CHAPITRE V
Homme : le voici venir Celui que nous désirons.
Quam in matrem eligit, Hujus ortum dirigit Deus omnis eratiœ.
Dans la Mère qu'il a élue il a dirigé son propre avéuement, ce Dieu de toute grâce.
Domum quam inliabitet Mox e qua nos visitet Ornât Sol justitise.
Le Soleil de justice orne la demeure qu'il habitera et d'où il doit venir bientôt nous visiter.
Quot micat lurainibus, Suis Dcus usibus Q.iod vas fingit glorise!
Quot latent miracula!
Fiet haec uubecula In vim magnam pluviae.
Benedicta filia Tota plena gratiâ, Tota sine macula.
De combien de feux ne brille pas ce vase de gloire que Dieu a formé à son propre usage!
Combien de secrètes merveilles ! Cette petite nuée éclatera en un torrent de pluie.
0 Fille bénie, toute pleine de grâce, toute sans tache,
Cœli quod jam habitas Pande nobis semitas Prece, Virgo, sedula.
Iram promeruiraus, Cliriste; pacem petimus :
Hanc da Matris precibus
Du ciel où déjà vous êtes, ouvrez-nous les sentiers par votre intercession active, 6 Vierge !
Nous avons encouru la céleste colère, ô Christ! Nous demandons merci : accordez-nousla aux prières de votre Mère.
Nous ne pouvons omettre, entre toutes les Leçons de
l'Office de Matines qui se disputent notre choix, celte brillante Leçon de saint Jean Damascène :
Aujourd'hui les portes de la stérilité ' s'ouvrent et mettent au inonde la porte virginale et divine de laquelle et par laquelle le Dieu supérieur à tout ce qui existe est entré corporellement dans l'univers. Aujourd'hui s'est bâti, au moyen d'une nature terrestre, un ciel sur la terre, Celui qui, au commencement, avait formé des eaux le firmament, et l'avait tendu en l'air. Et cela, certes, est grandement divin. Car Celui qui dans celui-ci avait attaché le soleil s'est levé, Soleil lui-même de justice, dans celui-là.
Ehfm le Romain et le Parisien préconisent à l'envi, dans cette fête, la puissance de l'intercession de Marie, et empruntent, à cet effet, les accents les plus animés de saint Bernard, dont ils font la profession de foi liturgique de l'Église, principalement cette vérité :
Que nous devons révérer Marie de toutes les fibres de nos cœurs, de toutes les affections de nos entrailles et de tous les vœux de notre âme; parce que telle est la volonté de Celui qui a voulu que nous eussions tout par Marie. Quia sic est voluntas ejus qui TOTtM >os HABERE voLiiT PER Mariam (OfficB du Parisien),
Obligé que nous sommes de nous hâter en vue des autres richesses qui nous attendent, nous nous bornons à ces succinctes indications.
Telles sont les quatre fêtes propres de la Sainte Vierge, qu'on peut appeler principales par leur haute antiquité, autant que par la grandeur des mystères qu'elles célè-
^ La stérilité d'Anne, mère de la Sainte Vierge.
brent : — la Purification , — l'Annonciation , — l'Assomption, — la Nativité.
Il en est trois autres qui ne sont pas moins importantes en elles-mêmes, mais qui le cèdent en antiquité à celles-là. Ce sont : — la Yisitation, — la Présentation, — et l'Immaculée Conception.
Consacrons un chapitre spécial à ces trois fêtes.