XV
Dame de grâce, la droite ente Qui devaut Dieu nous repente, Et ce tosmoigne saint Bernard, Nostre moyen et nostre sente, Nostreescu quant péchié nous tempte.
Qui pour nous prie maint et tard :
Pour tous les laboureurs de terre Te pri que leur veuilles acquerrc Sauveraent, et leur donnes grâce Que tel labour puissent pourquerrc Dont Dieu soit servi eu tout erre, Et toute la terre en soit grâce.
Ave Maria.
Cependant le culte chevaleresque , aussi bien que le culte liturgique de Marie, ne cessait de recevoir des accroissements : en son honneur, le roi Jean fonda l'Ordre des chevaliers de l'Étoile; Charles VI, celui de Notre- Dame de l'Espérance; Louis II, duc de Bourbon, celui *^du Chardon de Notre-Dame; Philippe de Bourgogne, l'Ordre de la Toison d'or; Ferdinand de Castille , celui du Vase; et Christian I", roi de Danemark, TOrdre de l'Éléphant. Ces Ordres n'étaient pas purement honorifiques, mais ils emportaient tous des devoirs de dévotion, tels que le jeûne, Taumône, la prière, et constituaient de vrais dévouements au culte de la Mère de Dieu, Ils étaient le plus souvent le mémorial et comme Vexvoto de la reconnaissance nationale pour quelque grand bienfait sollicité et obtenu de la toute-puissante protection de Marie.
Il en était de môme des fêtes liturgiques : ainsi fu-
XVÏ.
Coulombc simple, sade et blauchc, De pécliit^ monde, pure et franche, Si comme ton Filz t'appela Quant de la mort passas la planche, Et entre ses bras comme branche Ou ciel te porta, pour cela Te pri pour tous les trcspassez De Purgatoire, qu'elTacez Soit de leur pécliié le limon ; Et soi'^ut en gloire passez.
Et de ton l'ilz soit enbracez.
L'etpcrit Charles roy quint du nom.
Ave Uaria.
xvn.
Vicrgc-nièrc, de Dieu anccUe, De la Trinité temple et celle, Saint Jérosme en Tait meuciou ; Après l'enraulenicnt puccllc.
Sur toutes rcmmcs tu es cello Qui de grâce eut préTcnciun ;
Pour le d(5vot sexe des femmes Te prie, que leur corps cl leur an.is Tu ayes eu ta siiincte garde ; Soient damoiselles ou dames Ou aultres, gard-les de dilîames ; Et que feu d'enfer uc les arde.
Ave Maria.
Vierge pure, par les fontaines De tes chastes veulz, cl les peinv.s Qu'à ton Filz vois en la croix, Dist sailli Ai^seaunie, et les vaines De son corps qui pendait en a-ne' Ouvertes, te pri qu'os ma vois, El k Ion Kilz qui l'ut morl mis Pour nioy et pour tous mes amis Il le plaise à faire prit're ; El la gloire, qu'il a promis A cculx (|ui onl pitchié remis, Mous ultroil et grâce plaiolèrc.
Ave Maria,
rent établies la fôte de la Visitation par le pape Urbain VI, pour obtenir la cessation du schisme ; l'Office des Sept-Douleurs par le concile de Cologne, pour protester contre le sacrilège vandalisme des Hussiles qui insultaient à cette touchante dévotion ; la fêle de la Présentation par Sixte IV ; la fête du Saint-Rosaire par saint Pie V ; et la fête du Saint-Nom de Marie par Innocent XL
A ces deux dernières fêtes est attaché le souvenir des deux derniers grands coups portés à l'Islamisme. Les pieux fidèles auxquels on abandonne l'observance de ces commémorations ont le glorieux privilège d'acquitter, pour le monde entier, la dette de la civilisation sauvée à Lépante et à Vienne par la céleste protection de Marie. L'ignorance ou l'oubli de l'héroïsme pieux qui brisa la puissance ténébreuse du Croissant et fit définitivement prévaloir la vivifiante clarté de l'Évangile, devraient être modestes , et reconnaître dans le Catholicisme l'archiviste des pius glorieux triomphes de l'humanité, après en avoir été le promoteur. A Lépante, la puissance navale des Turcs fut anéantie par la croisade des Vénitiens et des Espagnols, commandés par don Juan d'Autriche, sous l'inspiration de saint Pie V. Ce grand pontife , nouveau Moïse, se mit lui-même à la tête d'un assaut de prières par la récitation du Saint-Rosaire dans toute la chrétienté, pour appeler le secours de Marie dans la suprême lutte où se jouaient les destinées de l'Italie et de l'Europe ; et la vision qu'il eut de la victoire, au fond de son palais, au moment môme où elle se décidait sur les flots de la mer Ionienne , fut le gage de ce secours de Marie auquel on la dut : c'est la commémora-
tion de ce grand événement qui est l'objet de la fête du Saint-Rosaire. — Mais la puissance du Coran se soutenait encore par ses forces de terre, et un siècle après, marchant sur l'Allemagne au nombre de deux cent mille hommes, elle se présenta sous les murs de Vienne. Une croisade de tous les princes chrétiens, inspirée par Innocent VI et commandée par Jean Sobieski, roi de Pologne, reproduisit le drame libérateur de Lépante. Le jour où devait être livrée la bataille, Sobieski entendit de grand matin la messe, à laquelle assistèrent ses généraux, dans la chapelle de saint Léopold. Il y communia et il tint ses bras étendus en croix pendant la plus grande partie du Saint Sacrifice. La messe achevée, il se leva en s'écriant : « Marchons à l' en7iemi avec confiance^ sous la protection du Ciel et sous r assistance de la Vierge. » Cette confiance ne fut pas vaine : les infidèles lurent taillés en pièces et laissèrent sur le champ de bataille le grand étendard ottoman, symbole de la fortune de leur empire, qui, depuis ce jour et celui de Lépante, a été en décroissant. C'est en souvenir de celte délivrance que fut instituée, ou du moins étendue à toute la chrétienté, la fête du Saint-Nom de Marie, foulant réellement aux pieds le Croissant.
Mais l'hérésie, déchaînée au sein même de l'Europe, devait éprouver par une lutte plus intime et plus prolougée, les immortelles destinées de l'Église et de la Vérité. Ce fut surtout au culte de la Vierge et des Saints qu'elle s'attaqua. Grand témoignage do l'iniportance de ce culte dans le Christianisme, et qui le recommande evrellemmcnt à notre ferveur et à notre piété î Ne dédaignons pas, ne négligeons pas ce qui est si fort consacré par les mépris de l'erreur el les profanations de
TABLEAU niSTORIQUE DU CULTE DE LA SAINTE VIERGE. 275
l'impiélé. L'h<5résie, du reste, montra dans sa haine sacrilège contre le culte de la Mère de Dieu toute la fausseté de sa double prétention. VÉvanfjile et la Tolérance, ces deux grands mots par lesquels elle égara les multitudes , reçurent de sa conduite à l'égard de ce saint cuKe le plus tiagrant démenti. C'est sur l'Évangile, en elîet, c'est sur les hommages qu'il rend si solennellement à Marie par la bouche de l'Ange, d'ÉlisaJjeth, du Saint-Esprit; par la coopération à tous les grands Mystères de notre salut où il se complaît à nous la montrer, qu'est fondé le culte que nous rendons à cette Vierge auguste. C'est du titre évangélique de Mère de Dieu que ce culte, comme dit Bayle, découle naturellement. En attentant à ce culte, l'hérésie attentait donc à V Evangile. Elle n'attentait pas moins à la Tolérance par la sauvage destruction de tant d'images, de tant d'autels, de tant de temples consacrés à INhu-ie, sans respect pour la liberté des âmes lidèles à la foi de toutes les générations qui avaient précédé.
Une piquante et mémorable leçon fut donnée à ce sujet à la lUHorme. Le fait est peu connu, et il mérite d'être rapporté. En 1528, les Calvinistes débutèrent à Paris par l'insulte et l'outrage au culte de la Mère de Dieu. Ils mutilèrent une statue de la Vierge, qui était l'objet d'une grande vénération, et lui retranchèrent la tête. Le peuple de Paris s'émut profondément de ce double attentat contre sa foi et sa liberté, et voici la double protestation par laquelle il vengea l'une et l'autre. Le roi François I" fit faire une nouvelle statue en argent doré, de beaucoup plus belle que la première, et la portant lui-même dans ses royales mains à la suite d'une procession immense où toute la société voulut entrer, il
276 LIVRE III, CnAriTRE IX.
fut la placer au lieu où était l'ancienne. Quant à celleci, elle fut recueillie dans l'clat de mutilation où l'avaient mise les R(5form6s, et portée ensuite en grande pompe dans l'église de Saiiit-Gervais ; elle y fut instituée et vénérée sous le titre de Notre-Dame de la Tolérance. Charmant et éloquent enseignement, qui tirait parti du sacrilège contre ses auleurs, et qui faisait sortir la "réparation de l'outrage * ! C'est ainsi que la Vierge confondait la Réforme, et continuait à justifier l'antique louange : Gaude Maria Virgo, cimctas hœreses sola interemistl in universo mimdo!
La Réforme provoqua dans le sein de l'Église une réaction de foi, de sainteté et de lumière, qui profita au culte de la mère de Dieu et le fit grandir encore dans l'humanité. La vénération et l'amour redoublèrent en raison de la profanation et du sacrilège. Tout devint temple et autel pour Marie : les carrefours des villes, les façades des maisons, les arbres des forêts, l'intérieur des demeures : l'image de Marie se voyait partout , et partout recevait les liommages de la piété chrétienne et de la plus filiale dévotion. Un arl nouveau, on peut le dire, par la perfection à laquelle il fut porté, la peinture, s'inspira du céleste idéal de la Mère de Dieu, cl lui voua ses créations les plus suaves. Raphaël fut comme l'épanouissement de cet art qui avait préludé depuis deux siècles par des œuvres admi;rables, maisqui^ en lui, atteignit son apogée. Los chefsd'œuvre de son pinceau ne furent pas localisés à ntalic comme ceux de la plupart de ses devanciers, mais semés dans l'Europe, disputés par les souverains et les
' Jacodus Dbeuleus, In Aiititj. Parlt.
cités : même au sein de Thérésie, ils exercèrent une sorte d'apostolat universel en faveur de la Vierge, et la vengèrent, par un culte d'admiration pour les merveilles qu'elle avait inspirées, des profanations dont tant d'autres de ses images avaient été l'objet.
Mais un apostolat plus direct était enfanté par elle, pour la gloire de son divin Fils et le salut des hommes. Un chevalier espagnol de noble race, arrêté dans le , cours de ses dissipations et de ses aventures par un coup de feu reçu au siège de Pampelune, s'éveille au monde de la foi et de la grâce par l'impression d'une sainte lecture dans la retraite où il était condamné. Une nuit qu'il était prosterné devant une image de la Vierge, il . se sentit si profondément touclié , qu'il résolut de se consacrer au service de la Mère de Dieu. Dès qu'il est en état de sortir, il monte à cheval et se rend à l'abbaye de Mont-Serrat, pèlerinage fameux par une image miraculeuse de Marie. C'était le jour de l'Assomption. Le soldat pèlerin voulut faire, à l'exemple des anciens preux, la veillée d'armes devant l'autel de la Vierge. Il s'y déclare son chevalier, suspend son épée à un pilier pour marque de son renoncement à la milice séculière ; puis se retire dans une caverne où, parmi les prières et les austérités les plus propres à le mortifier pour le faire renaître, il conçoit, il crée le célèbre Institut de la Société de Jésus, qui a si excellemment justifié son titre et sa mission Évangélique par tout le bien qu'il a semé et tous les outrages qu'il a recueillis dans le monde.
Une multitude d'autres Ordres ou Congrégations naquirent en même temps, pour faire tète à Terreur et à la licence : tous, comme ceux qui les avaient précédés, ^^ t II.
se firent gloire de relever de Marie, et se déclarèrent ses serviteurs. La dévotion à Marie, l'exaltation de ses grandeurs et de ses privilèges fut partout un des plus vivants caractères de la réaction catholique qui enfanta le dix-septième siècle. Une pléiade de docteurs illustres par la sainteté autant que par la science, et par l'expérience de la vie spirituelle autant que par les déductions ou les illuminations de la pensée, forma comme un chœur de louan-e en son honneur. Il suflit de nommer Suarez, saint François de Sales, le cardinal de Bérulle, M. Olier, saint Yincent de Paul et Bossuet. La doctrine cl emêmc sembla s'élargir pour faire à Marie une plus arande place, et toute la Religion en reçut des proportions plus vastes. Car c'est une chose remarquable, que tout ce qui élève Marie, exalte Dieu ; et que tout ce qui exalte Dieu, tourne à la plus grande gloire de Marie. Ainsi le Plan divin avait été jusque-là envisagé principalement dans le rapport de l'Incarnation avec la Chute, et dans l'antithèse de ses deux états de Ihumanité élevée par la Rédemption c\ la synthèse de l'Union divine : magnifique plan assurément, dont nous avons admiré l'exposition dans saint Irénée; qui a été le sujet des plus riches considérations de la part de tous les Pères et de tous les Docteurs qui ont succédé, et dans lequel Marie apparaît comme la nouvelle Eve. Une vue plus profonde et plus haute du Plan divin distingue la théologie au dix-septième siècle, telle «lu'cllc ressort notamment de saint François de Sales, de Suarez, de M. Olier, du .aidinal de Rérulle et de Hossuet : c'est celle que nous avons essayé d'exposer dans la Vierr,e Marie et le Plan divin, à savoir, que rincarnalion, et i-ar consé.iuenl la MaUiinilé divine de Marie, u apas seulement pour raison
TABLEAU niSTOBIQUE DU CULTE DE LA SAINTE VIERGE. 279
la réparation de la Chute, mais la gloire de la Création même dans son universalité, non comme conséquence, mais comme dessein primordial. Ouand nous avons exposé cette doctrine, nous ne savions pas qu'elle avait pour elle Tautorilé si mesurée et si grave de Bossuet. Nous avons été heureux de la retrouver litléralemenl dans ces paroles de son premier sermon sur la fête de la Toussaint : « Si nous allons encore plusavanl dans le « dessein de Dieu, nous trouverons quatre communica- « lions de sa nature. La première dans la Création, la « seconde se fait par la Grâce, la troisième de sa Gloire, •« la quatrième de sa Persomie. Et si le moins parfait est «. pour le plus excellent ; donc la création regardait la « justitication, et la justification était pour la communi- « cation de la gloire, et la communication de la gloire « pour la personnelle. C'est la gradation de saint Paul: « omnia vesira sunt, vos autem Christ i^ C/iristus aiitem « Dei^ ; Tout est à vous, et vous êtes à Jésus-Christ; et « Jésus-Christ est à Dieu....» Ouel doit être cet Ouvrage « à qui la création de cet univers n'a servi que de prête paration ! » — Cet ouvrage est l'union personnelle du Créateur à la créature en Jésus-Christ, par Marie. Quel surcroît de gloire n'en reçoit pas celte Vierge Sainte ! « C'est pourquoi , ajoute un savant théologien de la « même école, il est dit d'elle que seule elle a fait le tour « du ciel, parce que le Christ, qui est le cercle qui en- « ceint tout, a été enceint par elle , dit Richard de « Saint-Laurent; ou parce que, par rincarnation, le « cercle de la création s'est refermé, comme dit saint « Thomas , que les créatures sorties de Dieu par le
* I Corlnlh., ni, 22, 23.
« Verbe y font retour par le Verbe, et qu'ainsi ce tour « admirable de Dieu en Dieu se fait par Dieu en Ma- « rie'. »
Comme on le voit par cette dernière citation, cette doctrine n'était pas à proprement parler nouvelle ; car il n'y a rien de nouveau dans la vérité : mais elle était nouvellement exposée selon que, par V attention aux saintes Écritures et à la doctrine des Ancie?îs, on peut la découvrir, comme dit saint François de Sales '^. Et ainsi la gloire de Marie grandissait toujours dans l'Église.
Elle reçut en ce même temps un des plus grands hommages qui puissent lui être faits sur cette terre, l'hommage du plus beau Rotjaume, après celui du ciel. Plusieurs fois déjà la France avait éprouvé la protection spéciale de Marie en retour des vœu\ particuliers qu'elle lui avait faits dans des circonstances critiques pour ses destinées. Elle lui avait dû notamment saint Louis, né d'un vœu de la reine Blanche à la Maternité divine ; les grandes victoires de Bouvines, de Mons-en-Puelle et de Cassel hautement attribuées à son céleste secours par Philippe-Auguste, Philippe le Bel et Philippe le Valois, qui l'avaient invoquée dans le péril, et qui la glorifièrent dans le triomphe ; enfin la Vicigc de Doniremy balayant l'Anglais, et rétablissant le trône, dans sa course héroïque de Notre-Dame de Bermont à Notre-Dame de Reims, aux noms libérateurs do Jésus et de Marie. Louis XIll ne se crut pas moins redevable h Marie de la conservation de la France au milieu des trou-
• Vincent CoNTiNgON, Theoing. apirii.
* Traité de l'amour de Dieu, llv. II, cliap. iv.
bles qui avaient menacé de la dissoudre , et de la naissance de Louis XIV après vingt-deux ans d'un mariage infructueux.. Pour reconnaître cette protection et pour la fixer sur la France, ce pieux monarque fit à la Reine du ciel la consécration solennelle de sa couronne et de son royaume, en les plaçant sous son Patronnage par une perpétuelle dévotion. Le quinze août, fête de la céleste Assomption de Marie, fut le jour commémoratif de ce Vœu national que la France acquitte encore tous les ans après tant de bouleversements et de commotions, et auquel elle doit peut-être sa préservation et la fortune de ses armes. De ce Voeu, sembla jaillir le Grand Siècle. La piété qui l'avait inspiré respire dans tous les beaux génies .qui portèrent si haut alors la gloire de l'esprit humain, et dont les deux aînés. Corneille et Bossuet, furent les plus humbles serviteurs de Marie.
Mais un des caractères les plus sensibles de la gloire de Marie a toujours étéde partager les vicissitudes de Jésus- Christ et de son Eglise, et d'en sortir toujours plus éclatante. C'est ce qui devait se montrer une centième fois dans la grande épreuve du Jansénisme. — Le Jansénisme a fait avorter ce magnifique mouvement de réaction catholique que provoqua la Réforme, et dont Bossuet est le dernier tenant ; il a contribué puissamment à faire verser la société chrétienne dans l'impiété du dix-huitième siècle. Cette impiété préludait, comme toujours, par un rigorisme outré, qui s'attaqua d'abord au culte de la Sainte Vierge, comme attentatoire à celui de Jésus-Christ. Nous avons déjà fait connaître ailleurs, par l'éloquente réfutation qu'en fit Bourdaloue, le manifeste de la secte à ce sujet, sous le titra
282 LlYRE III, CHAPITRE I.\".
à' Avis de la Bienheureuse Vie?'ge à ses dévots ijidiscrets. On sait aussi à quelles mutilations liturgiques se porta cette nouvelle réformation, et par quelle haine filiale contre le culte de la Vierge et des Saints elle fut se confondre avec la Réforme. Mais ce qu'on ne sait pas assez, c'est tout ce que, dès le principe , dès son Age d'or, le Jansénisme renfermait d'orgueil sacrilège et idolàlrique, jusqu'à se mettre lui-même sur les autels à la place de la Mère de Dieu. Voici à ce sujet un document inédit que nous avons trouvé dans la salle du Chapitre de Notre-Dame de Paris, et qui porte tous les caractères de la plus immédiate authenticité.
A la suite d'une lettre autographe de saint François de Sales au R. P. Binet, sur la résistance apportée par ce Saint à la demande de la Mère Angélique d'entrer dans l'Ordre de la Visitation, on lit la note suivante d'une main contemporaine : «Lettre de la main de saint Fran- « rois de Sales à la Mère Mai'ic-Angélique Arnauld, qui « li-ansfèra à Paris le Poi t-Royal des Champs deux ans « auparavant, et à qui est prédite la perte de la foy chez « elle, à moins d'un attachement inviolahle à l'Église « romaine. Cependant peu après elle reçut la doctrine « de M. de Saint-Gyrau qui la gagna , et sa sœur la « Mérc Agnès, et ses trois frères au dehors. Il disait c( qu'il n'avait connu que deux personnes qui eussent a la teste assez forte pour passer deux Pasques sans a communier ; c'étaient ces doux sœurs, appelant force « d'esprit la résistance à l'Eglise'. — La susdite Mère
• A quelles vUibles conlradlclions est Tonéc l'erreur ! Voici In Jan- •ânlMmo, dont iVrrcur propre est de proi'eKfior (|iio la pràre rail tout en Dou», HuuH (jiic noua a^oiia la force d'^ coopérer, cl ciui en mûinc
« lomba dans un tel aveuglement, qu'elle disait qu'elle « aimait mieux être canonisée (ne faisant pas de doute « qu'elle devait Tétre) du pape de Port-Royal, que de « celuy de Rome. — En effet, M. de Singlin, qui suc- « céda à M. de Saint-Cyran, la déclara sainte un an « après sa mort, sous le nom de sainte Magne, et les « Messieurs changèrent en son honneur le Sub tuuni, et « autres oraisons du Bréviaire; et on faisait des reli- « quaires où l'on donnait de ses reliques, ayant ouvert « pour cela son tombeau. M. Chamillarl, dans ses écrits, « proleste d'en avoir plusieurs, et des autres moins « étranges superstitions' . »
Ainsi, voici tout ce beau zèle pour l'honneur de Jésus- Christ contre les dévots indiscrets à la Sainte Vierge, qui aboutit à substituer le culte de la Mère Arnauld à celui de la Mère de Dieu; à chanç^er pour elle le Sub xuuM ! On reconnaît bien là l'inspiration de celui qui a dit ; « Je m'élèverai au ciel, j'exhausserai mon trône au- « dessus des astres de Dieu, el je serai de pair avec le « Très-Haut^. »
Un tel orgueil devait être précipité. Malheureusement il entraîna avec lui la société, en la déliant du joug de l'Autorité, et la livrant à tous les emportements de la licence. Le monde s'abîma. Tout culte disparut : tout foodement moral et social fut submergé dans la tempête ; et par une dernière conséquence du principe qui avait amené cet épouvantable renversement, la Raison
temps éloigne des Sacrements qui la donnent, et prétend que nous sommes de force à nous en passer !
1 On lit au Las de celle pièce : "Bihce sauvée en 1797 par Jacques- François Bellot, diacre de l'Efjlisc de Paris,
* Isaie, XIV, 14.
284 LIVRE m, CHAPITRE IX.
prostituée à tous les excès se mit à la place de Dieu sur les autels, dans une personnification digne d'elle. On changea aussi j^our elle le Sub tcum, et même le Te Deu.m !
Le culte de la Très-Sainte Vierge rentra alors avec celui de son divin Fils dans les Catacombes, et il y reçut, comme au commencement, l'hommage des Martyrs. Il éclata souvent aussi par leur bouche, à la face des tyrans, alors que, marchant au supplice, ils faisaient planer au-dessus des imprécations et des blasphèmes d'une multitude cannibale les angéliques strophes de VAve Maris Stella, ou du Magnificat, commencées sur la terre et achevées dans le ciel.
L'héroïque Vendée puisait en môme temps dans ce saint culte, inséparablement uni à celui de Jésus-Christ, ses résolutions les plus invincibles et ses suprêmes consolations, alors que, dans les carrefours de ses champs dévastés, ses populations proscrites invoquaient Notre- Dame du Gt'os-Chèjie, ou que la récitation du chapelet interrompue par l'appel aux armes, le pieux rosaire était revêtu comme une armure au cou des combattants, tandis que les femmes et les vieillards les assistaient du redoublement de leurs prières.
Cette fidélité héréditaire au culte de la Mère de Dieu avait été accrue dans ces pieuses provinces, près de cent ans avant, par l'apostolat d'un saint missionnaire qui, dans le dépérissement de la foi, avait eu le prophétique pressentiment du réveil religieux, auquel nous assistons aujourd'hui, en l'attribuant à Marie : «C'est par la Très- « Sainte Vierge Marie, écrivait il y a cent cinquante a ans, le vénérable Grignon de Monlfort , que .lésustt Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'il
« doit y régner... C'est par Marie que le salut du inonde « a commencé, et c'est par Marie qu'il doit ôlrc con- « sommé... C'est pourquoi Dieu veut que sa sainte .« Mère soit à présent plus connue, plus aimée, plus ho- « norée que jamais; il veut la révéler et la découvrir « comme le chef-d'œuvre de ses mains... Marie doit « éclater plus que jamais en miséricorde, en force et « en grâce, dans ces derniers temps... Si donc, comme « il est certain, le Règne de Jésus-Christ arrive dans le « monde, ce ne sera qu'une suite nécessaire de la con- '< naissance et du Règiie de la Très-Sainte Vierge Marie, « qui l'a mis au monde la première fois, et le fera éda- « 1er la seconde ' . »
Parmi les titres à la canonisation de ce grand serviteur de Dieu, dont le procès s'instruit en ce moment, ce n'est sans doute pas un des moindres que cette vue si anticipée de la rénovation du Christianisme par ce culte de Marie auquel il a si généreusement contribué. Marie elle-mémo, de ce haut degré de gloire où la élevée sur la terre la proclamation dogmatique de sa Conception Immaculée, semble projeter sur son Apôtre les rayons de cette gloire qu'il a saluée dans l'avenir, et qui lui revient justement dans le passé.
Cependant la tempête qui semblait avoir englouti à jamais les destinées de l'Église et de la foi en France sévit longtemps après avoir été domptée, comme ces vagues qui prolongent sur les côtes les coups de la tourmente apaisée sur TOcéan. Le culte chrétien, bien que rétabli dans la loi, resta en minorité dans l'opinion. Le pouvoir lui-même, qui avait rappelé la Religion, osa
' Traité de la vraie dévotion à la Mûre de Dieu.
286 LIVRE m, CHAPITRE IX.
porter une main sacrilège sur son Pontife. Mais cet attentat suscita la foi dans les âmes plus que ne l'avait fait la faveur, et le culte de la Vierge en eut les prémices. Parmi les détresses et les angoisses de sa double captivité, Pie yil se confia à Marie ; et lors de son définitif rétablissement , dans la conscience intime que cette merveilleuse vicissitude d'événements qui l'avaient ramené aux applaudissements de tout l'Univers sur son Siéf/e, devait être attribuée à l'intercession de la Très- Sainte Mère de Dieu, dont il avait imploré et fait impiorer par tous les fidèles chrétiens le puissant secours, ce saint Pontife décréta quune fête serait instituée en l'honneur de la Vierge-Mère, sous la dénotnination rf'AuxiLiATRicE DES CHRÉTIENS, à la date du 2k mai y an7iiversaire de son heureuse réintégi'ation dans Home, en souvenir perpétuel et action de grâce d'un si grand bienfait *.
Pie YII ne faisait, en instituant cette nouvelle fête, que suivre rexemplc de ses prédécesseurs ; il le dit luimême dans la légende de rOfiice, en rappelant la conduite de saint Pie V, au sujet de la victoire de Lépante. Le culte de Marie s'enrichissait ainsi de ses bienfaits.
Cependant l'iiiver de l'impiété commençait à céder sous un nouveau souflle de vie. Le culte de la Vierge se ressentit le premier de ce réveil. Partout il se ranima comme à l'invilalion du céleste Époux, redisant la suave parole du sacré Cantique : « Léve-toi, mon aimée, ma « colombe , ma belle , et viens. Car déjà l'hiver est « passé, la pluie s'en est allée et retirée, les fleurs « sont apparues en notre terre, le temps de la (aille est
' Légende du rOUlco do Nolre-Daœe-Auxilialrice.
« venu et la voix de la tourterelle s'est fait entendre. » Toutes les anciennes dévotions à la Sainte Vierge reparurent et de nouvelles vinrent s'y joindre. Deux, principalement, donnèrent à son culte un essor nouveau : le Mois de Mairie, eiV Archiconfrérie de son Très-Saint Cœur.
L'institution du Mois de Marie est peut-élre nouvelle dans sa coutume, mais, comme tout ce qui est catholique, elle est ancienne dans son esprit ; et les paroles du sacré Cantique que nous venons de rapporter et que l'Église n'a cessé d'appliquer à Marie, sont le témoignage de cet antique esprit qui associe le réveil de la grâce à celui de la nature, et qui oppose le culte de la Pureté aux séductions des créatures, et à la fermentation des sens. Le Mois de Mai'ie est admirablement placé à cette époque climatérique de Tannée, comme préservatif et antidote contre les venins du Serpent^ selon l'antique doctrine de l'Eglise. Au surplus, ce rapport du printemps de la nature avec celui de la grâce en Marie est trop vrai pour ne pas avoir été senti de tout temps, et on en trouve un intéressant témoignage dans un vieux chapiteau de l'ancienne abbaye de Gluny, portant, au milieu d'une auréole, la figure de la Sainte Vierge autour de laquelle on lit ce gracieux hexamètre :
Ver piimos flores primos adducit honores.
« Avec les premières fleurs, le printemps ramène « (pour Marie) les premiers honneurs. »
\j' Archicon frérie du ti^ès-saint et immaculé Cœur de Maine se recommande par une opportunité et par des eiïets non moins admirables. C'a été une pensée vrai-
ment inspirée de Dieu, que celle de fonder dans un temps de glaciale indifférence, et dans un sanctuaire que le culte des plaisirs el des affaires au milieu duquel il est placé avait rendu complètement désert, une dévotion dont le cœur virginal el embrasé de Marie serait le foyer. Quelle confiance dans le pouvoir de Marie qu'une telle entreprise ! Mais quel succès que celui qui est venu la justifier! Le vénérable curé de Noire-Dame des Victoires a pu voir son église, de la plus délaissée, devenue la plus fréquentée, non-seulement de Paris, mais de la France, et on peut dire du monde entier. Les innombrables affiliés de rArcbiconfrérie, dont elle est le siège, en ont fait comme la paroisse de la dévotion universelle à Marie. Et que de grâces, que de merveilles de foi et de religion en sont les fruits ! La multitude des conversions obtenues par cette dévotion, qui a spécialement pour objet de les solliciter par l'intercession de Marie, en a fait, avec l'institution du Mois de Marie, le moyen le plus actif de la rénovation religieuse à laquelle nous assistons.
Enfin, la proclamation dogmatique de l'Immaculée Conception de la Vierge est venue poser le comble à ce culte prodigieux dont nous avons esquissé l'histoire. Ce grand événement résume tout le mouvement de ferveur et de dévotion pour la Mère de Dieu qui a ému les siècles passés, en remontant jusqu'au concile d'Éplièse, jusqu'à l'antiquité Apostolique, jusqu'au transport d'Elisabeth saluant Marie llienheurcuse, et de Marie elle-même chantant que toutes les génération.*? à venir la glorifieront.
Le monde ignorant el inattentif a été surpris par ce fail suhlirne, comme par un caprice de ri5]gliso ou même
par un défi au rationalisme contemporain. Il ne sait pas qu'il est venu à son heure, comme le lever d'un astre sur l'horizon, à travers des espaces immenses parcourus suivant une loi de mathématique précision. Il y a deux cents ans que Bossuet ne pouvait expliquer que par la fjrande prudence du Samt-Siége que l'Immaculée Conception de Marie n'eût pas été encore définie'. Il y a quatre cent cinquante ans que Gerson, organe de l'Université dont il était le chancelier, s'écriait : « Péris- (( sent ceux qui se glorifient de la tache imprimée à la « Mère et au corps mystique^! » Il y a quinze siècles que saint Augustin écrivait : « Quand il s'agit de péché, « je ne veux pas entendre parler de la Vierge Marie. » Il y a six mille ans que Dieu dit au serpent : « Je met- « Irai des inimitiés entre toi et la Femme ; elle t'écra- « sera la tête, et tu le replieras en vain contre son ta- « Ion. » Enfin, de toute ('ternité, Marie, prédestinée à être le tabernacle de la Sagesse incarnée, a pu dire avec celle-ci : « Les abîmes n'élaient pas encore, et déjà j'é- « tais conçue"^. » L'Immaculée Conception de Marie a toujours été une vérité, et l'on peut dire même, selon le dessein de Dieu, une nécessité. Seulement, la Providence, voulant déployer successivement une si grande gloire, pour mieux faire sentir la grâce qui en est le fondement, pour intéresser et associer la piété chrétienne à son triomphe, et pour en réserver la manifestation à ces derniers temps, a mis dix-neuf siècles à la formuler en dogme.
> Caléchiâine de Bossuet.
' Etude sur Jean Gerson, par R, Tliomassy, p. 191.
3 Piov., vu, 24.
290 LIVRE III, CnAPITRE IX.
Chose admirable, et dont la considération conclut heureusement celte étude historique du culte de la Mère de Dieu , .ce culte, comme nous Tavons vu, n'a cessé de croître et de monter en gloire par la mutuelle émulation des honneurs que l'Église a décernés à Marie et des grâces que Marie a obtenues à l'Église : chaque bienfait obtenu par Marie, depuis les premières victoires contre les hérésies, a été le sujet d'un hommnge rendu à sa glorieuse Maternité ; et chaque nouvel hommage a valu à la terre de noirvTaux bienfaits. Le culte de Marie s'est élevé ainsi sur les témoignages de sa puissance et de sa charité pour les hommes. C'a été comme une Assomption de Marie dans l'Église. Et comme jMarie est le nœud de tous les mystères chrétiens, son triomphe profite à la Religion tout entière. Ainsi la déclaration dogmatique de sa Conception Immaculée, on portant sa gloire au comble, a été la confirmation la plus éclatante du fondement de Tédifice cluélien, savoir : le péché originel, que fait ressortir une exemption si singulière ; la diiiiiiité de Jésus-Christ, qui vaut à Marie cette exemption ; et l'infaillible autorité de r Église et de son Pontife qui la décrète et la proclame. Spectacle bien fait ])our loucher un esprit attentif, et qui a inspiré h un hérétique môme cette réflexion : pendant que la liéforme en est venue à mettre en question la nécessité du baptême, et à ébranler cette i)rcinière pierre de l'édilice chrétien, l'Église pose le couronnement et comme la clef de voûte qui réagit sur toutes les parties de la doctrine; et c'est en Marie que se fait ce couronnement !
Maintenant, ce suprême honneur décerné à Marie ne sera pas moins fécond que ceux (pii l'ont précédé. Il at-
tirera des grâces nouvelles sur le monde. Dieu ne se laissera pas vaincre en bienfaits. Glorifié dans sa Mère, le Seigneur Jésus se ressouviendra, à cause d'elle, de sa miséricorde envers ses frères et se montrera leur Sauveur! El n'est-ce pas déjà un visible dessein de miséricorde et un gage de réconciliation et de paix, d'avoir inspiré à notre temps un hommage pour Marie si envié des siècles passés ; d'avoir réservé, à travers tous les âges de foi, la proclamation dogmatique de Mat-ie conçue sans péché, pour un siècle conçu dans le péché, dans rimpiété et dans la révolte? Il en sera de cette proclamation comme de celle de la Maternité divine à Éphèse. Elle ouvrira une nouvelle ère de foi ; elle fei-a faire au monde un pas dans ses célestes destinées; elle le ramènera des derniers écarts de l'hérésie et du rationalisme, et le fera rentrer dans la voie royale de Jésus-Christ et de son Église, avec toute la conscience des erreurs et des maux qu'il aura traversés. Gomme un adolescent grandi dans une crise qui a mis ses jours en péril, le monde se relèvera plus grand, plus éclairé, plus mûr ; et c'est à la médiation de la Mère qui lui a donné une première fois la vie, que cet illustre convalescent devra le rétablissement et le progrès. Ceci n'est pas de la prophétie : c'est déjà de l'histoire. Nous assistons à cette miséricordieuse rénovation. De toutes parts les âmes reviennent à Jésus- Christ par Marie, dont le nom seul émeut les villes et les camps. C'est là le grand signe du temps'; et comme par sa tendance on peut apprécier sa portée, c'est l'avenir que nous voyons dans le présent.
Ainsi l'avenir est à Marie , comme le passé l'a été. Parce que le Seigneur a regardé la bassesse de sa servante, elle est Souveraine à jamais. Pour elle il n'y a pas
d'âge, ni de déclin, ni même d'arrêt. Sur une terre qui n'est qu'un composé de débris, ses autels subsistent, ses temples s'élèvent, ses statues se dressent, après dixneuf siècles, au-dessus de nos cités périssables et de nos empires croulants. Le roc ni le bronze ne sont assez durs pour exprimer la force et la durée de son règne. Les catacombes des premiers âges nous la font apparaître telle que de nos jours : toujours ancienne et toujours nouvelle, comme la Sagesse éternelle dont elle est le Siège au milieu de nous, qu'elle présente à nos adorations comme elle le fit à celles des Mages, et qui se donne incessamment à l'humanité par sa Maternité virginale. D'autres, après nous, prendront la plume que notre main mortelle aura laissée choir, et continueront l'exposition de cette grande merveille dont l'événement défie déjà toute explication naturelle, et que, par surcroît de prodige, Dieu a marqu<;e à l'avance du sceau de Toute-Puissance par celte éclatante prophétie sortie de la bouche même de l'humble Vierge qui en est l'objet : Voici : toutes les générations a venir m'appelleront BIENHEUREUSE.
Tel a été, tel sera le culte de la Vierge Marie. Nous avons exposé son organisme, sa fonction, son histoire : il nous reste maintenant, pour l'entier acquit de notre tâche, à exposer son inlluence et ses clîets.