j)Puplos de lunivors, comme émanés certainement d'une i-évélalion primitive, et confirmés pur leur relation profonde avec la nature des choses et les dispositions du cœur humahi. Seulement, en dehors du Ciirislianisme, tous ( es sujcils de croyance étaient défigures, travestis, corrompus Qii une multitude jle fables et de rites qui étaient l;i lionle