‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 77 sur 87 · RAPPORT DE MARIE AVEC LE MONDE SENSILLE · texte numérisé non relu

RAPPORT DE MARIE AVEC LE MONDE SENSILLE

sensible dans la dignité de cette première destination.

Suivons- le de nouveau dans cette belle étude, dont les conclusions affluent plus lar^ment à la gloire de la Mère du Sauveur.

L'homme, intelligence servie par des organes, a été créé à cette fin, de fixer l'œil de la contemplation sur son Créateur.

Mais, comme ce Créateur est esprit, et un être revêtu de lacorruptibilité de la chair ne pouvant atteindre à la découverte de sa grandeur et à la contemplation de sa dignité «ublime, d'autres créatures ont été mises en présence de l'homme, dans lesquelles il verrait réfléchie cette subhme perfection de Dieu qu'il ne pouvait percevoir immédiatement par la seule intelligence.

Maintenant, par suite du péché du premier homme, la race humaine étant précipitée dans les égarements de son cœur et dans l'abjection des vices, non-seulement la contemplation du Créateur, mais la salutaire considération de l'admirable ordonnemee de l'univers s'est évanouie loin de lui.

Voyez parsuite comment, dans cette chute de l'homme, s'est écroulée toute la dignité des créatures.

Leur dignité en effet a péri, quand il ne s'est plus trouvé personne qui en usât dignement ; quand l'homme, par leur contemplation, devant ressusciter à la connaissance de Dieu, n'a plus usé d'elles comme d'un degré pour parvenir à leur commun Créateur.

Et elles n'ont pu retrouver leur dignité confondue dans la ruine de l'homme, que lorsque l'Agneau qui devait porter les péchés du monde a été produit Dieu et homme par la Bienheureuse Marie. L'homme rappelé par cet Agneau à la connaissance de Dieu, toutes les autres créatures ont été avec luirétabhes dans la vérité

de leur condition et dans l'honneur de leur intégrité première.

Or, le bienfait de cette restauration universelle ne peut pas ne pas être imputé à Celle dont le sein virginal a mis au monde ce Réparateur divin qui a rétabli, comme nous l'avons dit, la nature humaine dans l'excellence de sa dignité, et qui a réintégré du même coup, par sa dispensation admirable, toute créature dans le privilège d'honneur qu'elle avait perdu.

Combien donc toute créature, tant raisonnable que non raisonnable, n'est-elle pas redevable à notre très- ^ienheureureuse et très-sainte Vierge et Dame !

(( On peut dire (nous laissons parler ici textuellement « saint Anselme) que, de môme que Dieu, produisant « toutes choses par sa puissance, en est le Père et le V, Dieu, Marie, réparant toutes choses par ses mérites, « en est la Mère et la Dame.

(i Dieu, en effet, est le Seigneur de toutes choses, en « les constituant chacune en sa nature par son comman- « dément; et Marie en est la Dame, en les restituant dans « leijr dignité première par cette grâce qu'elle a méritée.

« Et de même que Dieu a engendré do sa substance (( Celui par qui il a donné l'oi'igine à toutes clioses : « de môme la Bienlieureuse Vierge Marie, de sa chair « immaculée, a enfanté Celui (jui a restitué à toutes « choses l'honneur de leur première condition.

« Pareillement, de môme que aucune espèce d'êtres u no subsiste que par le Fils de Dieu, do même per- « goimo n'est racheté do la damniilioti encourue (jue H par le Fils de Marie.

« Qui donc, pesant allontivonK^ni loutes ces choses u d'un sens droit et d'un ctnur sincère, no percevra pas « phiinomoul rexcellonco do cotte Vierge, par (jui la « iialuro^Ues choses a recouvré des biens inestiniahles;

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