‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 4)Chapitre 23 sur 41 · IS · texte numérisé non relu

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la fête de Notre-Dame de La Merci, et la fête de Notre- Dame du Mont-Carmei, qui accrurent le trésor de sa Liturgie.

Comme elle avait enfanté ces institutions, Marie les soutenait et les vivifiait : et cette action se faisait sentir par des inspirations individuelles dans Tordre de la science ou de la sainteté qui, pour n'être pas toujours miraculeuses, n'en étaient pas moins surnaturelles , et autorisaient les pieuses légendes par lesquelles la foi de ces temps les symbolisait. C'est ainsi que pour exprimer la relation si remarquable que présentait la science d'Albert le Grand avec sa dévotion pour la Trèfî- Sainte Vierge, on raconte qu'étant dans son jeune âge d'une paresse d'intelligence à désespérer tout enseignement, la Mère du Verbe, touchée de sa piété, le retint, sur le point où il était de renoncer à l'étude, et lui accorda, sur sa demande, le don de la philosophie, en lui prédisant, toutefois, que, pour avoir préféré celle science à celle de son Fils , elle lui sérail retirée avant la fin de sa carrière, et qu'il retoml)erail dans riiifirmifé inlellecfuelle où il était au commencement. On ajoute que trois ans avant sa mort, comme il était en chaire, captivant l'admiration de la mirititude de ses auditeurs par l'éclat de sa parole, ses facultés s'obscurcirent soudain, ot que lui-même, se souvenant alors de ce qui lui avait été prédit, et donnant des larmes à l'évanouissement de sa gloire , en révéla le secret à ses élèves, qui l'accompagnèrent dans sa retraite des témoignages de leur religieuse et sympathique émotion. — On rapporte également de saint Pierre de Vérone, ce grand docteur qui paya du martyre son zèle pour la vérité, qu'étant à discuter contre

(les hérétiques, et troubU; un moment par la subtilité de leur argumentation, il retrouva, diins une invocation à Marie ( comme notre Bossuet dans sa conlV-rence avec Claude), des lumières supérieures pour les confondre ou les éclairer. — Nous ne dédaignerons pas enfin de rapporter, ne fût-ce que comme <niiblème de la foi suave dont était alors parfumée la science, ce qu'on raconte du bienheureux, dominicain ^Egidius. Voyant venir à soi un célèbre docteur de son Ordre, et intérieurement averti que c'était pour lui demander la solution d'une diflicoUé dont la science ne pouvait délivrer sa foi touchant la Virginité de la Mère de Dieu, le Bienheureux s'avança à sa rencontre et, frappant la terre de son bâton, un beau lis en sortit à cette parole : Frère prêcheur, sainte Marie est Vierge avant l'enfantement; frappant une seconde fois la terre, un nouveau lis en sortit à cette parole : Frère prêcheur, sainte Marie est Vierge pendant l'enfantement; enliu frappant une troisième fois la terre , un dernier lis sortit en couiirmation de celle troisième profession de foi : Frère prêcheur, sainte Marie est Vierge après l'enfantement.

Un prodige plus avéré dans soh èvénemeal historique, et plus universel dans sa signification providentielle, marqua la fin du treizième siècle. Je veu\ parler de la translation de l'humble demeure de Marie, par les Anges, de Nazareth à Lorette. Ceux, qui veulent qu'un mira€le soit prouvé par une démonstration tellement irrésistible que la confiance chrétienne n'ait aucune part dans son admission, pourront douter de ce prodige, comme ils devront douter de tous les autres sans exception, en fussent-ils même les témoins. Mais ceux

qui, mus par celte religieuse confiance, voudront seulement qu'elle soit justifiée par des preuves raisonnables aux yeux d'une sage critique, devront ajouter foi à un événement qui a pour lui l'autorité : 1*' des écrivains les plus recommandables, comme Ganisius, Baronius, Rinaldus, Tursellin, etc. ; 2" des enquêtes et rapports qui furent faits par l'ordre de Clément YII et de l'examen le plus sévère de la congrégation des Rites ; 3° des constitutions de Paul TI, de Léon X, de Paul III, de Paul IV et de Sixte Y ; 4° enfin des miracles nombreux qui se sont opérés et qui s'opèrent encore souvent dans la sainte chapelle de Lorette. Benoît XIV, après avoir cité et adopté ces autorités différentes , ajoute : « Nous ne pouvons nous contenir en voyant des « gens qui se piquent d'érudition et de finesse d'esprit « murmurer des paroles do doute sur la vérité d'un évé- « nement qui a pour lui les plus sages et les plus grands « noms de la critique ; » et il oppose à ces faux sages Bollandus, Papebrock, son continuateur le P. Alexandre, Théophile Raynaud, Baillet lui-même, le P. Honoré de Sainte-Mar»e , Graveson , Guido-Grandus, Calmet, Muratori, etc., qui tous admettent comme incontestable la vérité de cette histoire qui émut en son temps tous les peuples de la chrétienté'.

Quoi qu'il en soit de l'incrédulité de ceux qui ne peuvent admettre qu'un corps soit transporté d'un point à un autre de ce globe par une Puissance qui emporte incessamment ce globe lui-même dans l'espace, nous nous bornerons à iiuliiiucr ici la raison philosophique de ce prodige. Elle est fort belle. Tous les

1 Benoit XIV, De FestisB. V. Ifan'x, cap. xvi.

peuples de racepaïenne, bien que convertis au Christianisme, devaient disparaître, un seul excepté : le peuple romain, grâce à la Papauté qui le conserve et dont il méconnaît trop souvent le bienfait. Ainsi tous ces grands foyers de la civilisation antique : Alexandrie, Cartbage, Antioche, Éphèse, Constantinople, illustrés par les premiers prodiges de la foi et de la science chrétiennes, après avoir communiqué la lumière et la vie à TOccident, devaient s'éteindre. Quelque chose de caduc se faisait sentir dans ces races païennes relativement à la civilisation de l'Évangile, trop généreuse pour qu elles pussent la contenir sans se rompre, comme de vieilles outres auxquelles on confie un vin nouveau, ou la porter sans fléchir, comme ce colosse aux pieds d'argile à qui on avait voulu adapter une poitrine d'airain et une tète d'or. Il fallait des peuples neufs et des races fortes à l'Esprit de Dieu. Aussi voit-on pendant ces douze siècles de survivance, calculés par la Providence sur le temps nécessaire à la formation des peuples d'Occident, l'empire d'Orient chanceler de plus en plus sur sa base et ne subsister que par une succession de prodiges que lui-même était le premier à confesser. Ces prodiges , d'après son propre témoignage , étaient tous dus à la spéciale protection de cette Vierge qui avait enfanté le monde nouveau, et qui influait visiblement sur ses destinées. Aussi était-il d'usage à Byzance de porter sur le char de triomphe, comme celle qui avait réellement remporté les victoires qu'on y célébrait, cette célèbre Nicopcia, cette image de la Vierge Distributrice de la Victoire^ à laquelle semblaient attachées les destinées de l'Orient.

Quand ces destinées furent accomplies, quand l'heure

du Movebo candelabrum eut sonné, la main qui avait soutenu l'Empire dut se retirer, ou plutôt en transporter la succession à l'Occident, devenu majeur pour la recueillir. Gest alors que cette humble demeure de Nazareth, où s'était levée du sein de la "Vierge la Lumière qui devait éclairer toutes les nations *^ ^ fut transportée de l'Orient à l'Occident, comme le foyer de famille passe à l'héritier.

Voilà la grande et belle signification du prodige de Lorette, qui s'atteste lui-même, on peut le dire, par sa raison providentielle, autant que par l'impression de foi et de vie qu'on éprouve dans ce sanctuaire de grâce où nous avons tous été engendrés.

Que si on opposait à cette interprétation le Saint-Sépulcre laissé en Orient, sans que tous les efforts de la chrétienté aient pu le délivrer, nous dirions qu'il y a là une autre signification non moins admirable : c'est que Dieu, qui a fait les nations guérissables, a voulu laisser sur cette terre d'infidélité un gage et un gern>e de résurrection, et que si, en effet, comme tout l'annonce, l'Orient doit ressusciter, il ressuscitera du Saint-Sépulcre, du foyer catholique des Lieux Saints.

Le treizième siècle, que couronna ce céleste prodige, l'avait attiré, en quelque sorte , par sa dévotion enthousiaste envers Marie. Ce culte animait , consacrait tout : la vie religieuse, la vie privée, la vie publique, les institutions, les mœurs, les monuments, les arts. Ce chaste idéal de la femme chrétioime, joign;int dans une même Maternité la familbî liumaincî ;i In l'alernilr céleste p;ir la Fraternité de Jésus-Christ, fut le point suprême

• Luc, II, 32,

OÙ vinrent s'épanouir l'imagination et le cœur de tout le moyen âge : merveillense floraison de piété et de poésie qui retombait en fruits de grâce, de vertu, et de sainteté. C'était comme une émulation universelle à la célébrer cl à l'invoquer, non-seulement dans ces proses, séquences, antiennes, répons, dont le pieux génie des Herman Conlract et des Adam de Saint-Victor avait accru le trésor antique de sa Liturgie, et dont les multitudes charmées faisaient retentir les voûtes des grandes basiliques élevées en son honneur, mais dans ces poésies errantes, comme la chevalerie de ce temps, où les trouvères de Provence, les cantadours de la Guyenne, les bardes bretons, les chantres d'amour de l'Allemagne, les romanceros espagnols, les gondoliers de l'Adriatique, allaient redisant les joies, les douleurs, les grandeurs, et les miséricordes de Marie; et dans ces concours académiques connus sous le nom de Puys ou Pa- Imods, où la société tout enliùre mettait le plus bel éloge de la Dame de tout le monde, au prix, de la gloire d'une palme d'or.

Le quatorzième siècle recueillit et accrut encore ce trésor de piété envers Marie, que lui transmettaient les âges anciens, A travers tous les schismes religieux, et tous les déchirements politiques et sociaux de celte époque funeste, il n'y eut d'unité eu quelque sorte que pour le culte de Marie. L'Anglais, exécuteur de la justice céleste contre les cupides et sacrilèges dissensions des partis français, se croisa pour cette grande entreprise au nom de la douce Vierge Marie, l'invoquant dans les combats sous les noms de Sainte Marie I Notre-Dame d'Arundel! Notre-Dame d'Arleton! et suspendant les marches et les batailles pour célébrer en tout lieu les

solennités consacrées à son culte. Et lorsque le Ciel voulut retirer la France de dessous les décombres de sa ruine, et purger son sol généreux des insolentes occupations d'un ennemi oublieux de la faveur de ses succès, ce fut du modeste sanctuaire de Notre-Dame de Bermont et du pied de l'ermitage de Sainte-Marie que la vierge de Vaucouleurs, terrible comme une armée rangée en bataille^ déploya cette bannière blanche portant ces deux noms libérateurs : Jésus ! Marie! qui jetait la terreur et la fuite dans les rangs anglais, et qu'elle mena le Roi aux pieds de Notre-Dame de Reims pour y recevoir son sacre.

Deux grandes ligures à cette époque encadrent, au second plan, la rayonnante apparition de Jeanne d'Arc : l'une, est celle de « la femme la plus illustre peut-être « du quinzième siècle, si Jeanne d'Arc n'était pas arri- « vée', » Christine de Pisan; l'autre est celle du grand chancelier de l'Université , du patriotique conseiller des princes, de l'oracle du concile de Constance , et de l'auteur présumé de Vlmilation^ Jean Gerson. Ces deux grandes âmes, qui s'accordèrent si bien pour flétrir l'immoralité du Roman de la Rose, et pour célébrer Jeanne d'Arc*, se rencontrèrent aussi dans la dévotion

1 Expression do M. Paulin-Pâris.

• Voici trois couplets (lui donneront l'idi5e du poi^tnede Christine de IMsan sur Jeanne d'Arc, dont elle avait vu le prodige.

Une UlU'lte de seize ans, Si rahaissex, Anglais, vos cornes;

N'est-ce pas cliose fors nature? Car jamais n'aurez beau gibier.

K qui arme» ne sont pesans, En France lu; menez vos sonies*

Aln« semble que sa norriture Matez estes en l'eschiquier.

Y soit, tant y est forte et dure! Vous ne pensiez pas l'autr'icr"

Kt ilevBiit elle vont fuyant Où tant vous nionstriez piîrillcux ;

Ses ennemis, ne nul n'y dure. Mais n'estiez en cour ou sentier,

Elle fuit cf, mains ^eulx voïanl. Ui'i Dieu abat les orgueilleux.

* SorMll». — ** r«utra Jour.

à Marie, comme à la haute source des pures et nobles inspirations. Christine nous en a laissé un touchant témoignage dans une prière à Notre-Dame , en dix-huit strophes, où elle invoque la Vierge Marie sous tous les titres que la foi nous apprend à lui donner, et où elle appelle sa secourable protection sur tous les intérêts de la Religion et de la Patrie alors si cruellement sacrifiés*. — Gerson se porta le champion de l'immaculée Gon-

N'a-elle le Roy mené au sacre, Des coutrediz y ot tout plain.

Que tousjours teuait par la main ! Mais, maulgré tous, à grant noblesse

Plus grant (-hose oucques devant Acre Y fu receu, et tout à plain

Ne fut faite; car, pour certain, Sacré, et là ouy la lue&se.

1 Nous nous décidons, malgré sa longueur, à donner ici cette belle prière, dont la bibliothèque impériale possède un manuscrit, et qui n'a été imprimée qu'une fois dans un cxcellenl travail qu'on ne retrouve plus, l'Essai sur Christine de Pisan par Raymond Tiiomassy. La diversité des invocations de Marie, et leur rapport aux grands intérêts sur lesquels on appelle son assistance, font du celle pièce un monument de la foi et du patriotisme de Christine de Pisan, et de la détresse delà Franco, qui semble y parler par sa bouclie.

I, Pour sainte église à requérir

„ ... . „ . , Ce vueil, qu'il te plaise acquérir

0 Vierge pure, uicomparable, „ . ' . . "^ .„■., '

, . 5 • • .-Il Paix et vraie Iranquilhté ;

Pleine de grâce mexliniable, n. ■ i . ■

„„.",.,. Et SI bon iiastour nous queru-.

De Dieu mère Ires-glorieuse, r, • . , - .,• •

A qui te requiert secourable, f' Z*^"^ """\f*'^'=,!'. f '^" <=""^"-

Ma prière soit acceptable ^ ^^^ Y' '" ''"""'"•^- Devant toy, Vierge précieuse! Maria.

Douce Dame, si te requicr ...

Que m'oltroies ce que je quier.

C'est pour toute crestienté Vierge sacrée, pure et ferme,

A qui paix et grant joye acquier Si cora saint Bernard nous afferme

Devant ton Fiiz, et tant enquier En son saint sermon de l'Adveut,

Que tout bien soit eu nous heulé. Celle qui en foy nous conserve

Ave Maria. Et en purté, et nous defferme

Le ciel, si comme il fu convent :

t'- Je te pri pour tous les prêtas

Et si, com saint Bernard tesmogne, De saincte église, que des laz

Celle es par qui noi'S prolongue De l'anemi tu les deffendes ;

Tout mal, et qui adès ne fine Curés et prestres leur solaz

De procurer nostre besoigne Soit en bien faire, et jamais las

Devers Dieu, priant qu'il n'esloigue Ne soient, et que ou ciel les rendes. I ' De nous sa grâce pure et fine ; Ave Maria.

a Vierge, qu'il fut défendre au nom de

ception de

l'Université dans un tournoi dogmatique devant le Pape

à Avignon, et déploya pour l'amour d'Elle la dévotion

Ovulte pure cl eulerine, De toute bonté la racine, Si com saiut Jérosine nous dit, Assise ou plus hault termine Du ciel par la grâce divine Après ton Filz, com fut presdit ; Pour le Roy de France te pri Qu'en pitié lu oyes le cry De SCS bons et loyaux amis ; Paix et vraye santé descry A luy ou livre l'escry Où Dieu a tous ses eslus mis.

Ave Maria.

0 tu, Vierge prédestinée Très avant que tu fusses née, Ainsi le dit saint Augustin, De la Trinité ordennée, Pour nostre sauvcment donnée, Pure et perfailte par destin:

Pour nostre Hoync de France Te pry qu'elle n'ait jii soulFrance De peine infernal, ol lui donnes Joye et paix, et liens en souffrance Long-lcnipsau monde; après l'oiitraucc De la mort, de son âme ordonne.

Ave Maria.

Uanic des Angcis très coiirtoisi*.

Si com lesmoingne «aiut Ambroisc, Miroucr de toutes les vertus, Vraye humilité (|ui la noise D'orgueil rabat, et qui racoÏM D'yrc la force cl lu vertu:

Paix, bonne vie et bonne lin Donne à nionscigneur le Daulpliin, Et scienei! potir gouverner I.e peuple, qui de bon cucr lin L'niine; et vuuillrs qu'à celle fia Après In |>ère il puist régner I Ave Morin,

Royne, qui des mauh nous lève Lesquels nous empêtra dame Eve, Si com saint Augustin raconte, Tu es celle qui n'es pas lève A nous cxpurgicr do la oèvc De pécliié qui trop nous surmonte ; Pour les enfants du Roy prière Te fais, Vierge Irès-saingulière, Que tu leur donnes bonne vile, De vraye science lumière, Et Paradis après la bière; En eulx soit ta grâce assovic !

,Vve Maria.

vni.

Très-pure, qu'on ne puet louer Soufnsemment, tant à louer Si sache nul, dit saint Jérosme, De doctrine le parlouer El d'onnesteté le niirouer Le pilier de foi cl la cosnie :

Pour le noble duc d'Orlieiis Te pry, que gardes des liens De l'anemi qui lousjourg veille ; Pries ton Filz que de tous bieps Il remplisse lui et les siens.

Et l'âme en Paradis recueille, Ave Maria.

Vierge, qui tous lesiiéchiez donUtc, Dont en son sermon nous raconte Saint Dernard, qui dit et recotxle yue de toy louer à droit compte Nul n'est Houflisiint, et pou monte Vers ta bonté quan'|iu> on recorde :

Pour les oncles du Itoy prier Je te vueil, et merey crier Que tu leur dounes Paradis, Le royaume en paix aller, Tout bien, joie sans délrier, Sapience en fais et en dis.

Ave Maritt,

la plus tendre à saint Joseph, ^u'il chanta dans le poëme intitulé Josephina, et dont il fit instituer partout le culte.

Trésorièrc, qui toutes passe Les femmes en qui Dieu mist grâce, Si com saint Jérosme nous dit, De sapieuce la praut masse De celle qui noz maulx efTace, Et que Dieu poiut ne coutredit :

Tous les nobles royauU enfants De mal et de péril delFens, Fils, filles, dames, daiuoisclles.

Le laz de l'auemi pourfens, Si qu'il ne leur quist faire ofTeos N'a ceulx qui sont ou euli n'a celles. Ave Maria.

Dame, de qui l'umain lignage Ne se puet eu ce monde ombrage Passer, ce dit Cassiodore, Leur patronne, leur nef, leur barge, Qui le couduit à droit rivage Ou temps passé et ou temps d'ore :

Et pour d'Alcbrclh le bon Charles Te suppli qu'à ton doulz Fils parles, Et pour tout le bon sang royal, Soyent ou femmelles ou niaslcs, DelTens es peines infernales, Et qui l'aime de cuei" loyal. Ave Maria.

Fontaine pleine de pitié.

De grâce et de toute ainistié, Dist saint Ueruard eu son liermon, Commune à tous, bien esploitié ^ A qui de toy s'est acoiiitié ; Car de pécbié romps le lyiuou :

Je te pri m'oroisou reçois, Et le royaume des François De mal et de péril tu gardes.

Et d'anemis se l'aperçois De guerre et de contens*, ançois Que tes loyauli amis y perdes.

Ave Maria.

* CoDtoQlion$.

XIU.

0 lumière céLestièle '

De nous conduire la droite elle.

Si comme dit saint Anseaunie (AnMlme), Qni tant portas doleur cruèle, A la mort ton Filz qui t'appelle Tu lui es defTeuse et lieauiae :

Pour la noble chevalerie De France je te pri, Marie, Et pour tous not)les euseoient ; Leur amcjà ne soit périe ; Par toy et par eult soit garie France de mal et de tormeut.

Ave Maria.

O eageudreréce de ■»ic Et de Dieu espouse et plevie.

De toy saint Bernard le recorde.

Eu corps et en âme ravie, Ou hault ciel eu gloire assouvie. Fontaine de miséricorde :

Pour le clergié et les bourgeois, Dame, prière je te fais, Et pour marchaus et pour commun ; Prie cil qui moru eu croix Que aut âmes leur soit courtois.

Et tout bien soit eiilr'eui conmiun.

Ave Maria.

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