‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 80 sur 87 · RAPPORT DE MARIE AVEC LE MONDE SENSIBLE · texte numérisé non relu

RAPPORT DE MARIE AVEC LE MONDE SENSIBLE

Son admirable structure Est la voix de la nature Qui se fait entendre aux yeux.

La création est l'empreinte sensible des perfections invisibles de Dieu, en vue de nous les faire connaître. Dieu a mis le cachet de ses perfections, pour ainsi dire, sur chaque ci'éature; de son immensité sur l'Océan, de sa magnificence dans le firmament, de sa fécondité dans le sein de la terre, de sa beauté dans les aspects de la nature, de sa grâce dans les fleurs, de sa providence et de sa sagesse dans les mœurs des animaux; afin que par l'empreinte nous pussions connaître le sceau.

Cetle grande et belle vérité trouve sa démonstration en quelque sorte mathématique dans un exercice incessant delà ])ensée humaine, dont nous ne nous apercevons pas à force qu'il est familier, et qui prouve quo le rapport du monde physique et du monde moral est !il)solument celui d'un cachet avec son empreinte : c'est ([ue toutes les fois que nous voulons <>xpliquer ime vérité de l'ordre physique, nous avons recours à une image prise à Tordre moral; et que toutes les fois que nous voulons exprimer une vérité de l'ordre moral, nous avons recours à une image prise à l'ordre physique. Le style des sciences morales revêt des métaphores sensibles, et le style des sciences physiques revêt des métaphores morales.

Le moi\de physique n'est ainsi qu'un admirable symbolisme du monde moral, tellement que le monde moral devient à son tour le symbolisme du mond^ physique. Mais lo départ de cette réciproque relation, le type premier, et, comme nous disions, le sceau de cette merveilleuse correspondance, c'est le monde moral, c'est la vérité incréée de Dieu, c'est son verbe éternel.

4â2 LIVRE III, CHAPITRE iX.

par qui tout a été fait, et sans qui rien de ce qui a été fait n'a était fait ' .

C'est pourquoi, quand ce môme Verbe est né de Marie pour mettre son sceau sur son ouvrage, quand il a refait le monde moral, il a refait en quelque sorte le monde physique, il a créé une nouvelle terre et de nouveaux deux aux regards de l'homme, nouvelle terre et nouveaux cieux qui ont ainsi leur type, leur raison morale dans le Christianisme, seule vraie philosophie de la nature, comme de l'histoire du genre humain.

Quand donc nous prenons à la nature des images pour expliquer les vérités de la foi, pour expliquer Jésus-Christ, nous ne faisons pas un emprunt si éloigné et si indiscret que nous le pensons. Nous faisons au contraire servir la nature à sa principale fin, qui est de manifester les perfections de Dieu, tout en servant aux besoins de l'homme, perfections produites à nos yeux en Jésus-Christ comme dans leur original, auquel doit, par conséquent, répondre la copie.

Par contre, nous n'hésitons pas h dire que si le génie des sciences naturelles , sans négliger ses procédés scientifiques, s'inspirait vivement de Jésus-Christ et de ses mystères, il planerait de bien plus haut sur la nature, il plongerait bien plus avant dans ses secrets, il arriverait, comme par les formules d'une algol^rc Iranscendantale et divine, à des illuminations inorveilleuses qui l'associeraient aux vues de l'Ange, et anticiperaient quelques-unes des solutions (luonous réscM've l'éternité. C'est ce qu'a expérimenté le grand Keppler, et chaipie pas que la science fait aujourd'iiui dans la nature la porte h reconnaître , avec ce religieux génie, que sa vraie philosophie est dans la foi.

• Va. s. Jc.ui. I 11. I, ;<, 4.

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