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UNE PROMENADE DANS UNE GRANDE MAISON DE CHAMPAGNE, D3D

Au-dessous de ce foudre gigantesque, contenant deux cent cinquante hectolitres, est placée une roue en forme de roue de gouvernail, destinée à mouvoir, à l’intérieur de ce grand vaisseau, une combinaison de palettes propre à combiner intimement les différents mélanges.

Le mélange, une fois fait, a été mis dans les tonneaux rangés tout autour de la nef pour servir à la mise en bouteilles.

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Car nous sommes ici au mois de mai. C’est le moment où se fait cette

opération intéressante. La fermentation qui se produit à la suite des vendanges et du pressoir à été interrompue par l'hiver. Au mois de mai, alors que la température s’adoucit et que le travail de la séve s’accomplit dans la vigne, le travail de la fermentation suspendu reprend aussi dans le vin.

C’est le moment choisi pour renfermer ce vin dans les bouteilles, où cette fermentation produit la mousse, élément si précieux et si indispensable de succès pour le vin de Champagne.

$ Le vin est emprisonné, bouché; le bouchon, introduit avec force par une machine vigoureuse, est maintenu par un petit appareil en fer doux qui se cramponne aux rebords du goulot et retient l’objet en place.

Les paniers se garnissent rapidement; on les place dans un descenseur qui disparaît bruyamment, avec un chapelet toujours renouvelé, formé de paniers remplis, au milieu des gouffres sombres ouverts dans le sol, gouffres au fond desquels on entend au loin s’agiler aussi le mouvement et la vie.

C’est le moment de pénétrer, nous aussi, dans ces gouffres. Une porte monumentale glisse sur ses gonds; un air frais vient nous frapper au visage.

— Allons, messieurs, mettez vos paletots, si vous en avez; mesdames, si vous craignez quelque peu pour vos jolis visages, voici des masques.

— Comment, des masques?

— Nous ne sommes pas en carnaval, c’est très-juste, dit M. Vasnier, et il n’est pas question de faire en bas les études d'escrime que motivent d’ordinaire ces petits masques pittoresques en fil de fer.

Mais le vin de Champagne se permet parfois, moins souvent que jadis, il est vrai, de singulières fantaisies. Il arrive, il est arrivé que le gaz, emprisonné dans les bouteilles, les fait éclater comme des obus dans les tranchées, et que les éclats de verre sont venus tracer sur les visages des sillons sanglants, plus tard des cicatrices bleues, qui ne font pas un effet satisfaisant sur les joues et le front des jolies femmes.

— Mais c’est effrayant, ce que vous nous dites là.

— Pure précaution, je dois l’avouer; car, grâce à Dieu, à nos précautions et au choix raisonné des bouteilles, de pareilles explosions n’arrivent plus comme jadis.

Notre petite Parisienne a beaucoup ri, ce qui ne l’a point empêchée de mettre son masque, à notre grand regret, car elle a celte grâce exquise de physionomie et ce charme nés à Paris et qu’on reconnaît si bien partout où il leur plaît de s’exporter. — La coquetterie et l’esprit conservateur ont leurs droits imprescriptibles. Les gens sans paletot choisissent parmi ceux qui sont suspendus près de la porte de cette caverne béante, et l’on nous met en main quelques-uns de ces longs bougeoirs de bois qui portent la lumière à plus d’un mètre au-devant du voyageur.

COSTUMES ET VISAGES

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Un masque, un souterrain! Que va-t-il se passer? grand Dieu! C'est un dramc!

MADARIT à

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