‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 56 sur 87 · MARIE, ÉPOUSE DU FÉRE · texte numérisé non relu

MARIE, ÉPOUSE DU FÉRE

lui qui la reçoit une fontaine d'eau Jaillissante jusqu'à la vie éteigne lie ' .

Or, la très-sainte Vierge est en communication avec cette triple fécondité de Dieu ; elle y coopère; et par là elle peut ôtre appelée d'une manière supérieure, l'Épouse du père céleste, de qui est toute paternité.

La très-sainte Vierge ne coopère pas à la fécondité génératrice de Dieu en tant qu'il engendre éternellement son Verbe, mais en tant qu'il l'engendre temporellement. Je dis en tant qu'il l'engendre temporellement : le Fils de Dieu, en etfet, s'est incarné dans le sein de la Vierge. Dans cette génération temporelle il n'a pas de père, comme dans sa génération éternelle il n'a pas de mère. Mais ce n'est pas dans le môme sens : c'est dans un sens absolu qu'il n'a pas de mère dans sa génération éternelle, tandis que c'est dans un sens relatif qu'il n'a pas de père dans sa génération temporelle ; dans le sens d'une paternité humaine qui porterait at- Icinte à la virginité. Car, du reste, dans cette génération temporelle, il continue à avoir pour Père celui qui l'engendre éternellement, c'est-à-dire incessamment, non <i une paternité écoulée, mais d'une paternité continue, dont la génération temporelle dans le sein de Mai-ie n'est par conséquent qu'une extension, si je peux ainsi dire, et qu'une production. Marie, en un mot, n'est pas Mère du Fils de Dieu comme Dieu en est le Père, par sa pro[»re vertu, mais, comme le lui a annoncé l'Ange, par la vertu du Très -Haut qui Ta couverte de son ombre. Hâtons-nous de dire que nous ne sommes pas les pre- • miers éditeurs de cette doctrine. Saint Hilaire, Origène, saint Cyrille, saint Arabroise, saint Athanase l'ont pro-

Isée, en appliquant à la naissance temporelle du

[Joau.. IV, 14.

312 LIVRE m, CHAPITRE II.

Verbe du sein de Marie cette parole de Dieu dans le Psalmisle, rappelée par saint Paul : Filius meus es tu; Ego hodie genui te; «Tu es monFils, et c'est moi qui t'ai (( engendré aujourd'hui, » c'est-à-dire dans le temps. C'est aussi plus particulièrement à cette génération temporelle que fait allusion cette parole de Dieu dans Isaïe : « Est-ce que moi, qui fais enfanter les autres, je n'en- « fauterais pas? Et moi, de qui vient tout pouvoir d'en- « gendrer, je serais stérile? » Bossuet, si contenu et si sûr dans sa théologie, n'hésite pas à marcher sur les traces de ces illustres docteurs, et dans son Supplenda in Psalmos, il conunente ainsi leur doctrine; je traduis textuellement ce commentaire écrit par lui en latin : « Ce n'est pas renverser le sens de saint Paul que de rap- « porter cet hodie à la naissance temporelle du Fils do « Dieu du sein de la bienheureuse Vierge ; et il n'est « pas contraire à lui-même, quand il en transporte l'ap- « plication à la résurrection du Christ, au livre des « Actes, XII, 33. Que sont, en effet, cette naissance et « cette résurrection, qu'une contimiation de sa généra- « tion éternelle et, pour ainsi dire, une sorte de progrès « et d'extension? Assurément lorsque le Saint-Esprit est « survenu en Marie, et ({ue la vertu du Très-Haut l'a « couverte de son ombre, le Père céleste n'a fait autre « chose que verser son Fils unique de son sein où il le « portait dans le sein de Mario, et l'engendrer d'une nou- <i velle faroM ; d'où l'Ange infèi-e : C'est pou njnoi le Saint « fjui naîtra de vous sera appelé le Fils du Très- Haut (Luc, » 1, 35). Fils, donc, non adoplif, mais propre; de sorte « que ce Saint, qui est Dieu et homme, fût un seul Fils (( naturel do Dieu. C'est pouniuoi lui-mon)o e.\|>i'ininit « sa double nativité i)arun seul mot, disant : Je suis sorti •1 de mon Pire et venu dans le monde (Joan. xvi, 28). Lg « môuje, de hou Père éternellemeni et de l'homme tem-

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