MARIAGE
Vers la fin du mois de janvier 1818, les amis du comte et de la comtesse de Vaudrey reçurent la lettre suivante :
« M. le comte et madame la comtesse de Vaudrey ont l'honneur de vous faire part du mariage de M. le vicomte Alfred de Vaudrey, leur fils, avec S. A. la princesse d'Arsberg. »
Quelques jours après on lisait dans un naïf et honnête journal, connu par la finesse de ses aperçus, la puissance de sa rédaction et la véracité de ses renseignements ;
« Qui croirait que dans un siècle aussi éminemment progressif que le nôtre... que dans un siècle qui méprise autant le jésuitisme ultramontain... que dans un siècle qui est fier, à juste titre, d'avoir recueilli l'héritage philosophique de Voltaire et des encyclopédistes... on voie encore s'accomplir des monstruosités qui rappellent les temps les plus odieux du régime du bon plaisir et de la tyrannie du jésuitisme, les temps oii le peuple, enchaîné à la glèbe, travaillait sans relâche pour ces fainéants cloîtrés, ces jésuites que notre sainte et immortelle révolution a chassés de leurs couvents; qui croirait, disons-nous, que dans un siècle qui sera la merveille et Tétonnement de l'histoire de l'esprit humain, tant les masses se trouvent éclairées par le rayonnement du flambeau philosophique de la liberté et par la haine des principes ultramontains... qui croirait enfin que le fait que nous allons citer siî soit passé de nos jours, en 1818, dans un pays qui jouit de ses droits constitutionnels, qui compte quatre-vingt mille élec,-