‹ La Vierge Marie et le plan divinChapitre 9 sur 43 · CULTE DU A JÉSCS-CHRIST · texte numérisé non relu

CULTE DU A JÉSCS-CHRIST

la terre, dans le purgatoire et dans le ciel, l'Église tout entière, dans son triple état de militante, de soulTrante et de triomphante, soit convoquée et rassemblée en un seul corps avec son divin Chef, dans ce sacrifice perpétuel et universel où tous les mondes communiquent et se concentrent.

Ce n'est pas que, dans cette mer\eilleuse communion, les habitants du ciel, ceux du purgatoire et ceux de la terre n'aient pas un concours ditTérent comme leur état : non, il est fait mention des fidèles du ciel pour qu'ils aident, des fidèles du purgatoire pour qu'ils soient aidés, et des fidèles de la terre pour qu'ils aident et qu'ils soient aidés ; de tous pour qu'ils composent à ces diverses fins le corps mystique de la Victime auguste qui les vivifie et qui les consacre à la gloire du Souverain Dieu.

Tel est le culte catholique dans son acte essentiel et sacramentel : Dieu seul en est l'objet.

II. — Maintenant, dans ce culte chrétien de Dieu, se trouve nécessairement inscrit le culte de Jésus-Christ ; puisque Dieu subsiste en trois personnes, dont la seconde est son Fils Jésus, vrai Dieu de vrai Dieu ; et que dès lors, « par un seul et même commandement, comme dit « un saint Docteur, il n'est pas permis aux chrétiens de « rendre les honneurs divins à ce qui n'est pas Dieu, et a de ne pas les rendre à son Fils unique Jésus-Christ, « comme au vrai Dieu '. »

C'est toujours la même adoration au Dieu unique,

^ Hec Ckristianis licitum e*t, ei qui natura non est Deus, ticut vero Deo servire : nec cuiquam fas est^ Christo unigenito Dei Filio, non sicut vero Deo servire. S, Fulgence.

il. i

lequel étant Père, Fils et Saint-Esprit, y a droit également dans ses trois personnes. Nous adorons Dieu, nous adorons son Fils qui est encore Dieu.

Et ce Fils Dieu étant en deu\ natures, par son mc^rnation , c'est dans ces deux natures que nous l'adorons : dans son humanité, par conséquent, dans sa chair.

Non que nous adorions sa chair, son humanité prise en soi ; car notre adoration ne porte pas sur les deux natures dans le Fils de Dieu, mais sur le Fils de Dieu dans ses deux natures : dans sa nature divine, par soi adorable ; dans sa nature humaine, parce qv'il l'a rendue adorable en se l'appropriant.

En un mot, c'est la Personne qui est le sujet à qui s'adresse l'honneur ; et comme, selon la juste expression de Leibnilz, o?i ne peut rendre hommage qu'à une personne entière^ ^ c'est la personne entière du Christ qu'on adore ; entière, et dès lors corps, âme et divinité.

D'où résulte que non-seulement 7ious ne péchons pas, dit saint Augustin, en adorant la chair du Christ ; mais que nous pécherions en ne V adorant pas ^.

L'imputation d'idolâtrie que les protestants nous adressent, pour cette adoration, ne saurait donc nous atteindre, et elle les convainc eux-mêmes d'impiété ^.

Cette imputation ne saurait nous atteindre; car, ce

» Systema theologicum.

2 El non solum non peccamus adorando, sed peccenms non adorando.

3 J'écarle ici la question de la Présence réelle, qui compliquerait imUilement celle que nous traitons. Celle-ci est autre. Elle consiste à savoir si, croyant Jésus-Christ corporellement présent au Sacrement (le l'autel, il y a idolâtrie à l'y adorer. Les luthériens qui croient ou doivent croire à la Présence réelle, ne sont pas moins animés que les calvinistes contre cette adoration : c'est donc de Jésus-Christ même et de son adoration qu'il s'agit.

Page 1