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CONTRE-MAITRE DANS LA MAISON ROEDERER

Quand on est depuis trente ans dans une pareille maison , et qu on vous a fait mousser une trentaine de millions de bouteilles de champagne, il me

semble qu'on a bien le droit de se faire mousser aussi un peu soi-même,

Faut être juste!

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GRANDES MAISONS DE REIMS. o61

et tout à fait supérieurs gagnent à la fois un grand renom et une grande fortune. (

Les grandes maisons comme celles que nous avons citées précédemment tiennent à honneur de ne lancer dans le monde que de ces produits tout à fait supérieurs, dignes de représenter avantageusement la France ct surtout la Champagne partout où ils arrivent.

Quand on a parcouru, comme nous l'avons fait, les premiers établissements de Reims, tels que ceux de Cliquot-Ponsardin, de Rœderer, de G. H, Mumm, de madame Pommery, etc., on voit quel soin minutieux, quelle conscience

sont mis en œuvre pour donner aux produits toutes les qualités qui caractérisent le pays.

Ajoutons ceci, c’est que le champagne, cette essence éminemment française entre toutes, exerce tout d'abord son influence sur le goût et la facon d’être

de ceux qui vivent avec elle, par elle, et la collectionnent amoureusement pour l’envoyer au loin réjouir les éveillés et réveiller les endormis.

Dans les grandes et vieilles salles de lhôtel des Templiers, MM. Werlé nous ont fait le plaisir de nous montrer des merveilles d’art et de goût collectionnées depuis longtemps avec un soin éclairé, des Meissonier nés dans les

meilleures années de ce grand cru, des Delacroix parfaits, une série d’excel-

lents Brascassat, des Scheffer supérieurs et des Rousseau de premières cuvées. L’heureuse influence du champagne s’est exercée de même sur la merveilleuse collection de M. Rœderer, qui a réuni des tableaux excellents choisis parmi les meilleurs des artistes célèbres de notre temps, et chez madame Pommery nous avons pu admirer la réunion la plus remarquable de vieilles et précieuses faïences d’art.

On me dit qu’il en est de même chez les Mumm, chez les Moët, les Chandon, les Montebello, les Périer, etc., etc.

N'ya-t-il pas là comme une révélation, et l'explication du succès toujours croissant obtenu à l’étranger ?

Répétons encore ce mot qui coule de source : « Dis-moi ce que tu bois, et je te dirai ce quetues. »

Les délicatesses et les petillantes harmonies de ce vin, émanation si particulière au sol français, ne sont-elles pas de nature à porter au dehors quelquesunes des qualités si appréciées de ses habitants qui les y ont évidemment

puisées ?

Yvan DE Z***,

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