I .liiaii., IV, lU
Oniison funèbre d'Aiiiio do Gunzagiu',
Sn|)iciiliii. XII, IK.
CONDITIONS MORALES DE t'iNCARNATION. 183
lie veut pas nous enlever, il veut nous obtenir- il no veni. pas nous forcer, U veut nous charnier. Et il ,é , dl a" moms nous forcer, qu'il le pourrait. Aussi n e, il t" û^e «a puissance à cacher sa puissance et à ne fe^re parXe .1 «son amour, ne voulant pas que nous sovmis s s esclaves, mais ses serviteurs ; ne voulant pas in'èine nue noi. soyons ses serviteurs, mais ses amis et se far
De la toutes les démarches de Dieu dans le Christianisme, si im|,liquées de précautions, de discrétion
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vie noitelle, pour pouvoir nous donner le plus «rand tenioisnage d'amour, qui est, nous dit-il lu -même rf donner sa vie pour ses amis ». <"u«, ae
C'est ce respect, c'est cet amour de Dieu pour I homme q„, nous confon.lent dans le Christiauisn e e auxquels nous ne voulons pas croire. Chose éfonnante-
se r, tr." '""' """'"" ^' """' '"'"^^' 'I- ^se so.t f.,„ h„^ „„„^ scandalise et nous révolte.
c est que nous n avons pour nous-mêmes et pour notre espèce m amour, ni respect. Nous n'aimons pas, "Z n estimons pas l'homme à sa valeur. C'est être d ipe A notre sens, pour Dieu, que de nous aimer; c'est s'a,^ ir alor'Hr", '!''•""'''■■ '' '" ''"'"'' ""' ««' ''«'orne
n'e ai?' i V '"","""' "™"^ •'""^ Jésus-Christ nest ainsi ,,ue 1 insensibilité et le mépris que nous ayons pour nous-mêmes. Nous no crov'ons .«à
1 e oTon ',"•" """' "■''™'" f""- '" "•-'P-q"o1i„u PassTon t r'"''"?"',''™' '' '^^^-"'•«"eilleu.x-; mais la passion nest pas de l'amour, et l'orgueil n'est pas de
Juan., XV, 15.
Ibid., 13.
l'estime; au contraire, c'est de l'égoïsme qui s'assouvit, et du mépris qui se venge. Égoïsme et mépris de nousmêmes poussés jusqu'à la passion et à l'orgueil, tel est donc le fond de notre incrédulité à Jésus-Christ, et à tous les divins procédés de son amour pour les hommes.
C'est que nous ne connaissons pas notre misère et notre grandeur, qui sont les deux autres éléments moraux dont il faut tenir compte pour comi)rendre le Christianisme. Nous sommes si misérables que dans l'homme le plus vertueux, dans le saint, il y a un être porté à tous les crimes, (jui sent gronder et se soulever au dedans de lui-môme les instincts fes plus l)rutaux et les plus i)ervers, et qui, hélas! quel([uefois tombe sous leur joug. C'est ({ue nous sonunes déchus, malades, brisés, réellement misérables; ce que nous sentons i)icn au fond pai' ce mépris que nous avons pour nous-mêmes, mais ce que, par comble de misère, nous ne voulons pas avouer, et ce que noire orgueil cherche à déguiser par mille artifices, en repoussant, conuno un ennemi, le divin médecin descendu vers nous pour nous guérir. Co médecin est le Dieu fait homme, dont tout l'ai't, dans le mystère de son Incarnation, est un art do traitemeni, inintelhgiblo si on ne veut pas convenir ([u'on est malade, admirable <h"îs (ju'on le reronnaîl.
La (h'Miiarclie cl l'amour (h.> ce célesle médecin s'expli(pi('nl d'aiilic p.irl pai' la grandeur du malade, objet de sa visite; graiidcui' (pic celui-ci n'ignoiv pas moins (pie sa mis('^(^ Son orgueil se fait desgi'andeurs factices (|ui no sont que sos misères mêmes retournées. Mais (|uant à sa grandeur véritable, il l'ignore. Il ne sait pas, le malheureux, il ne veut pas savoir, djuis la roture où il est tombé, qu'il est (ils ilv, Roi, appelé è devenir fils do Dieu. Il no croit |)us à cetto ancienne et à cette future
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destinée, parce qu'il lui faudrait quitter, pour y répondre;, celle qu'il se fait ici-i3as avec les viles idoles de ses passions. Mais Dieu qui sait qui il est, Dieu qui l'a fait grand, Dieu qui l'appelle à être plus grand encore, aime et respecte en lui, jusque dans son al)jection, la perfection dont il le rend capable, la grandeur qu'il lui communique, et la faculté native de la liberté morale qui est cotte perfection et cette grandeui' même en puissance, et par la({uelle il l'a fait à son image pour l'associer à son destin.
C'est là ce qui met en Dieu pour l'homme ce mélange d'amour et de respect qui, s'appliquant à un mélange de misère et de grandeur dans une nature libre, demandait pour la sauver l'emploi de moyens correspondants à cet état, par un ménagement tout divin de condescendance et d'exigence, de douceur et de force, de persuasion et de nécessité, de secours, en un mot, et de liberté, dont le triomphe devait être de faire aimer la south-ance, ambitionner l'humiliation, adorer la croix; et, par la souffrance, l'humiliation, la croix, vaincre l'enfer, sanctifier la terre, et gravir les cieux.
Telles sont les données morales de l'Incarnation qu'il était nécessaire de poser, pour bien en suivre l'économie.