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maine, cette naissance et cette mort sont à jamais inséparables, et composent le gage le plus touchant d'apaisement et d'amour que le Ciel ollensé put donner à la terre épouvantée : l'Agneau immolé. Aussi le Fils de Dieu s'est-il plu à retenir et à garder pendant toute l'éternité, avec la qualité de Fils de l'homme, celle di Agneau, et c'est sous ce caractère (pi'il reçoit les adorations de la cour céleste, et même, tant il a voulu qu'il lui fût inséparable, qu'il inspire la terreur aux réprouvés, à cet excès coupables, d'avoir provocpié la colère de ce qu'il y a de plus doux ; Alwoaditf^ non nh iraAgni*.
Mais ici revient, et plus étroitement encore, la glorieuse importance, la nécessité du ministère de Marie.
Comme l'idée de Fils, l'idée d'Agneau appelle nécessairement à elle l'idée de mère. La naissance, l'enfance, auxquelles ces qualifications caractéristiques du Verbe incarné nous obligent nécessairement à remonter, ne se supportent i)as elles-mômes; elles réclament le sein d'une femme, les bras d'une mère. La mère témoigne l'enfant, montre l'enfant; et l'enfant, réciproquement, témoigne la mère, illumine la mère.
Et ceci n'est pas seulement une nécessité de relation et de conséquence, c'est la fin d'un dessein. Le môme dessein de condescendance et de douceur qui a porté Dieu à se faire enfant, embrasse la Vierge Marie, comme accompagnement et complément, et, si j'ose ainsi dire, comme supplément de ce divin procédé de mansuétude.
Comme le Fils de Dieu, pour être réellement homme, a voulu être enfant; pour être réellement enfant, il a
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voulu l'être dans le sein, dans les bras d'une mère. C'est là qu'il l'est réellement ; non-seulement par la délicatesse de ses organes et la faiblesse de son âge que sa Divinité qui portait le monde pouvait assurément soutenir, mais par le secours, les soins, les tendres attentions, les caressantes sollicitudes, les maternelles alarmes dont il a voulu être l'objet: par cette multitude de liens sensibles et moraux qui, après môme que l'enfant s'est détaché des entrailles de la mère, le retiennent sur son sein et l'y pressent comme pour l'y faire rentrer; en font longtemps encore quelque chose qui lui est personnel à l'égal de sa propre vie, et sur lequel elle a im droit d'amour dont la jalousie serait capable d'inspirer la terreur au plus féroce des êtres, si elle ne lui inspirait j)as la pitié, l'admiration et le respect.
Tout cela fait l'enfant, et fait la mère, et fait la mère et l'enfant ; composé admiral)le de douceur et de grâce, de dévouement et de confiance, d'amour otd'mnocence, que nul ne rencontra jamais sur son chemin sans s'arrêter ému... et sans s'en aller meilleur.
Et maintenant, ce chef-d'œuvre de la nature humaine, dont la femme la plus dégradée et l'enfant de cotte dégradation no peuvent dépouiller entièrement le ciiarmo, élevez-le au-dessus de tout ce qu'il y eut et de tout ce qu'il y aura jamais de plus pur et de plus saint, jusqu'à une mère qui soit Vierge et jusqu'à un enfant qui soit Dieu, et concevez après cola une mniiifestation do la divinité plus digne de sa bonté et uiiiMix assortie à notre faiblesse et à notre misère !
Aussi, ce n'est pas «(Uilomont la propInMie bibli({ue qui éclaire à l'avance celle louchanle manifestation, et en fait apparaître la gracieuse figure parmi les ombres redoutables de l'ancienne loi, le paganisme lui-niôn>e
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en a senti le charme. S'appropriant cette prophétie, dans sa célèbre églof^iie à PoUion, Virgile rattachait, comme Isaïe, la fin des mœurs anciennes et la transformation pacifique du monde entier, à la naissance d'un Enfant-Dieu :
Tu modo nascenti piiero quo ferrea primum Desinet, ac toto surget gens aiirea miiiulo, Casta, fave, Lucina...
Ille Deum vitam accipiet'
Et non-seulement, par une parenté de pinceau avec Raphaôl, Virgile nous peint ce céleste enfant dans les bras de sa mère, répondant à son sourire ; mais il l'y invite, ajoutant qu'il manquerait à sa céleste destinée, si ce maternel sourire n'y présidait pas :
Incipe, parve puer, risu cognoscere Malrem;
Incipe, parve puer; cui non risere parentes,
Nec Deus hune mensa, Dea nec dignata cubili est*.
Écho réveillé d'Isaïe, prophète aveugle de Jésus, Virgile a rencontré la vérité sous les voiles flottants de la poésie ; et la vérité, écartant ces voiles, est venue répondre à ces pressentiments. Emmanuel a souri au sourire de Marie; il s'est complu à honorer cette Mère auguste dans les divers épisodes de sa naissance et de son enfance où il nous apparaît si souvent dans ses bras, y recevant, conmiosur le trône de sa grâce, les prémices des adorations de l'univers; longtemps après, lui étant encore soumis, pendant la plus grande part do sa vie, ne dépouillant qu'avec la vie môme cette intime fiha-
' ^'irg. Pollio.
' Ibid.
tioii, par un suprême sacrifice, et la reprenant par delà pour la garder à jamais dans les cieux.
Ainsi Marie est l'accompagnement et le complément de Jésus. Mais nous avons ajouté qu'elle en était le supplément.
Cetle dernière considération veut un renouvellement d'attention.
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