CULTE DE MAHIE DEPUIS LE CONCILE D'ÉPUÈSE
elle s'était opérée? sans fêter rAnnonciation? Et quelle plus grande fête, puisqu'elle se trouvait par là élevée à la hauteur même de celle de rincarnation ! C'est pourquoi, lorsque la fête de l'Annonciation en fut détachée plus tard, le concile de Tolède jugea devoir la céléhrer avec autant de solennité que celle de la Nativité même du Verbe, cujvs titique ita débet esse Festum so/emne, sicut est ejnsdem Nativitas Verbi , à cause de cette glorieuse communauté de la Mère et du Fils qui faisait dire au même concile : Nam quod Festum est Matris, nisi Incarnatio Verbi? Ainsi l'on peut dire que, par une louchante pénétration, la Mère était fêtée d'abord dans la fête du Fils, comme le Fils le fut ensuite dans la l'êtc de la Mère. Cette fête de l'Annonciation, ainsi née de celle de l'Incarnation , devint ensuite comme le principe d'où émanèrent les autres fêtes de la Vierge, notamment la Nativité, la Purilication et l'Assomption. Telle est là genèse des fêtes de la Sainte Vierge.
D'ailleurs ce culte allectait dès lors, comme aujourd'hui, des modes très-divers, indépendamment de la célébration de ces grands mystères. Ainsi, c'était le culte des états plus privés de la vie de la Sainte Vierge, comme ses fiançailles, l'attente de son enfantement, ses joies et ses douleurs maternelles ; c'était le culte de ses reliques ou de celles de sa divine Maternité, telles que sa demeure de Nazareth, sa ceinture, son suaire, son image, la crèche où elle avait déposé l'Enfant-Dieu, la tunique^ ouvrage de ses mains, dont elle l'avait revêtu ; c'était le culte commémoratif de ses communications et apparitions, de ses bienfaits et de ses miracles, origine et aliment de tant de sanctuaires; enfin c'était, sous des titres sans nombre, le culte de ses privilèges et de ses vertus. I>e
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culte de la Mère de Dieu a tendu dès son origine à ce caractère filial et affectif qui se nourrit de tout ce qui touche à son objet, et qui se partage en mille manières de l'honorer, de l'imiter et de l'invoquer, pour arriver, comme par autant d'accès appropriés à nos besoins et à nos faiblesses, à l'union avec Jésus-Christ et avec Dieu, selon la divine économie du Christianisme. Ce caractère privé et spontané du culte de Marie a devancé le culte plus solennel de ses mystères, et l'a produit. C'est ce qu'atteste la dédicace des premiers temples qui lui ont été consacrés, avant l'institution liturgique de ses fûtes. A l'époque dont nous parlons, c'est-à-dire au sixième siècle, la sagesse inspirée du grand saint Benoit donnait aux ordres religieux de l'Occident ces règles immortelles qui sont restées la base générale sur laquelle ils se sont tous élevés, et où se trouve résolu, par l'expérience de douze siècles de vie et de vertus surhumaines, le problème que la sagesse antique avait si vainement agité dans les monstrueuses chimères de sa République. Le culte de la Sainte Vierge qui, dans la Liturgie de saint Basile, législateur des ordres monastiques de l'Orient, avait eu une si riche part d'invocation et de louange, ne devait pas avoir une moindre importance aux yeux purs et pénétrants de saint Benoît. Par un statut exprès de ses constitutions monastiques, il prescrit, d'une manière absolue et générale, que dans chaque monastère il y ait un Oratoire élevé à la gloire de la Mère de Dieu, et que son autel y ait l'honneur de la première station de la Procession ((ui doit se faire tous les dimanches. La suite va nous apprendre combien, sur ce point comme sur les autres, saint Benoit avait deviné les conditions morales de la vie monastique et ses virginales affinités.