CULTE ÉVANGÉLIQUE ET BIBLIQUE DE LA VIERGE
Mais entrons plus avant dans la question, et, pour en saisir tous les aspects, divisons-en l'étude en deuv paragraphes :
1" Culte évangéliqueet biblique de Marie;
2* Culte mythique et universel.
Culte Évangélique et Diblique de Marie.
— Il est vrai, dira-l-on, telles sont les déplorables origines de la Rélorme, et elle n'a pas le droit d'être exigeante. Mais qui ne sait qu'elle n'a ainsi jeté tous les jougs que pour revenir au plus antique et au plus sacré de tous, au joug de l'Évangile? L'Evangile, voilà ce à quoi elle a loutsacrilié, tout immolé, tout ramené. C'est donc au tribunal de l'Évangile qu'elle traduit le culte de la Sainte Vierge, c'est au pied de l'Évangile qu'il faut le mesurer.
— N'incidentons pas; ne demandons pas de quel Évangile il est question; si c'est de l'Evangile de Luther, de l'Évangile de Zwingle, de l'Évangile de Calvin, de l'Évangile d'Henri VIII, de l'Évangile de Socin, de l'Évangile de Strauss, etc., etc.? puisqu'il y a autant d'Évangiles contradictoires qu'il y a de sectes dans la Réforme, et d'individus dans ces sectes. Prenons l'argument comme il nous est présenté. La Réforme renie la Tradition pour l'Évangile; nous qui ne renions pas l'Évangile pour la Tradition, et qui tenons à la fois l'un et l'autre, nous de qui la Réforme tient l'Évangile même
qu'elle nous oppose, acceptons le jugement de l'Évangile.
I. — L'Évangile donc. Nous faisons plus que l'accepter, nous l'invoquons à l'appui du culte de Marie comme le roc vif dans lequel le premier anneau historique de ce culte vient se sceller; comme la haute source d'où il jaillit et d'où nous le verrons se continuer sans interruption, à travers les trois premiers siècles, jusqu'à ce concile dÉphèse d'où l'on voudrait faire partir son antiquité.
Nous avons déjà consacré un volume entier à cette démonstration ; nous avons montré la Vierge Marie d'après l'I£va?if/ile, rayoïmanleàc toutes les lumières et de toute la sainteté dont ce saint Livre est la manifestation; expressément signalée à notre culte et le recevant déjà dans l'Évangile des houches les plus saintes et les plus célestes. Ou'a-t-on répondu, que peut-on répondre à cette exposition?
Quel culte plus évangéliquc que celui qui ouvre l'Evangile par cet hommage du Ciel même : Ave gratta plena, Domimts tecum, bencdicta tu in mrtlieinbus ; que celui qui nous représente Marie coopérant par le libre consentement de sa foi, dosa virginité, de son humilité au mystère initial du Christianisme; couverte de l'omhre de la Vertu du Tivs-Ilaul, inveslie du Saint- Esprit, et concevant dans son sein virginal le Fir.s de Dieu? — Quel culte plusévangélique que celui qui nous représente Marie, Mère do Dieu, lespiranl avec lui d'un même souille, palpitant d'un même sang, le portant dans ses entrailles et le communiquant par sa voix à Jean- Haptisle et à Elisabeth qui riionorcnt de leur tressaille-