S II
Comment voulez-vous, dira-t-on, que la présomption soit le principe de la critique en matière de miracle, puisqu'elle ne l'est pas pour les simples faits de l'ordre naturel et humain? Pour ces faits, au milieu desquels nous sommes plongés, et qui ont déjà pour eux le cours général des choses, c'est la »\m^\e possibilité qm est le
principe : et pour les miracles qui onl conlrc eux cet ordre de la nature qu'ils renversent, ce serait la présomption, la probabilité! ! ! Qui dit miracle ne dit-il pas, selon l'expression que vous avez vous-mt^me citée de saint Tbomas, une cliose ardue et par conséquent improbable; et faut-il moins que la parole de Dieu et l'inspiration de ses bistoriens pour y croire?
Tout au moins, ajoute-t-on, le miracle est-il chose extraordinaire, puisque sa fréquence est un des signes de sa fausseté. Lors donc qu'on le voit partout, comme dans les siècles de foi, il est d'autant plus suspect de fausseté et d'illusion.
Enfin, si nous prenons, ainsi que nous devons le lairu, les miracles de l'Évangile comme type des vrais miracles, nous serons choqués de l'étrangeté de la plupart des miracles qu'on propose à notre croyance; et leui- naKe analogie avec les idées et les mœurs du temps où ils se seraient passés, achève de démontrer qu'ils n'en sont que la légende et que la poésie.
Telles sont bien les plus fortes difficultés qu'on peut faire.
Yoici les réponses : elles veulent attention.
I. — Je n'accorde pas, d'abord, que les miracles aient contre eux. l'ordre naturel et humain. Le miracle est audessus et en dehors de l'ordre naturel, comme la Puissance divine d'où il émane, mais il n'est pas contre l'ordre naturel. L'ordre naturel n'y résiste pas; on peut dire même qu'il y aspire comme à un état supérieur. Seulement il en est incapable; et c'est en ce sens que je conviendrai que le miracle est, non-seulement improbable, mais impossible selon l'ordre naturel.
Mais selon Tordre surnaturel^ le miracle est possible, et même probable autant que cet ordre l'est lui-même. Par là le miracle est évidemment dans lordre. Il est dans l'ordre surnaturel ; il est même dans l'ordre naturel, en tantque cet ordre est /?reor^o?ï?ze' pour l'ordre surnaturel et qu'il s y rapporte. Is^ous avons dans l'Évangile un éclair de celle belle vérité. Sur le point d'opérer le grand miracle de la guérison de l'av^eugle-né, le Sauveur dit à ses disciples, qui lui demandaient pourquoi cet homme était né aveugle : « Ce n'est point qu'il ait péché, ni ceux qui « l'ont mis au monde, mais c'est afin que les œuvres
<( DE LA PUISSANCE DE DiEU ÉCLATENT EN LUI*. » Aiusi,
voici un fait naturel, la cécité de cet homme, dont la raison d'être, dont la cause finale était le miracle de sa guérison. Ce miracle n'était donc pas contre l'ordre naturel, mais selon cet ordre, en tant que fin supérieure et surnaturelle. Il en est ainsi de tous les miracles; et s'il nous était donné de voir, tout l'ordre naturel nous apparaîtrait gravitant ainsi vers l'ordre surnaturel du miracle. Et n'est-ce pas, dans cet aveugle, l'histoire de tout le genre humain ? Le genre humaùi était comme un seul homme aveugle, quand le Fils de Dieu est venu le visiter. Pourquoi élait-il arrivé à ce degré elîrayant d'aveuglement et de corruption que nous présente le monde païen, si ce n'est afin que les œuvres de la puissance DE Dieu éclatassent en lui ? C'est là comme la loi do l'hisloiru, gravitant autour de la Croix et du grand miracle de son triomphe ; du triomphe de la soulTrance, de l'ignominie et de la faiblesse sur la voluplé, sur l'orgueil et sur la force, par la seule vertu du Crucillé : mi-
> Joan., IX, 3.
laclo le plus grand de tous, et miracle continu^ dans la sphère duquel nous respirons ; miracle mulliple^ autant qu'il y a dans le monde de cœurs chrétiens qui en ressentent les elïels et de prodiges de la foi et de la charité qui en sont les IVuits.
En vue de ce centre qui en régit toute l'économie, l'ordre surnaturel a toujours existé dans le monde, et toujours il a produit des miracles. Avant la chute, Tétat de l'homme innocent était un état général de miracle. Depuis la chute, la vie prophétique de tout un peuple dans le monde n'a été qu'une succession de miracles, jusqu'au miracle par excellence : Dieu fait uomme, ses œuvres, sa mort et son triomphe. Ce triomphe est la dilatation de l'ordre surnaturel, du seul peuple juif à tout l'Univers, et sa perpétuité victorieuse dans l'Église. Et maintenant, comment le miracle, qui avait toujours eu cours, aurait-il cessé, alors que sa source a débordé sur le monde, et a été instituée dans l'Église pour y être ouverte à jamais. Le Christianisme tend par tous ses mystères et tous ses sacrements à élever l'homme à un état surnaturel de grâce, à elfectuer dans les membres ce qui a eu lieu dans le Chef : une vie de miracle. Ce divin Chef l'a déclaré solennellement. « En vérité, en vérité, ce je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui-même « les œuvres que je fais, et en fera encore de plus « grandes. » Et il ajoute cette belle explication : « Et « tout ce que vous demanderez à mon Père en mon « nom, je le ferai, alin que le Père soit glorifié dans le « Fils*. » Nous avons dans cette divine parole le moyen et le but du miracle : le moyen, c'est Jésus-Christ lui-
1 Joan., XIV, 12.
228 LIVRE m, CDAPITRE VIII.
même mû par la loi du fidèle : Je le ferai. Le but, c'est que le Père soil glorifié dans le Fils, et le Fils dans ses frères. Ainsi, c'est l'auteur des miracles de l'Evangile qui annonce devoir faire Lui-même, par la foi de ses disciples, tous les autres miracles qui auront lieu dans la suite des temps ; et cela dans le même but que les miracles de l'Évangile. La distinction qu'on voudrait établir entre ces deux sortes de miracles est donc réprouvée par l'Évangile même. Ils sont du même ordre. Ils se recommandent de la même autorité et de la même fin. C'est la continuation ou même le déploiement de ce cours de miracles qui a toujours existé dans le monde, et dont Jésus-Christ, qui est la Yertu de Dieu, est l'unique Auteur. L'effet a suivi la parole. L'histoire de l'établissement du Christianisme, a dit le Déiste luimôme, n'est qu'une histoire de prodigesK Ces prodiges ont été plus grajids que ceux que nous lisons dans l'Évangile, de toute la dilTérence qu'il y a entre un seul homme et tout le genre Immain ressuscité. La source ne saurait en être épuisée; car elle tient à la Vertu toujours présente et toujours active de Jésus-Christ dans l'Église, et à la portée indéfinie de cette parole : Celui qtd croît en moi fera lui-môme les œuvresqueje fais^ et en fera encore de plus grandes. Aussi, même dans nos temps dégénérés, que de miracles moraux s'opêreni dans la conscience chrétienne ! que de miracles sensibles, même, dans l'action extérieure de la prière et dans la puissance des œuvres! quel rayonnement de miracle autour des Ames saintes ! Le monde ne s'en doute pas; et cependant lui-même ne .subsiste que par la vertu de
' J.-J. HOUSSEAU.
ces miracles qu'il nie. Quant aux miracles plus saillants, mais non moins merveilleux, de la guérison de maux naturellement incurables, de la domination de la nature par la foi, et de l'intervention du surnaturel dans le tissu des choses humaines, les exemples, môme de nos jours, en sont moins rares qu'on le croit. Il n^esl personne, vivant dans le monde religieux , à qui Dieu n'ait fait la grâce de pouvoir s'assurer de la vérité de quelqu'un de ces miracles. Seulement, l'humilité et la discrétion les dérobent à une grossière publicité. En somme, il y a plus de vrais miracles inconnus que de faux miracles publiés ; et ce sont les vrais qui font croire aux faux.
Les miracles ont donc leur probabilité, comme les faits simplement humains. Ils sont même plus probables , en ce sens qu'ils procèdent d'une loi plus indépendante, et qu'ils ont pour eux un gage plus souverain : l'amour d'un Dieu qui non-seulement est venu, est mort, et a triomphé par miracle ; mais qui vit, se renouvelle et se multiplie au milieu de nous, et au dedans de nous , à l'état permanent de miracle. Saint Louis était dans le vrai lorsque, prosterné au pied du Saint-Sacrement, il répondit à quelqu'un qui le pressait de venir en toute hâte voir une apparition deNotre- Seigneur dans une église voisine : « Je n'ai pas besoin « d'y aller pour y croire.»
II. — Est-ce à dire que le miracle ne soit pas chose extraordinaire? Non certes. Le miracle est à la fois probable et extraordinaire : probable en soi, extraordinaire selon la dispensation de Dieu, qui ne l'accorde qu'à
230 LIVRE m, CHAPITRE VIII.
la foi et à la sainteté, selon les intérêts de notre salut et de sa gloire.
De là vient, — et ceci répond à la seconde difficulté, — que, dans les âges de foi, le miracle était plus fréquent. Cela s'explique par cette foi qui les obtenait. Loin que ce grand nombre de miracles les rende suspects, il conrii'ine la loi -de leur production par la proportion de l'effet avec la cause, des montagnes transportées avec le grain de foi plus abondant. Gela ne détruit pas ce que nous avons posé d'abord, que la fréquence est un signe des faux miracles ; parce que cela doit toujours s'entendre dans un sens relatif, et que, relativement à la foi et à la sainteté qui les opéraient, les vrais miracles, aux âges de foi, n'étaient pas fréquents, quoiqu'ils le fussent, relativement à l'incrédulité et à l'impiété modernes. Comme il y a des saints en qui la grâce du miracle a été plus abondante, tels que saint Grégoire le Thaumaturge, saint Martin, et, dans les âges postérieurs, saint François de Paule, ainsi y a-t-ii des temps plus fertiles en miracles, des temps en quelque sorte Thaumaturges. De nos jours le miracle est rare, parce que rare est la foi. Le Fils de l'Homme ne fil plus de miracles quand il fut aux mains des Scribes cl des Pharisiens, et qu'il comparut devant Pilate et devant Hérode. Il n'en fit plus durant sa Passion, lui qui en avait tant fait au sein des multitudes croyantes de la Judée. Ainsi n'en fait-il presque plus do nos jours, après en avoir tant fait au moyen âge. Sa Divinité s'abslimit, pour la consommation de notre éprouve ou de notre châtiment. Mais (ju'il ressuscite, (jue la sainteté reparaisse, et de plus grands miracles s'accompliront. - Ilosl remarquable, du reste, que l'incrédulité, qui tarit;
la source des miracles, ouvre celle des prestiges, comme on ne le voit que trop en ces temps. Aussi est-il prédit, que, lors de ce règne de l'Antéchrist qui devra précéder le final triomphe du Fils de l'Homme, alors qu'il n'y aura plus de foi sur la terre, des prestiges de toutes sortes se disputeront la crédulité.
Ilf. — Reste la troisième difficulté : le caractère des miracles, différents de ceux de l'Évangile, et si naïvement empreints des idées et des mœui-s du temps qui les raconte qu'ils n'en seraient que la légende.
Il ne faudrait pas exagérer cette difficulté, et il nous serait aisé de la réduire notablement en citant tel ou tel miracle de l'Évangile qui a une couleur de moyen âge, et tel et tel miracle du moyen âge qui a un caractère évangélique. Cependant, en somme, il est vrai que les miracles se ressentent du milieu où ils se sont passés.
Mais, d'abord , pour peu qu'on y réfléchisse , on verra qu'il n'est pas possible qu'il en soit autrement ; et que c'est mémo là un caractère de vérité dans les miracles. Un miracle est un acte de la Toute- Puissance de Dieu, se manifestant aux hommes par des signes surnaturels qui les touchent dans la situation où ils se trout«6nl. Il est donc rationnel que le miracle se ressente de cette situation pour laquelle il est fait. Un inventeur de miracle , uniquement préoccupé du côté divin de cet .icte, se gardera de ce côté humain que la bonté de Dieu ménage toujours dans ses relations avec les hommes, et qui donne aux vrais miracles un cachet inimitable de naïveté.
C'est là, du reste, le caractère propre et constant
du Christianisme, et la conséquence du principe qui le régit dans tout le cours de son histoire. Il est conforme à la grande idée que le Christianisme nous a donnée de la condescendance de Dieu pour la nature liumaine, que des événements miraculeux prennent, pour ainsi dire, la couleur de la relation qui existera entre Dieu et l'homme au moment de leur accomplissement. Si l'humanité, à différentes époques de son histoire, a été placée dans des états différents à l'égard de Dieu, Dieu a dû assortir chacune de ses dispensations à cliacun de ces états, non-seulement dans l'ordre spirituel et invisible, mais, par suite, dans Tordre sensible et phénoménal. Gomme Dieu s'est assorti à l'humanité en général en se faisant homme, in similitudinem hominimi faclus, et habitu inventus ut homo^^ il a dû s'assortir à chaque âge particulier de l'humanité, en y adaptant ses diverses manifestations. L'histoire de la Religion confirme de tout point celte loi de miséricordieuse convenance. De même, en effet, qu'elle témoigne que riunnanilé n'a jamais été, à aucune époque de son histoire, sans relation surnaturelle avec son Sauveur, de même elle nous montre chacune de ces relations sous un aspect correspondant à ces diverses phases. Combien le caractère des relations surnaturelles de l'homme avec Dieu était autre avant la Chute et après la Chute! Combien autre, encore, avant la Rédemption et après la Rédemption ! Assurément les miracles de l'Ancien Testament ont un caractère bien tranché de différence avec ceux du Nouveau. En y regardant de près, on trouverait même une grande variété d'interventions miraculeuses dans chacun de ces
* Àd PhiUppentes, i\, 1 .
deux grands âges, et on distinguerait celles des époques r;itriarcliale, Mosaïque, Prophétique, Tliéocratique et Politique du peuple de Dieu. Dans l'Évangile même, chaque miracle de Notre-Seigneur n'esl-il pas accommodé à la situation et au caractère de ceux qui en sont l'objet? Sur le mont Thabor, il se transfigure glorieusement aux yeux du Prince des Apôtres ; aux Disciples cheminant vers Emmaiis, il apparaît en voyageur ; pour Madeleine il a l'aspect du jardinier. La diversité si touchante des figures qu'il revêt dans ses nombreuses paraboles se rattache à la môme loi. C'est un Maître, c'est un Père, c'est un Roi , c'est un Pasteur, c'est un Vigneron, c'est un Semeur, c'est un Époux, que sais-je? ce sont toutes nos situations et toutes nos relations qu'affectent l'immuable Sagesse et l'éternel Amour.
Par suite de la même économie, nous devons nous attendre à voir le reste de l'histoire de la religion venir se refléter dans tout le cours des merveilleuses relations du Rédempteur avec les rachetés jusqu'à la fin des temps. Ce sera de la poésie, si l'on veut; mais ce ne sera pas de la fiction : caractère inimitable de la vraie Religion.
Ce point de vue redresse bien des singularités choquantes dans nombre de miracles dont la touchante convenance nous échappe faute de les rapporter à leur objet, et de les voir en quelque sorte dans leur cadre. Autre devra être l'apparition de la Yierge à un docteur ou à un évêque, tels que saint Grégoire de Néocésarée et saint Ildephonse, autre à de pauvres petits bergers; et celle-ci nous paraîtra ridicule et absurde par des circonstances qui la rendent précisément vraisemblable. Un peu plus de philosophie, en attendant la foi, et nous y verrons plus clair.
lY. — Nous croyons avoir pose les vrais principes et répondu aux principales difficultés qu'on peut se faire en cette matière, sinon avec tout le développement que comporte un sujet si riche et si peu exploré, du moins àtk satisfaction d'un esprit bien fait et d'une âme sincère.
Il n'en résulte pas qu'il faille tout admettre aveuglément en fait de miracles; loin de là, il faut tout éprouver. Mais il faut tout éprouver avec une grande propension à croire à l'amour de Dieu et à ses prodiges. C'est là une présomption et môme une prévention, si l'on veut, mais une prévention légitime, qui ne dispense pas de la critique, mais qui la rend plus conforme à son objet, plus philosophique dans le bon sens du mot. Être bien prévenu, c'est n'être que juste à l'égard d'un amour qui nous a déjà donné tant de gages.
Cette règle est d'autant plus judicieuse et salutaire que, dans plusieurs cas, la critique ne pourra pas arriver h une entière conviction sur le fait du miracle, et qu'elle laissera rame flotlanle au gré de ses dispositions, également exposée au danger de croire le faux et à celui de rejeter le vrai. Ce qui est convenable, en ce cas, autant que rationnel, c'est de réserver une grande part à la possibilité ou même à la probabilité du miracle, et d'y voir tout au moins une signification touchante et respectable de l'amour et de la foi.
C'était là le sentiment d'un homme souvent regretté et qui ne saurait trop l'être. Nous sommes heureux de noire accord de vues avec lui sur ce sujet : « Pour u nous, écrivait Ozanaiu, (pii présumons assez de la a bonté de Dieu et de la dignité de l'himimo, poiw ne « point croire impossibles des communications fré-
« quentes entre le inonde invisible et le monde visible ; « pour nous qui avons confiance dans le droit sens du « peuple cbrétien, et qui portons respect à ses convic- « tions, la lùgcnde n'est point une vaine fable. Nous sa- « vous que l'Église n'exige point notre assentiment à* « des récits miraculeux qui ne sont pas consignés dans a les Écritures divines, et dont plusieurs peut-être ne « soutiendraient pas l'épreuve d'une rigoureuse cri lift tique ; mais, s'ils ne subjuguent pas notre esprit, ils le « charment et le captivent. Nous les admettons cojnme « vrais jusqu'à preuve contraire; et si leur vérité his- « torique et positive vient à s'évanouir, nous y Irou- « vons toujours quelque vérité morale qui donne une « valeur réelle au symbole dont elle s'était revêtue'. »
En ce qui regarde la Très-Sainte Vierge, par qui s'est fait le miracle par excellence de l'Incarnation du Verbe, et l'ouverture des autres miracles qui ont déterminé la foi du monde, les miracles sont d'autant plus présumaliles que c'est le propre de son Ministère de continuera nous les obtenir. Mais il y faut de la foi et de la piété : c'est la condition de ce surnaturel commerce. Nous ne voyons pas dans l'Évangile qu'il ait été fait de miracles pour les physiciens et pour les experts. Les miracles n'en sont pas moins certains, et il n'y a pas de sanctuaire de la Vierge qui n'en offre de palpables témoignages.
L'histoire de son culte dans le monde est une histoire de miracles intérieurs ou extérieurs, moraux ou sensil»les : c'est là l'origine et l'aliment de ses innombrables
ctuaires. C'est surtout par la fécondité morale de ce
1 Deux Chanceliers d'Anglelerre, p. 233, note iv.
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culte, par la correction des mœurs, par la conversion des âmes, par la guérison des maux spirituels, par les victoires remportées sur les passions, par le règne des plus délicates comme des plus fortes vertus, c'est par tous ces miracles moraux que sont attestés les miracles sensibles qui s'opèrent souvent par son entremise. Je crois des témoins qui se font égorger, disait Pascal; moi, je crois des témoins qui se convertissent.