CHAPITRE IL
MARIE ÉPOrSE DU PÈRE , MÈRE DU FILS , SANCTUAIRE DU SAINT- ESPRIT, FILLE DE LA SAINTR TRIÎflTé, LA REPRESENTE.
La première personne en qui le mystère de la Sainti- Trinité s'est produit dans le monde est la Sainte Viergr , le premier sanctuaire de son opération visil)le est son sein immaculé. Elle était seule dans, l'intérieur de sa petite demeure de Nazareth, lorsque l'Ange du Seigneur étant entré , la salua pleine de grâce et bénie entre toutes les femmes, et lui annonça que V Esprit-Saint surviendrait en elle, que la vertu du Très-Haut la couvrirait de son ombre, et que le fruit qui naîtrait d'elle serait appelé le Fils de Dieu. Et Marie ayant dit : a Voici (( la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre « parole, » l'Ange la quitta, et la Trinité môme survint, et la pénétra de sa Majesté trois fois sainte.
Dieu n'a jamais révélé les mystères de son Être pour satisfaire la spéculation de l'esprit, mais toujours pour en faire un sujet d'opération dans le monde. Ici, il manifeste sa Trinité, de cette manière excellente, en la faisant survenir en Marie. Le mystère de la Trinité étant celui de la fécondité de Dieu, avait été réservé pmir l'époque où cette fécondité devait dilater la vérité sur la terre, et c'est en Mario et par Marie que commence cette expansion. Antérieurement j\ ce moment solennel, la Trinité n'avait pas été pronndu:uéo; elle était restée sous le voile de la Synagogue, et son obscurité était rendue plus profonde par l'éclat avec lequel avait été proiMidgué le seul doLTiie de l'unilé de Dieu : Deustuus, Ik'us iinua est. Le uiystèro du lu Trinité avait été ainsi
MARIK, KPOUSR DU PKRK. ^O"?
comme scellé sous le dogme de l'unité de Dieu, jusqu'au moment où l'Évangile, commençant en Marie, devait le manifester par la plus sul)lime de toute les opérations, dont toute la suite du Christianisme n'a été (lue l'eftel et le développement dans le monde. A partir de ce moment, le mystère de la Trinité n'a cessé d'ôtre en évidence et en action, et nous le trouvons lié ù tonales faits publics de la mission du Fih de Dieu et î\ la formalion (le son Église, qu'il envoie enseigner et baptiser toutes les nations, au nom du Père, du Fils, et du Saint- Esprit.
Mais Marie n'a pas été seulement la première confidente et coopératrice de la Trinité, elle en est restée la plus claire exposition, par ses sublimes rapports avec l(i.s trois personnes divines :
Épouse du Père ; Mère du Fils ; Sanctuaire du Saint-Esprit ; Fille de la Sainte Trinité.
Elle concentre et reflète ainsi dans ce triple et unique l'tat de sa personne le mystère de la Trinité.
On ne la considère, le plus souvent, que comme More du Fils de Dieu. Mais elle ne l'est pas devenue par hasard ou d'une manière ordinaire. Cette dignité si prodigieuse marche en elle accompagnée de celle d'Éimuse ^Uu Père céleste, de Sanctuaire de l'Espril-Saint, et de
îlle du Très-Haut. (Jna Dei pariter fi lia, sponsa, parena.
Nous succombons souS l'idée de tant de grandeurs, et nous renonçons à les déplover; essayons seulement
Marie épouse du Père.
Je fléchis le genou, dit saint Paul, devant le Père, de qui est toute paternité au ciel et sur la terre '. Il n'y a en ettet qu'une paternité, c'est celle de Dieu. Ce fut un acte de celte paternité puissante que celui qui féconda le néant et fit éclore l'univers. Dans la reproduction des cires qu'il créa une première fois. Dieu n'est pas moins Père; car c'est lui qui a mis en eux cette vertu de reproduction. Il aurait pu créer chaque individu successif, comme il créa les premiers; au lieu de cela, il créa en ceux-ci les espèces, et sa paternité opère à travers celle de ses créatures, qui n'en est que l'instrument. C'est donc lui qui est la paternité des pères et la maternité des mères. C'est sa fécondité qui agit dans la génération des êtres, et qui non-seulement en met la vertu dans les entrailles, mais le sentiment dans le cœur, les instincls dans les mœurs, et les propriétés dans l'organisation des hommes, des animaux, des plantes, de tout ce qui vit et revit dans le inonde. C'est ce qu'exprimait admirablement la mère des Macliabées, lorsque, dépouillant en quelque sorte sa maternité, pour la rendre à Dieu, et reporter vers lui la reconnaissance et la conliaiice de ses enfants, qu'elle encourageait au martyre, elle leur disait : « Je ne sais « comment vous avez été formés dans mon sein; car ce « n'est point moi qui vous ai donné l'àme, l'esprit et la « vie, ni qui ai joint tous vos momhrc's |)our en faire un « corps ; mais le Créateur du monde, qui a formé <( l'homme dans sa naissance, et qui a donné l'origine à
' Ad K|i}»t>s., m, 15.