MARIK , SANCTUAIRE DU SAINT-ESPRI
de ses grâces, juscfu'à féconder sa cliair et en tirer le Christ, fruit de ses entrailles, Fils de Marie, comme il l'est de Dieu.
Que ne suppose pas une telle conception, un tel enfantement! Jugeons de l'opération parle résultat, de la sève par le fruit. Quelle plénitude de grâce, quelle communication des dons du Saint-Esprit ne suppose pas la production de l'Auteur même de la pràce, n'a vaut eu lieu que par cette plénitude, que par cette communication 1
Je n'essayerai pas d'exprimer toute la richesse d'une telle dotation ; je laisse chaque lecteur se perdre dans la contemplation de cet Océan de merveilles spirituelles : il me suffit d'en avoir indiqué la mesure rigoureuse et la proportion doctrinale.
Les Pères de l'Église nous ouvrent sur ce sujet un magnifique et large aperçu. La conception du Verbe par le Saint-Esprit, disent ils, avait eu des préludes et des ébauches dans les patriarches et les prophètes de l'ancienne loi, comme elle a des imitations et des reproductions dans les apôtres et les docteurs de la nouvelle. Mais il y a cette difiFérence, que dans ces préludes prophétiques ou dans ces reproductions apostoliques l'opération du Saint-Esprit n'a été que partielle, et la conception du Verbe qu'en parole ou en écriture, et que dans Marie elle a été jusqu'à l'incarnation humaine du Yçrbe.
C'est une conception du Saint-Esprit, en effet, qui a fait surgir dans l'âme des prophètes et dans le cœur des apôtres la vérité divine, et qui jla leur faisait enfanter d ins ces paroles et dans ces écrits sacrés qui composent le corps des Écritures, et qui sont comme une incorporation et une incarnation scripturale du Verbe de Pieu. Et cette incarnation était de la même nature qu§ celle de la Vierge. Celle-ci, en effet, a conçu le Verbe dans
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son cœur avant que dans sa chair, et sa bouche l'a prophétiquement enfanté dans son sein : aussi est-elle justement préconisée Reine des prophètes et des apôtres. Et ceux-ci à leur tour, dans les saintes Écritures dont ils ont été les auteurs, nous offrent une sorte d'enfantement virginal du Verbe de Dieu, comme l'observe saint Clément d'Alexandrie, la vérité divine étant à la fois produite et scellée sous la lettre des divins écrits. C'est le môme Verbe, c'est le môme Christ qui, dans l'Écriture, dans Marie et dans l'Église, parle et vit. Lui-même l'a déclaré : « Moi, qui parlais autrefois, me voici présent, » qui loquebar, ecceadsum ' ; et encore : « Voici que je suis « avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. » ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usqne ad. consummationem sœculi*. Merveilleux travail de conception et d'enfantement de la vérité divine dans l'Éghse de tous les temps, qui fait de tous ses organes, prophètes, apôtres, docteurs, apologistes, simples chrétiens plus éloquents souvent par le silence de leurs vertus que par les plus beaux discours, autant d'auteurs, de parents du Christ, l'enfantant et le réenfantant dans le monde et dans les Ames, et participant à la maternité sainte de Marie, à la paternité de Dieu.
Mais Marie domine tout ce grand travail et y préside comme celle en qui il a été élevé à sa plus haute puissance, porté à son comble. Car ce n'est pas une portion de l'Esprit-Saint qui est venue en elle, c'est l'Esprit- Saint tout entier qui est survenu dans son Ame, qui en a rempli l'immensité ineffable, et dont la plénitude, débordant jus(]u'fi sa rliair, y a fait germer le Verbe et le lui a fait enfanter, non plus en parole ou en écrit, mais
' Isaïc, LU, 0.
* Mattli.. xxvin. ta.