‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 61 sur 87 · MARIE, SANCTUAIRE DU SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

MARIE, SANCTUAIRE DU SAINT-ESPRIT

en humanité et en personne. Et comme tous les autres enfantements prophétiques ou apostoliques se rapportent à Jésus-Christ devant s'incarner ou s'étant incarné dans le sein de Marie, Marie est le plus grand affluent de l'Esprit-Saint, et comme l'Océan des grâces, où fluent et refluent en plénitude leurs divines communications.

Spiritus Sanctus superveniet in te, lui dit l'Ange messager de rincarnation ; sur quoi saint Amédée de Lausanne fait ce beau commentaire :

« En d'autres saints le Saint-Esprit est venu, en d'autres il viendra; mais en toi il superviendra, parce que entre tous et sur tous il t'a choisie pour que tu surpasses l'universalité de ceux qui avant toi furent ou qui après toi seront, par la plénitude de la grâce. Il a rempli Abel d'une si grande innocence que, innocent de main et doux de cœur, de la main d'un frère il reçut la mort; mais ton innocence a rendu des millions de coupables à l'innocence et au salut. Il a enlevé Enoch; mais la chair que tu engendreras, lorsqu'elle sera élevée de terre, tirera tout à elle. Il a rempli Abraham de foi et d'obéissance en vue de sa future postérité; mais, redevable de son salut à ta foi et à ton obéissance, le monde entier élève à toi l'accent de sa reconnaissance. Il a rempli Moïse, l'instituant porteur de la loi, non de la grâce; mais à toi, il t'a donné de porter non-seulement l'Auteur de la loi, mais le Dispensateur de la grâce et de la gloire. Il a député David Prophète et Roi ; mais de toi David a écrit, et ton Fils, il l'appelle son Seigneur. Qu'ajouterai-je? tu domines tout, tu présides à l'universalité non-seulement des hommes, mais des vertus les plus sublimes des cieux. — Aussi as-tu hérité d'un nom glorieux entre tous les autres noms : que l'un soit a})pelé l'Ange de Dieu, l'autre Prophète, l'autre Précurseur,

chacun selon le rang et l'ordre de sa dignité ; toi, c'est du nom unique et spécial de Mère de Dieu, ce qui est dire Mère du salut, Mère de la Grâce, Mère de la Misérirorde. I/Èsprit- Saint donc surviendra en toi; il sur- \iendra en abondance, en affluence, en plénitude et en effusion en ion âme et dans ta chair. Et quand il t'aura comblée, il planera encore au-dessus de toi et sera porté sur tes eaux, pour faire en toi un bien meilleur et bien plus merveilleux ouvrage que lorsque, porté au commencement sur les eaux de l'abîme, il disposait la matière de la création à prendre forme et à devenir le monde «. »

En un mot, Marie est le sanctuaire de cet édifice éternel de la Religion qui comprend les élus de toutes les sphères, en qui nous sommes coédifiés avec les anges et les vertus des cieux, et dont la structure s'élève en temple saint dans le Seigneur pour être la demeure de Dieu dans le Saint-Esprit. Les Patriarches et les Prophètes sont comme la nef de ce temple; les Apôtres, les colonnes; l'Église, le choeur : mais Marie en est le sanctuaire, le tabernacle mystique, le saint des saints. Ainsi la saluait, deux cents ans avant le concile d'Éphèse, saint Clément d'Alexandrie, faisant à ce sein virginal une juste application de ces paroles de saint Paul aux Hébreux où, comparant les deux pontifes de la nouvelle et de l'ancienne loi, l'Apôtre compare aussi Igs deux tabernacles, et exalte ainsi celui par lequel le Christ osl entré : « 3fniii Ip Christ, pontife des bifDfi futurs, « eut rrnii par un plus auguste et p/us parfait tafternaclç, qui « n'a pas été fait de main d'homme et qui n'fst pas de nçlre «« création V » — " Il n, en effet, été foraié par le S^iint-

lltinil. tcrt. de Vlrp. Concept.

\(\ Ilcbr., IX. 11.

MARli:, SANCTUAIRE DU SAINT-ESPRIT. 339

« Esprit et revêtu du Très-Haut, reprend saint Clénrjent, « ce tal)ernacle à jamais digne de louange qui est Ma- « rie, Mère de Dieu et Vierge, en qui notre Roi, Roi de « gloire, s'est fait pontife, et dont l'entrée virginale a .( été scellée, intègre, incorruptible, inviolée*. »-0 sein! u s'écrie encore à ce sujet l'évoque Proclus de Constan- '. tinople ; ô sein, en qui la commune charte de notre lia berte a été écrite! A entrailles, en qui les armes qui « ont vaincu la mort ont été forgées! ô champ, en qui « le Colon lui-m5me do la nature, germe sans semence, .) a été produit en épi! 6 sanctuaire en qui Dieu même « s'est fait Prelre, et, sans dépouiller sa nature, a re- « vêtu celle de Melchisédech « ! »

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