CHUTE ET RÉDEMPTION
le l'esprit humain, et dont la diversité accusait la folle nvenlion, autant que l'accord unanime sur les croyances générales qui en faisaient le fond attestait dans celles-ci a présence de la vérité.
C'est cette vérité mystérieuse, mais prouvée par la foi it par la vie du genre humain, où elle a toujours consiiué un christianisme universel, que le Chrietianismo froprement dit est venu dégager de toutes las absurdes t honteuses chimères dont chaque peuple l'avait ibgcurcie et avilie, et qu'il a mis en lumière et eu lonneur dans son véritable objet : la personne du Christ 'X tout le système religieux dont il est le centre ; la 'éritable Chute, la véritable Incarnation, la véritable Rédemption, la véritable Trinité, tous les articles de lolre foi, en un mot, qui ne sont que les croyances uni- 'erselles en ce qu'ils ont de mystérieux, et les croyances ■hrétiennes en ce qu'ils ont de lumineux, de sanctifiant t d'admirable.
Nous posons cette haute et forte considération à 'entrée do notre sujet, pour en défendre l'approche ù out esprit de scepticisme et de raillerie, et pour pouoir, comme sous sa garde, nous livrer aux Études que pous abordons.
L'homme est tombé à l'origine, et toute l'espèce hunaine est tombée dans le prenùer couple humain, vioant, au sein de la félicité et do l'innocence, et à l'instigation d'un Esprit pervers, un commandement que )ieii no lui avait fait que pour exercer en lui le plus )eau de ses dons, la liberté, et l'élever par cet exercice , un don plus sublime, et qui n'était autre que Dieu Mi-mémo.
La Chute est le premier mystère historique du genre lumain. Tous les peuples de la terre commencent leur
histoire par cette triste préface. Cette unanimité, dan la diversité si grande et si profonde qui partage ton les humains, tient non-seulement à un fait génériqu originel, mais à un fait générique continu. La chute (ju a eu lieu dans le premier couple humain a lieu dans ton leurs descendants. Chacun de nous naît et vit avec 1 penchant au mal, et avec le lamentable cortège de mi sères que la mort termine, et daus lequel il est impos sible de ne pas voir un châtiment. Moïse sur ce point es d'accord avec Hésiode, saint Paul avec Virgile, Pasce avec Lucrèce, Racine avec Euripide, Buffon avec Pline Bossuet avec Cicéron *. Tous redisent avec le patriarch Iduméen : « Rien ne se fait sans cause dans ce mond « et ce n'est point de la terre que naissent les maux « L'homme né de la femme vit peu de temps et est ras « sasié de l)eaucoup de misères. Celui qui naît de 1 « femme peut-il être pur? Qui peut rendre pur celn « qui est né d'une source impure? » Sur la foi de ce universel sentiment, nous voyons les rites expiatoire s'attacher partout à la naissance de l'homme comme la racine du mal humain. Et ce phénomène moral c religieux vient se relier partout également au souveni historique d'une déchéance dont le drame se passe d'après toutes les traditions, à la môme époque, sur 1 même scène, entre les mômes acteurs. En un mot, l'his toire de la cliute est aussi universelle que la dmte môiiie et le genre humain dans son tout, comme dans chacui (le ses membres, en est le témoin d'autant plus irrécu sable qu'il en est le patient.
Ce ((ue nous avons à étudier d'utio niMiiièro phis par ticulièro dans ce livre, c'est le rapport du remède avec h mal, de la Rédemption avec la ('hut(>. Ce qui païaî
' Vot^ nos Premièri'* Ètiidi's. i. II.