‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 57 sur 87 · MARIE, ÉPOUSE DU PÈRE · texte numérisé non relu

MARIE, ÉPOUSE DU PÈRE

« porellement, sorti et venant dans le monde; sur quoi « saint Hilaire dit : Etant venu du Père, parce qu il est sorti « de Dieu, cette sortie de Dieu est sa naissance proprement « dite{\\\. IX, de Trinit., n. 30). Non qu'il manque quelce que chose à son éternelle nativité, mais que, demeu- « rant la même, par son avènement dans le monde, il « devient, par extension, homme et Fils de l'homme '. » Ainsi la naissance temporelle du Fils de Dieu n'est ([u'une extension de sa naissance éternelle. Par conséquent, Marie est sa mère par une extension de la paternité de Dieu, de sa paternité génératrice. La maternité de nos mères, comme nous l'avons vu, est aussi une extension de la paternité de Dieu ; mais de sa paternité créatrice, dont le fond est le néant, et qui est commune à toutes les créatures. En outre, ce n'est pas d'une paternité immédiate; car c'est à travers les générations de nos |)ères qu'elle agit. Mais la paternité à laquelle Marie se trouve associée est cette Paternité propre de Dieu dont la substance est Dieu lui-même, engendrant de loule éternité un Fils semblable à lui; Paternité unique, l>ersonnelle, qui n'admet personne à sa participation, el qui, reculée dans la sublime profondeur de l'Être, en est l'acte perpétuel et immanent. C'est parla vertu immédiate de ce même acte, de cette Paternité génératrice do Dieu ([ue Marie est Mère, d'une Maternité unique dans le temps, comme cette Paternité est unique dans l'éternité, et qui, associée immédiatement à celle-ci, sans l'intermédiaire d'aucune autre, est une Maternité divine et virginale. C'est par cette Maternité auguste que la Paternité génératrice de Dieu s'est produite dans le temps, et s'est découverte aux regards des hommes. Leur fruit est le môme : le Verbe, Fils depieu seul dans

' liossuet, Suppleiida tu Psahiuix. in Psaliu., n, 7.

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l'éternité; de Dieu et de Marie seule dans le temps : de sorte qu'en le donnant ainsi au monde, conjointement avec le Père éternel, on peut dire, avec le cardinal Berulle, qu'elle est la Mère par indiois de celui dont il est éternellement le Père, et qu'ils owiàeux deux un seul Fils.

« Après cela, ô Marie, dit Bossuet, quand j'aurais a l'esprit d'un ange et de la plus sublime liiérarchie, « mes conceptions seraient trop ravalées pour com- « prendre l'union très-parfaite du Père éternel avec « vous. Vous associant à sa génération éternelle, il vous « a faite Mère d'un même Fils avec lui. Il a voulu que « vous fussiez la Mère de son Fils miique et être le Père a du vôtre. O prodige! ô abîme de charité ! quelespritne « se perdrait pas dans la considération de ces complai- « sauces incompréhensibles qu'il a eues pour vous, de- « puis que vous lui touchez de si près par ce commun « Fils, le nœud inviolable de votre sainte alliance, le « gage do vos affections mutuelles que vous vous êtes « donné amoureusement l'un à l'autre; lui, plein d'une « divinité impassible; vous, revêtu, pour lui obéir, d'une (( chair mortelle *. »

C'est do cotte manière sublime, sainte, et tout à fait étrangère à nos basses imaginations, qu'on peut dire que Marie est l'épouse du Père, considérée dans sa plus sublime paternifé; sa paternité génératrice.

Elle l'est encore comme associée à sa paternité adoplive. Cela est évident.

Jésus-Christ, Fils unique do Dieu et de Marie, en iMiil (juo Fils par nature, on est le premier-né, en tant que chef des élus ses frères, ses membres, ses cohéri-

' Troisième sermon pour la fûte do la Nativité de la Sainlo Vierge. Deuxième puiiit.

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