‹ La vigneChapitre 142 sur 176 · LA VILLE MOET, À ÉPERNAY · texte numérisé non relu

LA VILLE MOET, À ÉPERNAY

prodiges d'industrie et de mécanique, on a soif d’un peu de poésie, on demande à voir une grappe de raisin couronnée de feuillage et buvant sur son cep les rayons de soleil, on rêve de bacchantes vêtues de pampres et dansant autour du dieu Bacchus, pendant que les satyres et les faunes font résonner leurs doubles flûtes et les tympanons retentissants.

On se dit que le vieil Anacréon eût reculé d’épouvante devant tous ces engrenages, ces machines et ces engins froidement mathématiques.

On éprouve, en somme, une sorte d’admiration prosaïque et désappointée pour ce que l’on vient de voir.

Heureusement on se console bientôt, et surtout on se consolera certainement plus tard, car toute cette joie et toutes ces poésies que l’on croyait disparues, on les retrouvera sous d’autres cieux, où elles iront vous visiter un jour, vivantes et chaleureuses, au fond de ces précieuses bouteilles.

Vendanges (les grands ânes d'Ay),

Page 1