‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 4)Chapitre 12 sur 41 · III. — Cela nous apparaît plus à découvert dans les · texte numérisé non relu

III. — Cela nous apparaît plus à découvert dans les

deux illustres docteurs qui s'offrent à nous après saint Épiphane ; dans saint Atlianase et saint Grégoire de Nazianze, tous deux, célèbres par les grands coups qu'ils portèrent à l'Arianisme pour la foi de Nicée : le premier pour la faire triompher, le second pour la défendre.

Dans les écrits nombreux que saint Athanase consacra à cette grande lutte où tout le Christianisme était engagé, la Vierge revient à chaque instant dans son caractère de Mère de Dieu, comme la navette, en quelque sorte, qui sert à tisser la trame de la foi, à entrelacer et à nouer la divinité à l'humanité en Jésus-Christ, et par Jésus- Christ à unir le ciel et la terre. Saint Athanase s'attache surtout à montrer que, en niant que Jésus-Christ fût aussi vraiment consnbstantiel au Père céleste qu'il était consubstantiel à sa Mère terrestre, toute cette trame de la destinée chrétienne était rompue ; et qu'ainsi c'était par Marie et en Marie qu'elle se nouait. Nous ne citerons qu'un seul court passage qui résume toute cette belle théologie , et qui justifie le rapport liturgique que l'Église a toujours maintenu entre le Pater et VAve, entre le théisme chrétien le plus élevé et l'humble dévotion à Marie :

« Le Fils de Dieu, dit ce grand docteur, s'est fait Fils « de l'homme, pour que le Fils de l'homme, c'est-à-dire « d'Adam, fût fait Fils de Dieu. Le même Verbe, en « effet, que d'en haut, d'une manière ineffable, inex- « plicable, et incompréhensible, le Père engendre dans « l'éternité, le même est engendré d'une manière infé- « rieure dans le temps par la Vierge Marie, Mère de « Dieu ; pour que ceux qui avaient été engendrés d'a- « bord de cette génération inférieure fussent réengen- « drés de la génération supérieure, c'est-à-dire de Dieu.

(( Lui-même donc, Verbe de Dieu, a aussi réellement « une Mère sur la terre que nous avons un Père dans le « ciel. C'est pourquoi il s'appelle lui-même Fils de « l'homme, pour que les hommes pussent appeler Dieu « leur Père dans les cieux ; le leur enseignant par cette « prière : Notre Père qui êtes aux deux '. »

La conséquence de cette doctrine est aussi considérable que facile à tirer. Si nous ne connaissons, si nous n'avons Dieu pour Père que par son Fils, en tant quil a Marie pour mère, il est évident que celui qui ne professe pas Marie Mère de Dieu n'a pas Dieu pour Père ; est sans Dieu : est Athée. Il connaîtra bien Dieu d'une certaine façon, d'une façon naturelle; mais, ouïe Christianisme n'est qu'une superfétation, ou cette façon naturelle de connaître Dieu est insuffisante et impuissante ; et l'expérience du monde ancien ne l'a que trop montré, en justifiant celte parole de saint Paul aux Éphésiens : « Souvenez-vous qu'étant Gentils par votre origine, vous « n'aviez point alors de part à Jésus-Christ, vivant sans « espérance et sans Dieu en ce inonde ; parce que c'est « par le Fils que nous avons accès les uns et les autres (( vers le Père '. »

< Iilclrco cniin Filins Dci filins liominis factns est, ut filins liominU, lioc est Ada», flili Dcl cniciatur. Qnod ciiini desupcr ex Pâtre Vcrbmu modo incITahili, inexplit-abili, iticomprcliensibili, et mlcrne geni- Inm est, Ipsinii In tcniporo iiiferius generalnr ex Virgiiio Deipara Maria, ut qui inferitis aiitca pcnili rncrani, dcsniicr secundo gignercnlnr, id est, ex Deo. Ipse igilnr Malreni dnniaxal iialiel in terra : et DOS l'alreni duiilaxat iialienins in etelo. Quoeirea Filiiiui iioiiùnis se ipHUin appellaf , ut iiumincs Ucuni voearenl l*atrenj in eœlis. Pnter }iOBin-, irninil, iiiti rs in cali» {De Incarnatione. contra Arianos, t. Il de l'édiUuii de Migne, p. 700|.

* Aux Kpiifîii., II, 11-18. — Joipncï à ec passage celui que nous

Il est donc vrai que de la doctrine de saint Athanase, se rattachant à celle de saint Paul, découle cette conséquence, que celui qui ne professe par le Fils de Dieu Fiis de Marie, et par conséquent Marie Mère de Dieu, est sans Dieu dans ce monde, et n'a pas de Père dans les deux.

IV. — Quelque logique que soit celte conséquence, verrait-on de l'exagération à Timpuler aussi expressément à rÉglisc du quatrième siècle? — Voici saint Grégoire de Nazianze, et en lui l'Eglise tout entière, qui nous déchargent de ce reproche, en professant ouvertement cette doctrine.

Entre tous les écrits de ce grand Docteur, surnommé Le Théologien par excellence, ses deux Lettres à Cledonius contre Apollinaire sont surtout célèbres par l'honneur qu'elles eurent d'être invoquées comme autorité au concile d'Éphése, et plus tard encore au concile de Chalcédoine, à la grande fureur de tous les hérétiques qu'elles confondaient, non-seulement dans le présent, mais dans le passé et l'avenir.

Toutes les hérésies en elVel qui s'étaient produites dans l'Église contre le dogme de rincarnation depuis le Docétisme, toutes celles qui se dressaient alors contre ce fondement du Christianisme, notamment l'Arianisme, et celles môme qui ne s'étaient pas encore levées, mais que saint Grégoire pressentait comme celles de Nesto-

avons cité ailleurs de VEpitre atct Galales, iv, 4. « Dieu a envoyé

• son Fils, fait de la femme, POUR QUE nous reçussions Tadoption des « eufanls, et, étant enfants, Dieu a envoyé dans vo« cœurs l'Esprit df

• soi\ Fils qui crie Père ! •

rius et d'Eutychès, trouvèrent là leur condamnation et leur confusion ; et par quel argument? par l'argument de la Maternité divine de Marie. Nous nous bornerons à cette sentence qui devint celle de toute l'Église dans les deux conciles qui s'en firent un arme contre Terreur :

« Si quelqu'un ne professe pas sainte Marie Mère de « Dieu, celui-là est en dehors de la Divinité. Si quelce qu'un ne confesse pas que le Christ a été formé ce dans le sein de la Vierge dune manière divine et hu- (( maine, celui-là est pareillement Athée. » — Si guis

SANCTAM MarIAM DeIPARAM NON CONFITETUR EXTIîA DlVI-

NiTATEM EST. Si Quis Christiim per Virginem tanquam per canalem fluxisse non autem in ea divino simul et humano modo formatum esse dixerit, jeqve Atheus

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